Département d’État
Bureau de la porte-parole
Le 13 juin 2012
Discours
La secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton
Au Sommet sur l’innovation et le Partenariat de mentorat
avec les jeunes leaders africains
Le 13 juin 2012
Centrer George C. Marshall
Washington
Mme Clinton – Bonjour ! C’est merveilleux de vous voir tous ici aujourd’hui, et je suis ravie de vous accueillir au département d’État et aux États-Unis. J’espère que vous allez passer trois semaines inoubliables chez nous.
Comme le secrétaire d’État adjoint Carson vient de le dire, nous avons pleinement confiance dans l’avenir de l’Afrique, confiance en vous, en vos communautés, en vos pays. Et ce que nous voulons, c’est être un partenaire et un ami, avec vous qui montrez le chemin vers un avenir tant mérité. Vous arrivez de plus d’une quarantaine de pays, et vous êtes ici parce que vous avez déjà des accomplissements à votre actif. Vous êtes des leaders dans toutes sortes de domaines : les arts et les affaires, la technologie, l’éducation, le journalisme et la société civile. Nous avons donc fait un pari sur vous. Nous parions que vous utiliserez vos talents et vos compétences pour faire connaître la prospérité, le progrès et un avenir meilleur à tous ceux dont les efforts ont tant besoin d’être soutenus.
Et vous êtes ici en raison de votre potentiel. Comme l’a dit le président Obama, l’Afrique n’est pas un monde à part ; c’est une composante fondamentale de notre monde interconnecté. Et nous voulons mieux faire valoir ces interconnexions, les soutenir et les cultiver parce que nous sommes convaincus que, pour renforcer l’économie mondiale, nous devons nous tourner vers l’Afrique, l’une des régions où la croissance est la plus rapide au monde. Elle recèle une multitude de possibilités pour les entrepreneurs et les entreprises, pour le commerce et les investissements, qui seront bénéfiques pour les Africains comme pour les Américains.
Nous voulons appuyer la montée des démocraties et donner à davantage de gens la possibilité de vivre sous le gouvernement de leur choix. Et pour ce faire, nous tournons nos regards vers l’Afrique, où de jeunes démocraties s’affirment davantage de jour en jour et où les citoyens ont trouvé des méthodes novatrices pour promouvoir une gouvernance de qualité et tenir leurs dirigeants responsables de leurs actes.
Et pour aller de l’avant dans les dossiers critiques de notre époque, en ce qui concerne par exemple les changements climatiques et l’énergie propre, la santé et l’éducation dans le monde, la prévention de l’extrémisme violent, la défense des droits de l’homme, une fois encore nous tournons nos regards vers l’Afrique parce que les communautés africaines sont directement concernées par ces questions depuis des années.
Pour toutes ces raisons, le président Obama et son gouvernement ont fait de la création de partenariats solides avec les pays et les habitants de l’Afrique une composante centrale de notre politique étrangère parce que nous sommes convaincus que le récit du XXIe siècle sera écrit en grande partie par vous et vos compatriotes. Nous voulons donc nous rendre utiles et vous accompagner le long de votre parcours tandis que vous tracez la voie de ce nouvel avenir.
La vérité aussi, c’est que vous êtes de jeunes leaders à une époque où les jeunes figurent de plus en plus souvent au cœur de l’actualité mondiale. En Afrique, 60 % des habitants ont moins de 25 ans. On peut voir dans cette statistique soit un facteur de découragement, soit une cause de célébration. Ce sera décourageant s’ils ne sont pas instruits, s’ils n’ont pas de soins de santé, s’ils n’ont pas de travail, s’ils ne peuvent pas participer à la vie politique dans leur société. Mais ce sera une cause de célébration si les jeunes peuvent commencer à se faire entendre, si leur voix compte aux urnes, s’ils peuvent contribuer à tracer un nouveau départ. Nous pensons que le succès dépendra de la possibilité qu’auront les jeunes de l’Afrique, et de partout ailleurs au monde, de contribuer à la vie de leur pays.
Nous sommes les grands gagnants, nous, aux États-Unis, parce que les Africains qui ont quitté l’Afrique pour venir ici, et qui sont devenus des chefs de file dans le monde des affaires, ou encore médecins, infirmiers, enseignants et professeurs d’université, ont tant donné aux États-Unis. Mais nous espérons que cette forme d’émigration va faire marche arrière et que de plus en plus de gens choisiront la voie du retour au pays.
Quand j’attendais ma fille, il y a bien des années de cela, la sage-femme qui travaillait avec mon médecin venait du Ghana, et je me souviens lui avoir demandé pourquoi elle venait de si loin. Elle m’a répondu : « J’ai plus de chance de réussir dans la vie, et mes enfants aussi. » Tout récemment, elle est retournée au Ghana. Je veux voir ce phénomène se répéter à travers le continent, voir des gens qui ont des compétences, de l’éducation, de l’expérience et de l’expertise retourner au pays pour se joindre à vous et changer la donne.
Il y a beaucoup de gens parmi nous qui ont déjà fait évoluer la situation. Pour ne citer que quelques exemples, prenons celui de Refiloe, d’Afrique du Sud – où est Refiloe ? Ah, Refiloe – elle a créé une association sans but lucratif, 18twenty8, qui donne aux jeunes femmes de milieux défavorisés des moyens de s’instruire et de développer leurs compétences afin qu’elles aient la confiance en elles et les habiletés voulues pour avoir l’avenir qu’elles méritent.
Erikson est venu de Namibie. Où est Erikson ? Il s’est lancé dans la cuisine en préparant du « chili » maison et des sauces barbecue – ça me donne faim (Rires) – et il a ensuite créé une entreprise pour commercialiser ses produits. Maintenant, ils sont vendus dans toute sa ville, et bientôt, si tout se passe bien, ils le seront dans tout le pays.
Thierno nous vient de Guinée. Où est Thierno ? Ah, Thierno. Journaliste de radio, il a fait des enquêtes sur le trafic des stupéfiants qui lui ont valu d’être connu à travers le pays. Maintenant, il est en train de créer une station de radio agricole pour donner aux nombreux cultivateurs guinéens la possibilité de faire entendre leur voix.
Clarisse nous vient du Rwanda. Bonjour, Clarisse. Elle est P.D.G. de la société HeHe Limited, l’une des entreprises de pointe d’Afrique de l’Est en matière de développement d’applications mobiles. Elle a participé à sa création quand elle était étudiante à l’Institut des sciences et de la technologie de Kigali.
Il y a parmi nous des gens qui publient des livres en Éthiopie, qui fabriquent des chaussures au Ghana, qui encouragent les investissements étrangers en Tanzanie, qui sont des mentors pour des lycéens au Nigéria, qui se mobilisent pour la diversité agricole en Guinée-Bissau, qui confectionnent des objets d’artisanat en perles et en papier au Cameroun, et j’en passe. Vous voyez où je veux en venir. Vous êtes nos éléments les plus brillants. Vous êtes au nombre de ceux qui laissent déjà leur empreinte. L’initiative et l’ingéniosité dont tous vous faites preuve ne s’enseignent pas, elles ne s’inculquent pas ; elles viennent de vous. Vous avez la motivation, le désir de faire quelque chose de votre vie et de faire bouger les choses. Mais ce sont des qualités que l’on peut cultiver, et c’est ce que nous espérons faire au cours des quelques semaines à venir.
À Washington, à Chicago et dans les autres villes où vous vous rendrez, vous aurez l’occasion de nouer des relations entre vous et avec des professionnels qui seront vos mentors, et vous aurez l’occasion aussi de découvrir d’autres parties de l’Amérique. Et j’espère que vous absorberez tout cela parce que nous voulons voir ce groupe de jeunes leaders former un réseau dynamique qui s’étendra dans toute l’Afrique et, par-delà l’Atlantique, jusqu’en Amérique.
Nous avons aussi des choses à apprendre à votre contact. Comment pouvons-nous mieux vous aider, mieux aider vos communautés, mieux aider vos pays respectifs ? Le secrétaire d’État adjoint Carson est un homme qui a beaucoup de sagesse et une longue expérience. C’est un honneur pour moi de travailler avec et d’être sa collègue. Nous sommes très réceptifs et prêts à écouter ce que vous croyez que nous avons besoin d’entendre. Ce n’est pas une diffusion unidirectionnelle. À tous les niveaux, nous voulons avoir vos réactions, et je parle pour le secrétaire d’État adjoint, pour moi-même et pour tous les gens avec qui vous serez en contact.
Permettez-moi de conclure sur cette note : pendant votre séjour en Amérique, vous rencontrerez beaucoup d’Américains qui ne sont jamais allés en Afrique, et à plus forte raison dans votre pays natal. Beaucoup ne savent rien de ce qui se passe en Afrique, de tous les changements qui se produisent, de tout ce que vous et bien d’autres avez réussi à faire, au prix de gros efforts. Ils n’auront pas entendu parler de l’accroissement de la prospérité, de l’explosion des nouvelles entreprises et technologies, des nouvelles libertés qui existent et qui sont plus solides, des possibilités offertes aux femmes et aux filles. Mais il faut qu’ils sachent tout cela.
Alors, je vous confie en quelque sorte la mission, au cours des trois prochaines semaines, d’être les ambassadeurs de vos pays respectifs, d’éduquer ceux avec qui vous serez en contact. Tout en apprenant vous-mêmes des choses, enseignez-en à d’autres afin que nous puissions abattre les murs de l’ignorance et de l’indifférence parce que, que cela nous plaise ou non, nous sommes tous dans le même bateau. Je suis absolument persuadée que ce que nous pouvons faire ensemble fera du monde un endroit vraiment meilleur. Merci et bonne chance.