Le département d’État
Bureau de la porte-parole
Le 12 avril 2012
Eisenhower Executive Office Building
Washington
Allocution de la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton à la Conférence « Connecter les Amériques », tenue le 12 avril 2012 à la Maison-Blanche
La secrétaire d’État Clinton - Merci à tous, merci. Je suis ravie de pouvoir m’adresser à vous. Je sais que vous avez eu un emploi du temps très chargé avec de nombreuses réunions et discussions. Mais c’est une occasion très spéciale pour moi. Je vous remercie, John, pour cette présentation, car vous et de nombreux membres de cet auditoire ont tenu bon à la vision d’un partenariat aux Amériques - même quand d’autres avaient du mal à l’envisager ou à la comprendre – sachant tous qu’il était important de garder nos yeux fixés sur l’horizon et ses possibilités et de continuer à œuvrer pour les réaliser.
C’est ce potentiel qui a inspiré il y a 18 ans la tenue du premier Sommet des Amériques. Je me souviens très bien quand mon mari a annoncé dans ce bâtiment – quelque part ici mais pas dans ce tout nouveau centre de conférences – que les États-Unis seraient l’hôte de la première réunion jamais tenue des dirigeants démocratiquement élus des Amériques. Il avait parlé alors de « l’occasion unique que nous avions de bâtir une communauté de nations libres, diverses en matière de culture et d’histoire mais liées par un attachement commun au principe d’un gouvernement réceptif et libre, à des sociétés civiles florissantes, à des économies ouvertes et à l’amélioration du niveau de vie de tous nos citoyens ».
Eh bien, cette possibilité mentionnée il y a environ 18 ans a vu le jour et s’est réalisée. Les peuples et les sociétés des Amériques ont déployé beaucoup d’efforts pour la concrétiser. Et on peut en voir un exemple dans l’endroit où le président Obama et moi nous trouverons demain pour le sixième Sommet des Amériques. Je crois que si nous jetons un regard sur tout le travail que nous avons fait au cours des dernières années pour appuyer la Colombie, nous verrons que les progrès ont été remarquables dans ce pays.
Ils sont bien sûr, en premier lieu, le résultat des efforts héroïques du peuple et du gouvernement colombiens, mais aussi du soutien constant des États-Unis. C’est pourquoi, lorsque les leaders des Amériques se réuniront à Carthagène, leur ordre du jour ne portera pas sur la manière de surmonter une menace mais sur la façon de saisir une occasion unique.
Notre hémisphère a beaucoup changé mais il n'est pas le seul à l'avoir fait. Le monde a beaucoup changé et nous devons effectuer une évaluation honnête des efforts que les États-Unis déploient pour réaliser le potentiel de ces partenariats.
Avant que le président Obama ne se rende l’an dernier au Brésil, au Chili et au Salvador, j’avais soulevé la question que j’appelle « la force de la proximité » car les Amériques sont le moteur de notre prospérité. Les Amériques achètent plus de 40 % de nos exportations – trois fois plus que la Chine. Elles fournissent plus de la moitié de nos importations en énergie. Elles abritent un nombre croissant d’acteurs d’envergure mondiale qui jouent un rôle central dans l’établissement de nouvelles architectures de coopération qui défendent nos intérêts et nos valeurs. Les réalisations en matière de développement démocratique dans notre hémisphère ont une portée mondiale à l’heure où le besoin pour des modèles et des partenaires démocratiques se fait sentir plus que jamais. Et notre interdépendance historique et croissante fait que les Amériques revêtent une importance singulière pour notre peuple, notre culture et notre société.
C’est pourquoi mobiliser la force de la proximité sera l’une des tâches stratégiques les plus importantes de notre politique étrangère dans les prochaines années. Je pense que cela est vrai aussi pour nos voisins, car la force de la proximité va dans les deux sens, et nous devons l’exploiter ensemble. Nous devons transformer les Amériques, qui forment déjà une communauté en raison de l’histoire, de la géographie, de la culture et des valeurs qu’elles partagent dans tout notre hémisphère, en une plateforme commune de succès mondial.
C’est le principe qui sous-tend les efforts du gouvernement Obama visant à forger des partenariats égaux, et ce sera le message que le Président portera au Sommet. Nous voulons traduire notre vision stratégique en mesures concrètes. Comme nos hôtes colombiens l’ont démontré, ces mesures doivent cibler la création de liens entre nos gouvernements, nos entreprises, nos marchés, nos institutions éducatives, nos sociétés et nos citoyens.
Quand nous parlons de connecter les Amériques, nous commençons au niveau de notre plan d’action commun visant la compétitivité et l’innovation. Après tout, cet hémisphère abrite non seulement les plus grands partenaires commerciaux des États-Unis mais aussi des économies émergentes en plein épanouissement. On prévoit que dans les prochaines décennies le Brésil et le Mexique feront partie des cinq principales économies mondiales. D’autres pays comme la Colombie, le Chili, le Pérou, l’Uruguay et le Panama ont trouvé la bonne recette pour une croissance solide. Celle-ci a des conséquences majeures sur le marché de l’emploi. Les exportations des États-Unis aux Amériques se sont accrues de 24 % l’an dernier. Le président Obama a établi l’objectif de doubler ces exportations en cinq ans et nous sommes en bonne voie de l’atteindre. Pour l’Amérique latine et sa nouvelle classe moyenne, cela signifie que la moitié des foyers font maintenant partie de la classe moyenne. Les trois-quarts d'entre eux pourraient être dans cette situation dans vingt ans.
Nos accords de libre échange (ALE) et notre diplomatie publique tirent parti de ce marché à deux sens. Grâce aux ALE que nous avons ratifiés l’an dernier avec la Colombie et le Panama, comme John l’a dit, nos partenariats commerciaux sont ininterrompus de l’Arctique à la Patagonie. Nous avons signé une vaste gamme d’accords de coopération économique et d’investissements avec le Brésil et d’autres pays de la région. Le Partenariat Transpacifique que nous négocions inclut le Chili et le Pérou et a suscité un grand intérêt auprès du Canada et du Mexique.
L’échelle des échanges commerciaux aux Amériques n’est pas la seule chose remarquable ; c’est aussi leur composition. Il s'agit de produits à valeur ajoutée qui créent des emplois et stimulent l’innovation. La production et la conception s’étendent par-delà les frontières, comme dans le cas du LearJet, qu’une entreprise canadienne construit aux États-Unis avec des pièces fabriquées au Mexique. Ce sont des échanges de haute qualité, et les échanges de haute qualité se traduisent en compétitivité pour toutes nos entreprises.
Bon, tout cela est très bien, mais ne suffit pas. Car lorsque nous nous comparons aux régions les plus dynamiques du monde, nous réalisons qu’il reste encore à faire. La Banque interaméricaine de développement estime que le commerce aux Amériques n’atteint que la moitié du niveau qu’il pourrait et devrait être atteindre. Il y a encore trop d’obstacles, qu’il s’agisse de réglementations peu coordonnées ou d’une infrastructure inadéquate, qui limitent notre potentiel. Et face à la concurrence croissante, notamment de l’Asie, nous devons améliorer nos performances.
Cela signifie, en premier lieu, forger des liens nouveaux et plus productifs entre les entrepreneurs, les compagnies et les marchés. À Carthagène, nous nous joindrons à des leaders des milieux d’affaires pour créer une initiative durable dans le secteur privé qui sera coordonnée aux efforts des gouvernements et viendra s’y ajouter. Nous mettons l’accent de manière encore plus intense sur les petites et moyennes entreprises, en particulier celles qui sont lancées et dirigées par des femmes, car celles-ci représentent, après tout, 90 % de toutes les entreprises en Amérique latine et les deux tiers des emplois dans la région. Mais elles ont encore trop peu d’accès aux outils, au financement et aux partenariats qui contribueraient à leur croissance. Aux États-Unis, seul 1 % de ces petites et moyennes entreprises ont accès aux marchés mondiaux. C’est pourquoi, en créant des liens entre toutes ces entreprises, nous pouvons les transformer en moteurs de création d’emplois et de prospérité.
Nous devons aussi faire mieux en matière de technologie qui facilite ces connections. Les jeunes de l’hémisphère ont adopté en grands nombres la technologie et les nouveaux médias. Mais leurs ambitions dépassent actuellement l’infrastructure et l’accès qui permettent de faire de vrais progrès. La connexion large bande coûte trois fois plus cher en Amérique latine qu’elle ne coûte en moyenne dans les pays de l’OCDE. Cela ralentit sérieusement le développement. C’est pourquoi nous allons essayer de mobiliser la technologie pour accroître les possibilités.
Et quand nous envisageons les innovations, nous devons le faire pour la durée, ce qui signifie que l’hémisphère doit multiplier les efforts pour fournir de meilleurs financements et renforcer les relations entre les scientifiques et les institutions. Nous avons besoin de plus d’initiatives du genre de celle annoncée par Boeing et GE et qui consiste à établir des centres de recherche et de technologie au Brésil. Nous devons autonomiser tous nos citoyens afin qu’ils puissent tirer parti de la nouvelle économie.
Ce qui m’amène au second domaine dans lequel nous devons être plus connectés : l’éducation. Ce que les Amériques ont accompli dans ce secteur est louable mais leurs échanges éducatifs laissent encore beaucoup à désirer. Nous devons galvaniser les talents de nos jeunes ; pour ce faire, la clé est de forger des liens. Lors de leur entretien en début de semaine, la présidente Rousseff et le président Obama ont avancé notre engagement commun en faveur des échanges éducatifs par le biais de notre initiative « 100.000 Strong in the Americas » et de l’initiative brésilienne dite « Sciences sans frontières ». Ces initiatives enverront des milliers d’étudiants suivre des cours dans nos universités respectives à travers les Amériques. Les entreprises doivent aussi faire leur part car elles doivent nous aider à développer la main-d’œuvre compétente dont nous avons besoin, et à Carthagène, nous chercherons à forger des partenariats à cette fin avec le secteur privé.
Nous forgerons des liens aussi dans un troisième domaine, celui de l’énergie. Le Brésil développe actuellement des gisements énormes de pétrole tandis que d’autres pays, tels que la Colombie et le Canada, élargissent leurs activités de production. D’autres encore, plus petits comme Trinité-et-Tobago, sont des raffineurs et des fournisseurs de gaz naturel. Les progrès sont tout aussi frappants dans l’énergie verte, qu’il s’agisse des percées au Mexique en matière d’utilisation efficace des combustibles, des innovations géothermiques au Chili, ou des travaux sur les biocarburants que nous menons de pair avec le Brésil.
Nous avons fait de l’énergie une priorité de notre politique étrangère, et en février, j’ai signé avec le Mexique un accord transfrontalier historique sur le pétrole. Nous avons noué des dialogues à haut niveau avec les producteurs énergétiques. Et la semaine dernière, le président Obama et son homologue Rousseff sont convenus de collaborer sur des activités pétrolières et gazifières en eau profonde. Dans le cadre du Partenariat sur l’énergie et le climat aux Amériques, lancé par le président Obama au Sommet des Amériques en 2009, nous avons déjà mobilisé plus de 150 millions de dollars en investissements gouvernementaux à l’appui de plus de 40 initiatives.
Il ne fait aucun doute que l'hémisphère occidental est capable de produire une énergie plus propre, meilleur marché et plus fiable à l'appui de la croissance ici et dans le monde, mais pour y parvenir nous avons besoin de construire un réseau à l'échelle vraiment hémisphérique qui relierait nos secteurs énergétiques. Les marchés connectés apporteraient des économies d'échelle, la stabilité des approvisionnements, l'efficience et un recours accru aux énergies renouvelables. Ce travail-là aussi, nous le lancerons à Carthagène. Et nous ferons ce que nous pourrons pour contribuer à créer un avenir dans lequel l'énergie sera durable et d'un prix abordable pour tous aux Amériques.
Les progrès qui se font dans l'hémisphère donnent aux Amériques un nouveau profil mondial. Lorsque je m'entretiens avec des ministres des affaires étrangères -- la réunion des ministres du G8 à laquelle j'ai participé, ici à Washington, vient de se terminer --, qu'il soit question de changement climatique ou de croissance mondiale ou d'échanges ou de non-prolifération, les relations entre les États-Unis et l'Amérique latine ont vraiment de l'importance dans ces questions planétaires.
Le Pérou et le Chili sont devenus des partenaires clés dans le Pacifique. La Colombie joue un rôle de chef de file mondial en matière de sécurité des citoyens et, avec le Guatemala, est actuellement l'un de nos plus proches partenaires au Conseil de sécurité. L'Uruguay contribue plus par habitant aux opérations de maintien de la paix que tout autre pays au monde. Le Costa Rica ambitionne de devenir le premier pays neutre au monde en matière d'émissions de carbone. Le Canada est l'un de nos alliés les plus importants dans le cadre de nos efforts diplomatiques et sur le plan de la sécurité. Et pratiquement tous les pays de l'hémisphère sont intervenus pour apporter leur soutien à Haïti.
Cet activisme mondial comporte des avantages stratégiques considérables. Et pendant le Sommet, le moment sera venu d'ajouter à nos liens une dimension tournée vers l'avenir parce que nos engagements mondiaux seront essentiels à notre succès dans l'hémisphère. Que nous soyons des partenaires mondiaux, je m'empresse de le dire, ne signifie pas que nous serons toujours d'accord ; ce n'est pas le cas. Mais cela reflète la conviction profonde que, même lorsque nous ne sommes pas d'accord, les intérêts et les valeurs qui convergent nous donnent d'importants objectifs communs dans le monde
Le président Obama et moi l'avons dit maintes fois : ce siècle sera celui du Pacifique pour l'Amérique, et nous nous concentrons sur l'ensemble de la région du Pacifique. N'oubliez pas que le Pacifique s'étend de l'océan Indien aux rives occidentales de l'Amérique latine. C'est toute cette vaste étendue qui constitue pour nous un axe stratégique. C'est pour cela que nous travaillons avec l'APEC ; c'est pour cela que nous mettons sur rails le Partenariat Transpacifique. Nous sommes conscients des avantages mutuels de l'engagement entre les Amériques et le reste du Pacifique.
Par ailleurs, notre partenariat mondial s'étend au G20, qui inclut notamment l'Argentine, le Brésil, le Canada et le Mexique, l'hôte de la prochaine réunion qui aura lieu en juin. Le Mexique a été un leader dans le cadre des négociations sur le changement climatique, de Copenhague à Cancun et à Durban. Le Chili a suivi le Mexique pour devenir le deuxième pays d'Amérique latine à adhérer à l'OCDE, et d'autres sont dans les coulisses, prêts à leur emboîter le pas.
Lorsque j'irai à Brasilia la semaine prochaine, mes entretiens porteront sur les grands défis de notre époque, de la Syrie à l'Iran en passant par la croissance et le développement. Je me joindrai à la présidente Rousseff pour coprésider une réunion du Partenariat pour un gouvernement ouvert, démarche concertée entreprise par 54 gouvernements, dont le quart se trouve en Amérique latine et dans les Caraïbes, en vue de promouvoir la transparence et la responsabilité dans les administrations publiques.
Nous avons donc un programme d'action dynamique, avant-gardiste et tourné vers l'avenir. Il reflète ce que nous pouvons faire ensemble dans cet hémisphère. Mais dans le même temps, nous devons définir clairement les domaines dans lesquels nous pouvons et nous devons mieux faire. Nous ne pouvons pas nous permettre de verser dans l'autosatisfaction. Nous devons nous engager à progresser encore face à l'exclusion et au manque d'occasions de réussir. Oui, la région vient de loin, grâce à la mise en œuvre de beaucoup de politiques sociales et économiques judicieuses. J'applaudis le travail qui a été accompli dans un grand nombre de programmes tout-à-fait novateurs, concernant par exemple les transferts d'espèces assortis de conditions, mais tant d'autres encore. Mais les inégalités demeurent trop profondes. Nous devons donc nous concentrer sur des politiques économiques capables de les réduire. Nous devons porter une attention particulière aux femmes, aux autochtones et aux communautés afro-latines parce que ces groupes font également partie de l'avenir que nous envisageons.
Il nous faut protéger la démocratie. Ce n'est pas par hasard que les succès de l'hémisphère coïncident avec le ralliement quasi-total aux démocraties. La Charte démocratique interaméricaine proclame que la démocratie est une responsabilité fondamentale des gouvernements et le droit de tout citoyen. Nous devons donc renforcer la capacité de l'Organisation des États américains à défendre la démocratie et les droits de l'homme.
Et, bien sûr, nous devons nous attaquer à la criminalité et à l'insécurité. Dès le départ, notre gouvernement a fait clairement savoir que les États-Unis acceptaient leur part de responsabilité pour la violence criminelle qui affecte nos voisins au sud. Nous avons triplé les fonds alloués à la réduction de la demande de drogues illicites, ce budget dépassant maintenant les 10 milliards de dollars par an. Nous avons renforcé l'initiative de Merida au Mexique, le Partenariat pour la sécurité des citoyens en Amérique centrale, l'initiative de sécurité dans le bassin des Caraïbes et notre assistance en cours à la Colombie.
Notre soutien ne se borne pas à aider les forces de sécurité à traquer les criminels ; nous cherchons à nous attaquer aux causes profondes de la violence, de l'impunité au manque d'occasions de réussir, à construire des institutions responsables respectueuses des droits de l'homme et de l'État de droit. Les tribunaux et les prisons, la police et les procureurs, les écoles et les centres de formation professionnelle, et la construction de partenariats non seulement avec les responsables politiques, mais aussi avec les milieux d'affaires et l'élite, auxquels il incombe en particulier de relever ces défis. J'applaudis sincèrement les progrès accomplis par le président Perez Molina au Guatemala, depuis les quelques mois suivant son entrée en fonctions, dans le domaine de la réforme de la fiscalité. Le fait que tant de personnes fortunées en Amérique latine ne paient pas leur juste part d'impôts est l'une des raisons de la carence des services nécessaires à la protection de la sécurité des citoyens, à l'amélioration des possibilités en matière d'éducation.
Je comprends que la frustration soit grande dans la région ; les progrès semblent trop lents. Nous avons noué un dialogue très ouvert et franc avec nos partenaires pour essayer de trouver des moyens de soutenir davantage les efforts de réforme dont la nécessité est incontournable.
Mais au bout du compte, ce sont les liens entre les gens qui comptent pour beaucoup. Nous devons être prêts à donner libre cours à notre imagination pour trouver les moyens de les forger. Nous en avons déjà beaucoup : les liens du sang et de la famille, de la langue et de la culture, de l'histoire et de la géographie, mais nous pouvons et devons faire beaucoup plus encore. Et nous devons passer à l'action même lorsque des gouvernements ne sont pas disposés à agir en partenaires avec nous.
À Cuba, par exemple, les centaines de milliers d'Américains d'origine cubaine qui se sont rendus dans cette île depuis que nous avons assoupli les règles, au début de l'entrée en fonctions de notre gouvernement, sont les meilleurs agents du changement dont nous disposions. Ils ont déjà contribué à une certaine évolution prometteuse, en particulier dans le domaine économique. Nous devons nous employer à libérer le potentiel que nous constatons dans l'hémisphère. C'est une perspective passionnante pour les États-Unis comme pour tous les pays de l'hémisphère.
Quand le président Obama et moi avons assisté au sommet qui était le premier pour lui, il y a trois ans, c'était enthousiasmant parce que je me suis rappelée le premier sommet qui avait eu lieu à Miami. Je suis suffisamment vieille pour me rappeler un tas de choses ces jours-ci. (Rires.) Et je me souviens de l'aspect générationnel de ce sommet quand mon mari, pour tout vous dire, était quasiment le plus jeune chef d'État, si mes souvenirs sont bons, ou en tout cas c'était l'impression qu'il faisait. (Rires.) Maintenant, par contre, il y a de jeunes chefs d'État, pleins d'idées nouvelles, qui travaillent dur pour leur pays. Il y a des femmes qui ont été élues à la présidence, et je crois que vous savez que, de mon point de vue, c'est un grand progrès. (Rires et applaudissements.)
Le tableau général évoque donc beaucoup d'espoirs, de possibilités et d'enthousiasme, et le président et moi nous réjouissons grandement de participer à un nouveau sommet. Nous sommes certains qu'il y aura des surprises, comme il y en a toujours lors de ces grands rassemblements. Mais surtout, on sentira les affinités qui existent entre nous et parmi nous. En ce qui me concerne, rien n'est plus précieux -- faire fond sur ces liens, établir des connexions entre nous de manière à fournir ce que nous recherchons tous, aider les gens à réaliser le potentiel que Dieu leur a donné, consacrer les valeurs et les habitudes de la démocratie, amener dans les rangs de la classe moyenne des gens qui, il y a plus ou moins une génération, ne connaissaient que l'analphabétisme et la pauvreté. Il n'y a vraiment rien de mieux. Le temps des Amériques est venu. Nous devons redoubler d'efforts pour convaincre nos compatriotes américains de l'importance de cette occasion, et -- que l'on soit dans l'administration, les milieux universitaires, les milieux d'affaires ou les ONG -- nous devons agir en partenaires pour concrétiser ces affinités.
Je me réjouis à la perspective du travail qui nous attend, et je vous remercie de l'intérêt que vous portez aux partenariats durables dans notre hémisphère. Merci beaucoup. (Applaudissements.)