Ministère du commerce des États-Unis
Audition de M. Francisco J. Sánchez, sous-secrétaire au commerce international
Devant la commission des affaires étrangères du Sénat
Sous-commission aux affaires africaines
« Politique économique : accroître l’emploi aux États-Unis grâce au développement du commerce et des investissements entre les États-Unis et l’Afrique »
25 juillet 2012
Introduction
M. le président Coons, Ranking Member Isakson, membres de la sous-commission, merci de cette opportunité de vous parler du travail effectué par le ministère du commerce pour aider les entreprises américaines à réussir en Afrique subsaharienne. J’aimerais également remercier le président [de la commission] et le ranking member [membre de la sous-commission ayant le rang le plus élevé au sein du parti d’opposition] pour leur leadership personnel dans le domaine des affaires africaines et pour les efforts déployés par la commission pour continuer de faire avancer nos initiatives, notamment en ce qui concerne la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique dite AGOA (African Growth and Opportunity Act).
Les exportations américaines créent des emplois et des opportunités
Il y a deux ans, le président Obama lançait la National Export Initiative [initiative nationale en matière d’exportations] avec l’objectif ambitieux de doubler les exportations américaines d’ici fin 2014. Le ministère du commerce travaille sans relâche pour assurer le succès de cet effort. Les entreprises américaines sortent renforcées chaque fois que des produits et services américains touchent de nouveaux marchés et de nouveaux clients. Et des entreprises plus fortes créent davantage d’emplois aux États-Unis.
En 2011, les exportations américaines ont atteint 2.100 milliards de dollars en valeur totale, ce qui est un record historique. Ces exportations ont soutenu 9,7 millions d’emplois, soit 1,2 million de plus qu’en 2009. Comme ces chiffres le démontrent, le développement des exportations américaines est important pour nos familles, nos entreprises et nos communautés.
La stratégie du président
Le 14 juin 2012, le président [des États-Unis] annonçait une nouvelle stratégie américaine pour l’Afrique subsaharienne. Cette stratégie accentue nos efforts d’accélération de la croissance économique, du commerce international et des investissements sur le continent [africain]. Elle accorde une nouvelle importance à nos relations commerciales avec l’Afrique subsaharienne en appelant notamment aux actions suivantes : renforcer les efforts de développement du commerce et des investissements, améliorer la gouvernance économique, promouvoir l’intégration régionale, développer la capacité de l’Afrique à accéder réellement aux marchés mondiaux et à en bénéficier, et encourager les entreprises américaines à faire du commerce avec l’Afrique et à y investir.
La réorganisation de l’U.S. and Foreign Commercial Service
Pour remplir la mission fixée par la National Export Initiative, l’U.S. and Foreign Commercial Service [service chargé de promouvoir le commerce extérieur des États-Unis] a repositionné ses ressources sur les marchés prioritaires afin de renforcer sa présence et de mieux répondre à la demande croissante visant les services proposés par le Commercial Service. Ce repositionnement concerne environ 169 cadres et plus de 700 employés locaux dans 72 pays représentant 94 % du marché mondial pour les exportations américaines.
Ces réaffectations n’ont pas été faites à la légère ; elles sont fondées sur une revue indépendante et approfondie des marchés prioritaires et des ressources de l’U.S. and Foreign Commercial Service.
Renforcement de nos bureaux en Afrique du Sud et dans des pays où nous collaborons avec le département d’État
Le Commercial Service cherche à maintenir une présence stratégique forte et équilibrée tout en utilisant ses ressources efficacement.
Nous avons réaffecté notre personnel à des pays prioritaires, telle que l’Afrique du Sud, et plusieurs de nos bureaux sur le terrain gèrent désormais les clients sur une base régionale. La stratégie subsaharienne du Commercial Service vise à maintenir une présence stratégique forte et équilibrée en Afrique de l’Ouest par l’intermédiaire de notre implantation au Nigeria, en Afrique de l’Est par l’intermédiaire de notre implantation au Kenya, et Afrique australe par le biais de notre implantation en Afrique du Sud.
Au Ghana, le détachement de notre représentant vient de prendre fin ; nous ne prévoyons pas d’affecter un cadre expatrié à ce poste, mais nous embauchons un deuxième employé recruté localement afin de gérer les intérêts commerciaux des États-Unis. Notre bureau au Ghana sera supervisé par notre bureau au Nigeria, où nous prévoyons de pourvoir le poste de cadre secondaire actuellement vacant à Lagos.
Notre Partnership Post Program [programme de partenariat pour la gestion des implantations à l’étranger] avec le département d’État, auquel contribuent nos implantations en Afrique du Sud et au Kenya, reste un élément important de notre stratégie et de nos efforts pour mettre en synergie les ressources des différentes administrations fédérales.
Le Partnership Post Program est en vigueur dans 25 pays de l’Afrique subsaharienne où le Commercial Service n’a pratiquement aucune présence physique. Dans ces pays, les services économiques du département d’État fournissent une assistance à l’exportation aux entreprises américaines dans certaines zones à fort potentiel économique. Cette assistance comprend l’accès aux services clés du Commercial Service, la formation du personnel, et des passerelles avec des programmes du département d’État tels que l’International Buyer Program [programme ciblant les acheteurs internationaux] et l’Advocacy Center [service de promotion des exportations américaines]. Ces bureaux partenaires travaillent en étroite collaboration avec les bureaux du Commercial Service dans les régions concernées, tout comme avec nos bureaux aux États-Unis, afin d’aider les entreprises américaines à définir des stratégies de pénétration des marchés.
Le potentiel en l’Afrique subsaharienne
L’Afrique subsaharienne est une région riche en possibilités émergentes comme en défis pour les exportateurs américains, notamment dans des secteurs tels que les technologies de santé, le matériel agricole, la production électrique, les énergies renouvelables et les technologies propres, et l’industrie aéronautique.
Secteur de la santé : la demande augmente dans les domaines des équipements, des services et des dispositifs de santé, les infrastructures de santé privées se développant dans la région. Outre les services de santé apportés à une importante population dans le besoin, il existe également un marché en croissance dans le domaine du tourisme médical.
Matériel agricole : malgré le développement rapide de leurs économies et de leurs populations, de nombreux pays d’Afrique subsaharienne ont encore un considérable potentiel agricole inexploité ou sous-exploité. Des opportunités existent pour les exportateurs américains d’équipements utilisés pour planter, irriguer, récolter et transporter les produits agricoles et pour entreposer les semences, engrais et autres intrants.
Production électrique/énergies renouvelables/technologies propres : les économies en forte croissance d’Afrique subsaharienne ont besoin d’électricité. Les infrastructures électriques étant très insuffisantes, des plans d’investissement très importants sont mis en œuvre à travers la région. Des opportunités existent dans les domaines des technologies de production électrique solaire, éolienne, hydroélectrique ou au moyen de biomasse ou de charbon propre, la transmission de l’électricité et de nombreuses autres technologies performantes liées à l’électricité.
Industries aéronautiques : les compagnies aériennes de la région se modernisent et se développent afin de répondre aux besoins induits par une forte croissance économique, ce qui crée des opportunités pour la fourniture d’avions, de services et de consommables. Les forces armées d’Afrique du Sud, du Nigeria et d’autres pays de la région envisagent d’acheter des avions de transport, de patrouille maritime et de surveillance, ainsi que d’autres actifs affectés principalement à des missions de maintien de la paix, d’aide humanitaire, de lutte contre la piraterie et de surveillance des frontières. En Afrique du Sud, l’U.S. Commercial Service organise actuellement un pavillon des États-Unis et d’autres activités d’appui aux exportateurs américains dans le cadre de l’exposition Africa Aerospace and Defense qui doit se tenir à Pretoria du 18 au 31 septembre.
Faire des affaires à l’étranger : les défis
Bien que ces nouvelles opportunités soient encourageantes, nous avons conscience des défis auxquels les entreprises américaines doivent faire face dans des domaines tels que la protection de la propriété intellectuelle, l’État de droit ou la concurrence chinoise. Le ministère du commerce des États-Unis participe activement à des projets et initiatives visant à faire face aux défis du climat des affaires. À titre d’exemple :
Nous participons à part entière au développement de la campagne Doing Business in Africa [Faire des affaires en Afrique] prévue par la stratégie U.S. Strategy Toward Sub-Saharan Africa [stratégie des États-Unis à l’égard de l’Afrique subsaharienne]. Le ministère du commerce, dans le cadre de sa présidence du Trade Promotion Coordinating Committee (TPCC) [Comité de coordination de la promotion du commerce], va développer cette campagne avec les 20 administrations membres du TPCC. La campagne met un accent particulier sur la sensibilisation des communautés d’expatriés africains aux États-Unis, en les informant des programmes fédéraux d’assistance au développement des affaires sur le continent.
Par ailleurs, nous accordons une attention particulière aux problématiques de propriété intellectuelle et participons à la réalisation d’un guide pour la région. Le Commercial Law Development Program [programme de développement du droit commercial] élabore des recommandations régionales en matière d’internet et organise des ateliers visant à former les responsables officiels à la protection des réseaux et à l’application du droit.
Nous prenons des mesures pour établir un « Dialogue commercial » entre les États-Unis et la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), dans le cadre de la nouvelle initiative du gouvernement américain pour un partenariat commercial et d’investissement en CAE. Le « Dialogue commercial » est un mécanisme consultatif informel par lequel les États-Unis et le Secrétariat de la CAE vont, parmi d’autres efforts, chercher à créer des possibilités d’affaires dans des secteurs clés, par le biais d’activités ciblées de promotion du commerce et des investissements.
Des missions commerciales sont prévues dans les mois à venir et nous organisons des voyages d’entreprises en Afrique subsaharienne, l’objectif étant que les participants approfondissent leurs connaissances des opportunités d’investissement potentielles. En septembre, le ministère du commerce prendra la tête d’une mission commerciale sur le thème de l’aéronautique, avec participation à l’exposition Africa Aerospace and Defense 2012 à Pretoria (Afrique du Sud). En novembre, le ministère dirigera une mission multisectorielle en Afrique du Sud et en Zambie.
Nous assurons la promotion des entreprises américaines et aidons les exportateurs américains à gagner des affaires en Afrique. Depuis le début de 2012, l’Advocacy Center travaille avec des entreprises américaines qui souhaitent vendre des moteurs d’avions à Kenya Airways et des centrales électriques mobiles en Angola, parmi d’autres projets. Les efforts de l’Advocacy Center ont aidé des entreprises américaines à remporter des appels d’offres qui créeront des emplois en Californie, au Connecticut, dans l’État de New York, en Ohio, en Pennsylvanie, en Floride et au Texas.
Établir des contacts avec des acheteurs étrangers et attirer les investissements aux États-Unis
Pour aider les entreprises américaines à tirer le meilleur parti de ces opportunités, le personnel du Commercial Service organise des contacts entre les industriels et prestataires de services américains et les acheteurs étrangers.
Nos spécialistes connaissent parfaitement les processus d’exportation, les marchés et les secteurs. Les entreprises peuvent appeler nos bureaux ou consulter notre site web, et nous les aiderons à réussir sur le marché mondial. C’est ainsi que notre bureau de Savannah (Géorgie) a aidé la société Kelley Manufacturing, basée en Géorgie, à vendre 800.000 dollars d’équipements de récolte de l’arachide à une entreprise malienne. Les conseils donné par notre bureau de Chicago (Illinois) à la société Lanco Trading & Investment Company, basée elle aussi à Chicago, lui ont permis de réaliser 204.000 dollars de chiffre d’affaires au Nigeria auprès de trois clients.
Conclusion
En conclusion, le ministère du commerce des États-Unis et le gouvernement américain se sont engagés à travailler avec nos partenaires en Afrique subsaharienne et à aider les entreprises américaines à développer leurs exportations vers cette région. Cet engagement est manifeste aux échelons les plus élevés. Le conseiller adjoint pour la sécurité nationale, M. Michael Froman, et le secrétaire adjoint au commerce pour l’accès aux marchés, M. Michael Camuñez, viennent de rentrer d’un voyage en Afrique. Je viens de participer aujourd’hui même à une réunion du Trade Promotion Coordinating Committee, où l’Afrique était l’un des sujets à l’ordre du jour. Il est clair qu’il existe de nombreuses opportunités où nous pouvons travailler ensemble sur les sujets touchant au commerce et au développement.
Mais je ne saurais oublier un aspect qui peut sembler technique, à savoir la disposition de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) sur les tissus fabriqués dans des pays tiers, qui est de nature à affecter directement l’emploi aux États-Unis et en Afrique.
Je suis heureux que la commission des finances du Sénat ait recommandé la prorogation de cette disposition, qui arrive à échéance le 30 septembre. J’invite le Sénat à adopter ce texte dès que possible. La disposition de l’AGOA sur les tissus fabriqués dans des pays tiers est essentielle pour assurer la survie de l’industrie des textiles et de l’habillement en Afrique. Des centaines de milliers de femmes et d’exploitants de petites entreprises des pays éligibles à l’AGOA perdraient sans doute leur travail si cette disposition n’était pas prorogée.
Je me réjouis à la perspective de travailler avec les membres de la commission afin de renforcer les liens entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, et d’aider les entreprises américaines à réussir dans cette région, aujourd’hui comme à l’avenir.
Je vous remercie à nouveau pour votre leadership.