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Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l'homme en 2011 : Afrique – situation en bref

28 juin 2012

Le texte intégral des Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l’homme en 2011 est disponible sur le site département d’État.

Département d’État
Bureau de la démocratie, des droits de l’homme et du travail
Le 24 mai 2012

Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l'homme (2011)

Situation en bref - Afrique

Les conflits internes dans l’est du pays, en particulier dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Province Orientale, ont continué de tourmenter la République démocratique du Congo. Des violations des droits de l’homme ont été commises par toutes les parties au conflit. Les violations des droits de l’homme signalées incluent des meurtres, des disparitions et des cas de torture. Des groupes rebelles, des milices et certaines unités de l’armée se sont livrés à l’exploitation et au commerce illégaux des ressources naturelles dans l’est. Des groupes de rebelles et de miliciens étrangers et certaines milices locales ont formé des coalitions, affronté les forces gouvernementales et attaqué les populations civiles. Les forces de sécurité de l’État ont arrêté, détenu illégalement, violé, torturé ou exécuté sommairement des civils et elles ont pillé des villages pendant des opérations militaires contre les rebelles. Les combats dans l’est ont entravé la fourniture d’aide humanitaire dans certaines régions, ce qui a exacerbé la crise humanitaire déjà grave qui touche environ un million sept cent mille personnes déplacées. L’impunité demeure un grand problème. L’élection de novembre, qui fut entachée de nombreuses irrégularités, s’est accompagnée de disparitions et de restrictions touchant la liberté de réunion, d’expression et de circulation.

Des violations généralisées des droits de l’homme ont de nouveau été enregistrées en Érythrée où le gouvernement est contrôlé par le président autoritaire Issayas Afeworki. Le gouvernement a obligé les hommes et les femmes à participer au programme de service national dont les critères de démobilisation ne sont pas clairs, et les gens travaillaient indéfiniment en tout lieu ou à tout poste choisi par les autorités. Les forces de sécurité ont torturé et tabassé des déserteurs de l’armée, des conscrits réfractaires, des personnes cherchant à fuir le pays et des membres de certains groupes religieux. Les conditions très dures dans les prisons et les centres de détention, qui comprennent des cellules sans ventilation et souterraines avec des températures extrêmes, ont provoqué de nombreux décès. Le gouvernement contrôlait tous les médias. Il maintiendrait toujours en prison plus de 30 journalistes et ne donne aucune information sur leurs lieux de détention.

En Éthiopie, les autorités ont poursuivi la répression de la société civile, y compris des médias. Le gouvernement a arrêté plus de 100 personnalités de l’opposition, militants, journalistes et blogueurs, dont certains ont été accusés d’activité terroriste ou séditieuse. Toutefois, les observateurs ont constaté que les preuves présentées pendant les procès pouvaient être interprétées de différentes façons ou reflétaient des actes de nature politique plutôt que liés au terrorisme. La loi sur les sociétés et associations caritatives (Charities and Societies Proclamation) a continué à imposer des restrictions sévères à l’encontre des activités de la société civile et des ONG. Cette loi a entraîné une grosse réduction des activités de la société civile. Le gouvernement a également limité l’accès à l’Internet et bloqué les sites web d’organes d’information et de l’opposition ainsi que des blogs.

Au Nigéria, la campagne de terreur de la secte islamiste militante Boko Haram s’est intensifiée pendant l’année et la violence a gagné d’autres régions du pays. Ce groupe est responsable d’attentats à la bombe et de fusillades depuis des véhicules, de l’assassinat de chefs religieux, de policiers, de soldats et de personnalités politiques, d’attaques de postes de police et de banques et d’attentats-suicides. À Maiduguri, dans l’État de Borno, il y a eu des fusillades et des attentats à la bombe chaque semaine et parfois chaque jour, et la violence a gagné des États voisins. En août, Boko Haram a pris pour cible pour la première fois une organisation internationale, attaquant le siège des Nations Unies à Abuja et faisant 24 morts. Le gouvernement a déployé la Force opérationnelle interarmées qui a commis des exécutions sommaires pendant des opérations pour capturer des membres de Boko Haram. Les élections générales d’avril 2011 ont été les plus réussies pour ce pays depuis le retour de la démocratie multipartite en 1999. Toutefois, il a eu des violences après les élections dans le nord et les États de la ceinture moyenne, provoquant des morts, des dégâts matériels et des restrictions aux déplacements.

Le gouvernement du Soudan a poursuivi les bombardements aériens de secteurs civils. Au Darfour, les combats ont mis aux prises les forces gouvernementales, les milices alliées au gouvernement, les groupes rebelles et les groupes ethniques. Ces groupes ont tué, blessé et violé des civils, et utilisé des enfants soldats. Pendant l’année, la violence a éclaté dans la région frontalière contestée d’Abyei, ainsi que dans les États soudanais du Kordofan du Sud et du Nil Bleu. La violence dans ces régions a provoqué de grands déplacements de la population civile et de nombreuses violations des droits de l’homme. Au Soudan, les violations des droits de l’homme ne sont pas punies et l’impunité demeure un grave problème. Les parties aux conflits ont entravé le travail des organisations humanitaires et des Nations Unies. En outre, le gouvernement a continué à sévir contre les journalistes et à limiter la liberté d’expression, de réunion, d’association, de religion et de circulation, et les forces de sécurité ont continué de tuer, torturer, passer à tabac et harceler les opposants politiques présumés et d’autres personnes.

Au Zimbabwe, la situation des droits de l’homme chroniquement critique ne s’est pas améliorée. En dépit d’un gouvernement d’unité nationale novice, le pouvoir demeure presque entièrement aux mains du parti du président Mugabe, l’Union nationale africaine du Zimbabwe – Front patriotique (ZANU-PF), qui est toujours chargé des forces armées, de la police et du renseignement. Ces services de sécurité ont continué d’arrêter, de maltraiter et de torturer impunément des membres de partis autres que la ZANU-PF et des militants de la société civile. Le gouvernement a empiété sur la liberté d’expression, de réunion, d’association et de circulation des citoyens. L’influence et l’ingérence du pouvoir exécutif dans les affaires judiciaires constituaient toujours un grave problème, et les ONG ont signalé que des fermes et des maisons avaient été offertes à des magistrats s’ils prenaient des décisions favorables à la ZANU-PF. Dans les régions rurales, des militants de la ZANU-PF ont menacé et intimidé des magistrats locaux pour obtenir des jugements favorables.