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La stratégie des États-Unis envers l'Afrique subsaharienne

25 juin 2012

La stratégie des États-Unis envers l’Afrique subsaharienne
Juin 2012

La Maison-Blanche
Washington
Le 14 juin 2012

Il y a près de trois ans, j’ai fait remarquer à la tribune du parlement du Ghana que l’Afrique était une composante fondamentale de notre monde interconnecté. Depuis, nous avons agi en partenaires avec des leaders, des jeunes et la société civile en Afrique pour approfondir les principes de la démocratie et des droits de l’homme, élargir les possibilités économiques et soutenir ceux qui recherchent la paix là où les communautés souffrent de la guerre et des privations. L’Afrique et ses habitants sont des partenaires de l’Amérique dans la création de l’avenir que nous voulons pour tous nos enfants – un avenir ancré dans la croissance, la responsabilité mutuelle et le respect mutuel.

Lorsque nous tournons nos regards vers l’avenir, il est clair que l’Afrique est plus importante que jamais pour la sécurité et la prospérité de la communauté internationale, et pour les États-Unis en particulier. Les économies africaines figurent parmi celles dont la croissance est la plus rapide au monde, avec des mutations technologiques qui balaient le continent et qui ouvrent des possibilités extraordinaires dans l’industrie bancaire, en médecine, en politique et dans les milieux d’affaires. Dans le même temps, l’accroissement de la population jeune en Afrique change profondément les économies et les systèmes politiques.

Pour tirer parti des possibilités et faire face aux défis qui se présentent en Afrique, les États-Unis doivent se doter d’une politique de grande envergure qui soit proactive, tournée vers l’avenir et qui concilie nos intérêts à long terme avec les impératifs à court terme. La Stratégie des États-Unis vers l’Afrique subsaharienne, ci-après, consolide et fait avancer un grand nombre des initiatives que nous avons mises en route depuis mon entrée en fonctions, et ce pour contribuer à trouver cet équilibre, et elle accorde une importance accrue à deux autres pôles d’action qui seront essentiels à l’avenir de l’Afrique, à savoir le renforcement des institutions démocratiques et l’encouragement d’une croissance économique à vaste assise, y compris par le biais des échanges et des investissements. Les institutions solides, responsables et démocratiques, soutenues par un profond attachement à l’État de droit, renforcent la prospérité et la stabilité et elles sont davantage en mesure de limiter les effets des conflits et d’assurer la sécurité. Une croissance économique durable et inclusive est un élément essentiel à la sécurité, à la stabilité politique et au développement et elle sous-tend les actions visant à faire reculer la pauvreté, créant ainsi les ressources capables de multiplier les possibilités et de permettre à tout un chacun d’atteindre son potentiel.

Si de nombreux pays du continent ont avancé à pas de géant dans la voie de l’élargissement de la participation politique et de la réduction de la corruption, il reste encore plus à faire pour garantir l’honnêteté des processus électoraux, l’existence d’institutions transparentes capables de protéger les droits universels ainsi que la fourniture et la protection de la sécurité et des biens publics. Notre message à ceux qui veulent faire dérailler le processus démocratique est clair et sans équivoque : les États-Unis n’entendent pas demeurer impassibles quand des acteurs menacent des gouvernements légitimement élus ou qu’ils manipulent l’impartialité et l’intégrité des processus démocratiques, et nous serons les partenaires inébranlables de ceux qui sont acquis aux principes de l’égalité, de la justice et de l’État de droit.

L’Amérique a confiance en une Afrique terre de potentialités et de promesses croissantes, pour l’Afrique, pour l’Amérique et pour nos peuples et nos économies. Nous sommes convaincus que l’Afrique peut être la prochaine grande réussite économique au monde. Nous agirons avec nos partenaires africains afin de construire des institutions robustes, de démanteler les obstacles aux échanges et aux investissements et d’accroître les chances qu’ont les pays africains d’avoir accès aux marchés du continent et à ceux du reste du monde, de se rallier à une saine gouvernance économique et – ce qui est plus important encore – de créer des possibilités pour que les Africains puissent prospérer. Tout en appuyant ces efforts, nous encouragerons les entreprises américaines à saisir les occasions de commercer avec l’Afrique et d’investir dans le continent, et ce pour que leurs compétences, leur capital et leur technologie viennent étayer l’expansion économique de la région tout en contribuant à la création d’emplois ici en Amérique.

À tous ces niveaux, les États-Unis mettront avant tout l’accent sur la nécessité de donner des moyens d’action accrus à la prochaine génération de leaders africains. Ces jeunes gens et ces jeunes femmes ont démontré à maintes reprises leur volonté et leur capacité de changer en bien leur collectivité et leur pays, et les États-Unis resteront leur allié et partenaire indéfectible. Le partenariat de l’Amérique avec cette nouvelle génération d’Africains dépassera le cadre de notre gouvernement pour s’appliquer aux relations de plus en plus vastes et de plus en plus étroites entre nos peuples, nos entreprises et nos institutions. Ces racines nous aideront à connaître un avenir de démocratie, de paix et de prospérité pour les générations à venir.

(signé) Barack Obama

La stratégie des États-Unis à l’égard de l’Afrique subsaharienne

Introduction

Dès son entrée en fonction, le président Obama s’est déclaré acquis au principe de gouvernements solides, transparents et responsables ainsi qu’au développement durable en Afrique. Dans son discours devant le Parlement du Ghana en juillet 2009, le président a déclaré que l’Afrique constituait une partie fondamentale de notre monde interconnecté et il a prôné un partenariat avec l’Afrique qui soit fondé « sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel ». La Stratégie de sécurité nationale, rendue publique en mai 2010, renforce cette vision et appelle à un partenariat avec les pays africains qui développent leur économie et renforcent leurs institutions démocratiques et la gouvernance. En juin 2012, le président a approuvé une Directive présidentielle de politique générale qui forme les contours de sa vision de la politique des États-Unis à l’égard de l’Afrique subsaharienne. Le présent document s’inspire de cette directive et la reflète.

Au cours des trois ans et demi passés, nous nous sommes employés à traduire en actions les paroles du président prononcées devant le parlement du Ghana. Nous avons appuyé le développement démocratique en renforçant les institutions et en confrontant les dirigeants dont les actions menacent les transitions politiques pacifiques, y compris en Côte d’Ivoire. Nous avons fait avancer la paix et la sécurité en jouant un rôle décisif dans la naissance du Soudan du Sud, en soutenant la mission de l’Union africaine en Somalie et en collaborant avec des partenaires régionaux pour contrer le comportement prédateur de l’Armée de résistance du Seigneur. Nous avons ouvert un dialogue avec les jeunes leaders africains qui façonneront l’avenir du continent. Nous avons investi dans des partenariats de développement destinés à encourager une croissance économique soutenue, à promouvoir la sécurité alimentaire, à accroître la résilience face au changement climatique et à améliorer la capacité des pays et des collectivités en matière de lutte contre le VIH/sida, le paludisme et d’autres menaces pour la santé. Nous avons été le chef de file mondial dans le domaine de la réponse aux crises humanitaires, y compris dans la Corne de l’Afrique, tout en travaillant en même temps avec nos partenaires africains en vue de promouvoir la résilience et de prévenir de futures crises.

Les économies des pays d’Afrique subsaharienne sont parmi celles dont la croissance est la plus rapide au monde. Un nombre croissant de gouvernements africains et d’organisations régionales commencent à assumer un rôle de premier plan pour ce qui est de relever les défis sécuritaires et politiques à l’intérieur de leurs frontières et par-delà, et leur influence va croissant dans les enceintes internationales. L’Union africaine est un leader important en ce qui concerne les questions politiques, diplomatiques et liées au maintien de la paix sur l’ensemble du continent. Dans le même temps, l’urbanisation et l’accroissement de la population jeune en Afrique change en profondeur la démographie de la région, et les jeunes font entendre leur voix de plus en plus souvent.

Si le continent peut se targuer d’acquis importants en matière de démocratie et de renforcement des institutions, le fait est que ces gains sont fragiles. Il reste encore trop de pays dans lesquels la transition est inégale et lente et où les dirigeants refusent de céder le pouvoir. Dans beaucoup de pays, la corruption est endémique, et les institutions publiques demeurent faibles. Non seulement ils érodent la légitimité des gouvernements, mais ces facteurs entravent aussi les activités commerciales locales et les investissements étrangers. Bien que la plus grande partie des terres arables au monde soient concentrées en Afrique -- comme c'est le cas, du reste, d'une bonne partie des ressources halieutiques mondiales -- le secteur agricole de nombreux pays subsahariens est sous-performant, et la pauvreté reste un handicap pour trop de gens. Les défis transnationaux à la sécurité posent des menaces à la stabilité et à la croissance économique de la région ainsi qu’aux intérêts des États-Unis.

Face à ces potentialités et à ces défis, les États-Unis se laisseront guider par leurs intérêts fondamentaux en Afrique subsaharienne : veiller à la sécurité des États-Unis, de nos ressortissants, de nos alliés et de nos partenaires ; promouvoir les États démocratiques qui sont dynamiques au plan économique et de solides partenaires des États-Unis sur la scène mondiale ; élargir les possibilités d’échanges commerciaux avec les États-Unis et en matière d’investissements ; prévenir les conflits et les atrocités de masse ; et encourager une croissance économique et une réduction de la pauvreté qui soient durables et à vaste assise.

Au vu de l’importance stratégique croissante de l’Afrique subsaharienne pour les États-Unis, au cours des cinq prochaines années nous allons redoubler d’efforts pour renforcer les institutions démocratiques et stimuler la croissance économique, les échanges et les investissements tout en continuant à poursuivre d’autres objectifs sur le continent. Le renforcement des institutions démocratiques permet aux pays d’atteindre un plus haut degré de prospérité et de stabilité ; de mieux réussir à limiter les effets des conflits et à contrer les menaces transnationales ; et d’être de robustes partenaires des États-Unis. En outre, l’encouragement d’une croissance économique durable et inclusive constitue une composante essentielle de la sécurité, de la stabilité politique et du développement, et il sous-tend les efforts visant au soulagement de la pauvreté, dégageant ainsi les ressources nécessaires à l’appui des soins de santé, de l’éducation et d’autres biens publics.

Les quatre piliers de la stratégie des États-Unis à l’égard de l’Afrique subsaharienne

Les États-Unis œuvreront en partenariat avec les pays d’Afrique subsaharienne dans la poursuite des objectifs interdépendants ci-après et qui se fortifient mutuellement : (1) renforcer les institutions démocratiques ; (2) stimuler la croissance économique, les échanges et les investissements ; (3) faire avancer la paix et la sécurité ; et (4) promouvoir les possibilités et le développement. En œuvrant à la réalisation de tous ces objectifs, nous entendons : approfondir notre engagement avec les jeunes leaders africains ; chercher à autonomiser les populations marginalisées et les femmes ; répondre aux besoins uniques des États fragiles et post-conflit ; et œuvrer étroitement avec l’ONU et d’autres acteurs multilatéraux pour atteindre nos objectifs sur le continent.

I. Renforcer les institutions démocratiques

Comme le président l’a dit au Ghana, « l'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions. » Nous allons nous employer à faire avancer la démocratie en renforçant les institutions à tous les niveaux, en appuyant et en faisant fond sur les aspirations des Africains à une gouvernance plus ouverte et plus responsable, en encourageant les droits de l’homme et l’État de droit et en confrontant les dirigeants dont les actions menacent la crédibilité des processus démocratiques. Comme le stipule la Stratégie nationale de sécurité, notre soutien de la démocratie est essentiel aux intérêts des États-Unis et c’est une composante fondamentale du leadership américain à l’étranger. Nous poursuivrons les actions suivantes :

Promouvoir une gouvernance responsable, transparente et attentive. Les États-Unis vont intensifier leurs efforts visant à appuyer et à autonomiser les réformateurs et institutions clés du gouvernement, et ce de façon à promouvoir l’État de droit, à renforcer les freins au pouvoir exécutif et à intégrer des pratiques de gouvernance attentive. En outre, nous allons chercher à faire adhérer davantage d’États africains au Partenariat pour un gouvernement ouvert ainsi qu’à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, lesquels ont pour effet de promouvoir une saine gouvernance, la transparence et la responsabilité.

Renforcer les modèles positifs. Les États-Unis reconnaissent que les Africains doivent forger des solutions durables et construire eux-mêmes leurs démocraties. À cette fin, nous soutiendrons les leaders et les acteurs qui créent des modèles de démocraties dynamiques, y compris les dirigeants élus aussi bien que les jeunes Africains qui sont des chefs de file dans la société civile et l’entrepreneuriat. Nous utiliserons le pouvoir de facilitation du gouvernement des États-Unis pour aider les jeunes leaders africains à établir des contacts entre eux, à partager des solutions novatrices et à démontrer l’appui des États-Unis à leurs efforts.

Promouvoir et protéger les droits de l’homme, la société civile et l’indépendance des médias. Les États-Unis vont amplifier et soutenir les voix de ceux qui revendiquent le respect des droits de l’homme, l’État de droit, la responsabilité et les mécanismes de justice de transition ainsi que l’indépendance des médias. En outre, nous continuerons à accorder une attention soutenue à l’autonomisation des femmes et des populations marginalisées et à nous opposer à la discrimination liée au handicap, au genre ou à l’identité sexuelle.

Accorder une attention soutenue à la crédibilité des processus démocratiques. Les États-Unis dénonceront fermement et systématiquement les actions qui sapent les institutions démocratiques ou la légitimité des processus démocratiques. Nous évaluerons les élections à l’aune des normes d’honnêteté et d’impartialité les plus strictes. Les États-Unis chercheront à élargir l’adhésion aux principes du contrôle de l’armée par des civils et ils appuieront l’adoption de mesures fermes contre les individus ou les groupes qui menacent les gouvernements légitimement élus.

Promouvoir de strictes normes démocratiques. Les États-Unis soutiendront les efforts déployés par les organismes régionaux et internationaux pour faire appliquer systématiquement les pratiques démocratiques, en particulier la Charte de l’Union africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance ainsi que d’autres normes multilatérales. Nous appuierons l’éducation de base et l’instruction civique pour veiller à ce que les futures générations soient actives, informées et acquises aux droits et aux responsabilités d’une citoyenneté démocratique.

II. Stimuler la croissance économique, les échanges et les investissements

Il est dans l'intérêt des États-Unis d'améliorer la compétitivité commerciale de la région, d'encourager la diversification des exportations en sus des ressources naturelles et de veiller à ce que les avantages tirés de la croissance soient largement répandus. Nous poursuivrons les actions suivantes tandis que nous cherchons à accélérer une croissance économique inclusive, y compris par le biais des échanges et des investissements.

Promouvoir un environnement propice aux échanges et aux investissements. En faisant fond sur des programmes américains, dont le Partenariat pour la croissance et la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, aussi bien qu'internationaux, tels le Partenariat pour un gouvernement ouvert et l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives, nous encouragerons le secteur privé en Afrique subsaharienne à convaincre les gouvernements d'entreprendre ces réformes nécessaires.

Améliorer la gouvernance économique. Nous contribuerons au renforcement de la capacité du secteur public à fournir des services et à améliorer les protections contre les activités financières illicites. Une gouvernance économique plus poussée facilite la gestion efficace des finances publiques, un plus grand degré d'efficience et de transparence dans l'utilisation des fonds des donateurs (et un recours moindre à ce type de financement) et l'accroissement de la transparence et de la reddition de comptes. En retour, une plus grande fermeté dans la gestion budgétaire publique contribue à accroître la transparence et l'efficacité du fonctionnement de l'État ainsi qu'à élargir l'assiette fiscale.

Promouvoir l'intégration régionale. L'accroissement de l'intégration régionale africaine aurait pour effet de créer des marchés plus vastes, d'améliorer les économies d'échelle et de réduire les coûts de transaction du commerce local, régional et mondial. Nous travaillerons avec les communautés économiques régionales, y compris l'Initiative États-Unis-communauté de l'Afrique de l'Est pour les échanges et les investissements (U.S.-East African Community Trade and Investment Initiative), et avec les gouvernements nationaux en vue de réduire les obstacles aux échanges et aux investissements sur l'ensemble du continent. En particulier, nous nous proposons de promouvoir la facilitation des échanges, la modernisation des douanes et l'harmonisation des normes ; d'appuyer la cohérence et la transparence du cadre réglementaire; d'améliorer l'infrastructure qui renforce le commerce régional et l'accès aux marchés mondiaux ; et d'examiner les moyens d'éliminer les obstacles au bon fonctionnement des chaînes d'approvisionnement de la région.

Élargir la capacité de l'Afrique à avoir accès, dans la pratique, aux marchés mondiaux et à en retirer des avantages. En dépit des avantages tarifaires que les États-Unis accordent à l'Afrique subsaharienne, les exportations non pétrolières de l'Afrique aux États-Unis continuent à croître lentement et elles n'ont pas pleinement atteint leur potentiel. Pour accroître la capacité de l'Afrique à produire des biens destinés à l'exportation qui soit diversifiés, compétitifs et conformes aux normes mondiales, nous allons (1) œuvrer avec le Congrès en vue d'obtenir la prorogation du Système généralisé de préférences (SGP) au-delà de 2013 tout en examinant les moyens de mettre à jour ces programmes et de rehausser la capacité de l'Afrique à utiliser pleinement ces programmes et à en retirer tous les avantages possibles, y compris par le biais de l'Initiative pour la compétitivité et l'expansion des échanges commerciaux ; (2) accroître la coopération et l'assistance technique sur toute une gamme de questions, dont celle du renforcement de la capacité de l'Afrique à respecter les normes relatives aux produits, les critères de salubrité des aliments ainsi que les critères sanitaires et phytosanitaires, les exigences relatives aux essais de produits et les règles d'homologation ; et (3) prendre des mesures destinées à accroître la capacité productive et à améliorer la compétitivité des exportations africaines, y compris en aidant à trouver des solutions à toute une gamme de contraintes au niveau de l'offre qui augmentent le coût des exportations et en réduisent l'efficacité.

Encourager les entreprises américaines à commercer avec l'Afrique et à investir dans le continent. Beaucoup d'entreprises américaines, en particulier les petites et moyennes entreprises, ne sont pas conscientes des possibilités qu'offre l'Afrique en matière d'échanges et d'investissements, ou alors elles ont du mal à établir des relations commerciales avec les pays d'Afrique subsaharienne. En harmonie avec l'Initiative nationale sur les exportations, nous organiserons une campagne ayant pour thème « Faire des affaires en Afrique » afin de mobiliser les ressources du gouvernement des États-Unis destinées à aider les entreprises américaines à cerner et à saisir les possibilités en Afrique subsaharienne. En outre, nous dialoguerons avec les membres de la diaspora d'Afrique subsaharienne aux États-Unis, qui manifestent un intérêt croissant à investir dans leur pays d'origine.

III. Faire progresser la paix et la sécurité

Les États africains se montrent de plus en plus capables de jouer un rôle de chef de file en ce qui concerne les questions de sécurité sur le continent. Pour autant, les conflits internationaux et intérieurs, conjugués à l'incapacité de certains gouvernements d'assurer la sécurité de base de leur population, demeurent des obstacles clés à une gouvernance démocratique efficace, à la croissance économique, aux échanges et aux investissements et au développement humain. Seuls les gouvernements et les habitants de l'Afrique peuvent résoudre de manière durable les défis à leur sécurité et les divisions internes qui affectent le continent, mais les États-Unis peuvent avoir un effet positif. Ceci étant, nous poursuivrons les actions ci-après :

Contrer Al-Qaïda et les autres groupes terroristes. En matière de lutte contre le terrorisme, nous continuerons à nous laisser guider par l'affirmation du président, citée dans la Stratégie de sécurité nationale, selon laquelle il n'a pas de plus haute responsabilité que celle d'assurer la sûreté et la sécurité des Américains. Conformément à la Stratégie nationale de lutte contre le terrorisme, nous concentrerons nos efforts sur la nécessité de perturber, de démanteler et, en fin de compte, de vaincre Al-Qaïda, les groupes qui lui sont apparentés et leurs adhérents en Afrique pour assurer la sécurité de nos citoyens et de nos partenaires. Ce faisant, nous chercherons à renforcer la capacité des organismes civils à assurer la sécurité de leurs ressortissants et à contrer l'extrémisme violent par le biais d'une gouvernance plus efficace, du développement et de l'application de la loi.

Faire avancer la coopération en matière de sécurité régionale et la réforme du secteur de la sécurité. Nous approfondirons nos partenariats pour la sécurité avec les pays africains, les organisations régionales et les forces permanentes de ces dernières en intensifiant nos efforts en faveur du renforcement des capacités militaires africaines par le biais d'opérations à faible coût et de toute petite envergure, conformément à la vision énoncée dans le document intitulé « Sustaining U.S. Global Leadership : Priorities for 21st Century Defense » (Maintenir le leadership mondial des États-Unis : les priorités de la défense au XXIe siècle). En outre, nous chercherons à renforcer la capacité des organismes civils et des institutions à améliorer les moyens à la disposition du continent pour assurer la sécurité et réagir aux conflits émergents. En outre, les agences militaires et civiles des États-Unis aideront à établir dans les pays partenaires des forces de sécurité, des organisations du renseignement et des agences d'application de la loi et de contrôles aux frontières qui soient efficaces, subordonnées aux autorités civiles constitutionnelles et qui agissent en liaison avec ces dernières.

Prévenir les menaces criminelles transnationales. Nous formerons des partenariats globaux qui mobilisent l'expertise du secteur des contrôles aux frontières terrestres, du secteur maritime, de l'aviation, de la cybersécurité et du secteur financier afin non seulement de contrer les mouvements illicites de personnes, d'armes, de drogues et d'argent, mais aussi d'assurer une protection contre la facilitation criminelle de matériels et de technologies en rapport avec les armes de destruction massive. Nous nous emploierons à freiner les vols à main armée commis en mer et à protéger les pêches et nous continuerons à appliquer notre plan d'action contre la piraterie au large des côtes de Somalie. Conformément à la Stratégie pour combattre la criminalité organisée transnationale, nous appuierons les efforts déployés en vue de combattre la corruption, l'instabilité et la traite des personnes et nous renforcerons la capacité des pays partenaires en la matière.

Prévenir les conflits et, le cas échéant, atténuer l'incidence d'atrocités de masse et tenir leurs auteurs responsables. Conformément aux objectifs de la directive présidentielle 10 (Presidential Study Directive-10), nous ferons face aux risques d'atrocités au stade le plus précoce possible afin de prévenir la violence avant qu'elle n'éclate et nous renforcerons les actions nationales et internationales visant à traduire les assaillants en justice. En outre, pour atteindre ces objectifs, nous chercherons à obtenir le soutien approfondi et élargi des gouvernements et des organisations multilatérales.

Appuyer les initiatives visant à promouvoir la paix et la sécurité. Nous appuierons les missions de construction et de maintien de la paix de l'ONU en Afrique subsaharienne, y compris en veillant à ce que les missions de maintien de la paix soient bien dirigées, bien soutenues et suffisamment dotées en ressources pour avoir une efficacité maximale. Dans les pays africains, nous soutiendrons ceux qui s'efforcent de surmonter les divisions communales dans la poursuite de processus politiques durables et pacifiques.

IV. Promouvoir les possibilités et le développement

Le présent gouvernement, y compris par le biais de la Directive présidentielle de politique générale sur le développement global, a tracé une nouvelle approche qui se concentre sur la recherche de résultats en matière de développement durable et sur un nouveau modèle opérationnel régissant l'assistance des États-Unis à cette même fin, approche qui fait fond sur le travail que nous avons accompli à ce jour. L'Afrique est le thème principal de trois initiatives présidentielles de développement, à savoir : l'initiative en faveur de la santé mondiale (GHI), l'initiative alimentaire pour l'avenir et l'initiative contre le changement climatique mondial (GCCI). De surcroît, deux des quatre pays visés par le Partenariat pour la croissance (le Ghana et la Tanzanie) sont en Afrique. Dans chacun de ces efforts, nous avons souligné l'importance de la réforme et de la transparence et avons accordé la priorité à une bonne gestion économique et à une bonne gestion des projets afin de promouvoir la pérennité. Nous investissons dans un nombre croissant de pays performants et, preuve de nos efforts, nous observons des résultats incontestables ainsi que l'accroissement de la capacité et de l'engagement de nos partenaires. Nous poursuivrons les actions ci-après dans le dessein d'accélérer plus encore les progrès en matière de développement.

S'attaquer aux obstacles à la croissance et promouvoir la réduction de la pauvreté. Nous allons mettre à profit notre engagement via les institutions financières multilatérales pour plaider en faveur de l'accroissement des financements aux pays pauvres et nous nous concentrerons sur les obstacles à la croissance. Nous encouragerons les gouvernements à utiliser leurs recettes, en particulier celles provenant du secteur des énergies, de manière à élargir l'assise des avantages pour leur population et nous continuerons à soutenir l'expansion et l'amélioration des services éducatifs en Afrique subsaharienne.

Promouvoir la sécurité alimentaire. La sécurité alimentaire demeurera une priorité, conformément aux engagements pris par les États-Unis au sommet de L'Aquila, par le biais de l'Initiative alimentaire pour l'avenir, et de la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition mise en route lors du sommet du G8 en 2012. Nous ferons fond sur les progrès accomplis à ce jour tout en intensifiant nos efforts pour promouvoir les réformes de politique générale, encourager les capitaux privés dans l'agriculture africaine, mettre les innovations à l'échelle et réduire les risques.

Transformer la santé publique en Afrique. Nous œuvrerons dans le cadre de l'initiative pour la santé mondiale (GHI) et de nos programmes visant diverses maladies, dont le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) et l'Initiative présidentielle contre le paludisme, afin de nous attaquer à d'autres maladies et à la malnutrition tout en renforçant les systèmes de santé pour avoir un impact durable. Nous allons continuer à tirer le meilleur parti du leadership dont font preuve un nombre croissant de pays africains dans le domaine de la santé pour consolider nos efforts en faveur d'une bonne gouvernance, du développement et de la croissance économique, y compris tandis que nous continuons à chercher à atteindre les objectifs élargis de prévention du sida annoncés à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida en 2011 et par le biais de l'Appel à l'action, en juin 2012, pour la survie de l'enfant.

Accroître les possibilités pour les femmes et les jeunes. Nous continuerons à appliquer nos programmes dans le domaine de la diplomatie et de l'assistance pour autonomiser les femmes, y compris par le biais du Programme pour l'entrepreneuriat féminin en Afrique, en application du Plan national d'action des États-Unis sur les femmes, la paix et la sécurité et en nous concentrant sur la santé maternelle et infantile, clé de voûte de l'Initiative pour la santé mondiale. Cela signifie notamment intensifier nos efforts visant à protéger les femmes dans le contexte des conflits et des urgences humanitaires. Nous continuerons en outre à dialoguer avec la prochaine génération de leaders africains en mettant en valeur l'Initiative présidentielle en leur faveur, et ce de façon à leur fournir les outils à l'appui du développement du leadership, de la promotion de l'entrepreneuriat et de l'établissement de contacts entre eux et avec les États-Unis.

Réagir aux crises humanitaires et encourager la résilience. Tout en conservant notre rôle de chef de file mondial dans la réponse aux crises humanitaires en Afrique, nous allons promouvoir et mettre à l'échelle les politiques et programmes axés sur la résilience. Dans ce contexte, nous allons œuvrer en vue de prévenir l'affaiblissement, voire l'effondrement, des économies locales, de protéger le bétail, de promouvoir un accès durable à de l'eau propre et d'investir dans des programmes propres à réduire la vulnérabilité des collectivités aux catastrophes naturelles ou d'origine humaine.

Promouvoir la croissance à faible émission de carbone et le développement durable, et renforcer la résilience au changement climatique. Nous continuerons à promouvoir la résilience et l'adaptation aux effets des changements climatiques sur l'alimentation, l'eau et la santé dans les pays africains vulnérables, en appuyant l'adoption de stratégies de développement à faible émission de carbone et en mobilisant des financements pour soutenir le développement et le déploiement d'énergies propres. En outre, nous nous emploierons à protéger et à encourager l'utilisation durable des ressources naturelles de l'Afrique.