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Allocution de la secrétaire d'État sur la stratégie américaine relative au cyberespace

18 mai 2011
Hillary Rodham Clinton le 16 mai 2011 à Washington . (AP Images)

Selon Mme Clinton, il faut optimiser l'énorme capacité que l'Internet a d'accélérer le progrès humain tout en affinant nos réponses et nos outils pour faire face aux menaces et aux conflits inhérents au cyberespace.

Département d'État des États-Unis
Bureau du porte-parole
Le 16 mai 2011

Allocution de la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton sur la publication de la stratégie internationale du gouvernement Obama concernant le cyberespace

(Allocution prononcée à la Maison-Blanche)

Je vous remercie. Comme vous pouvez l'imaginer d'après les propos de John, nous sommes très heureux de cet événement. Nous nous réjouissons du travail extraordinaire accompli par notre gouvernement au moment où nous dévoilons notre stratégie internationale concernant le cyberespace. Nous sommes prêts à nous associer au secteur privé, aux pays et autres entités qui partageront les ambitions énoncées dans ce nouveau document. Nous essaierons vraiment d'atteindre l'objectif fixé dès le départ : les États-Unis s'efforceront de promouvoir une infrastructure d'information et de communications ouverte, interopérable, sécurisée et fiable, à même de favoriser le commerce et les échanges internationaux, renforcer la sécurité dans le monde et encourager la libre expression et l'innovation. À cet effet, nous allons créer et maintenir un environnement dans lequel des normes de comportement responsables guideront les actions des pays, entretiendront les partenariats et défendront la primauté du droit dans le cyberespace.

Cette politique résume bien la volonté des États-Unis. Un grand nombre d'entre vous qui représentez vos gouvernements, le secteur privé, des fondations ou des groupes de la société civile, s'engagent avec nous à ce que l'Internet reste ouvert, sécurisé et libre pour les 2 milliards de personnes déjà en ligne mais aussi pour les milliards supplémentaires qui le seront dans les années à venir.

Ce qu'ils pourront faire dans le cyberspace - communiquer ouvertement des idées ou des opinions, étudier librement des sujets d'intérêt, être à l'abri des cybercriminels ou mener des activités professionnelles et personnelles en ligne, confiants que ces activités restent privées et sécurisées - dépend beaucoup des règles que nous adopterons ensemble.

Maintenant, vous êtes nombreux à savoir que le département d'État revendique sa position de champion de la liberté d'Internet et je vois Alec Ross, qui a dirigé ces initiatives. C'est l'un des aspects cruciaux de la cyber-politique. Mais nous savons très bien que les problèmes semblent être toujours plus nombreux et devons donc élaborer, déployer et coordonner des politiques tenant compte de l'ensemble des problèmes liés au cyberespace. C'est la raison pour laquelle la stratégie internationale des États-Unis axée sur le cyberespace nous aidera. Comme le dit John, pour la première fois, elle rassemble dans un même cadre les diverses politiques de notre pays qui adoptera désormais une démarche globale unique.

Elle énonce aussi pour la première fois l'ensemble des principes qui guident notre travail, ceux qui s'inscrivent dans notre politique étrangère, comme par exemple le maintien des libertés fondamentales qui, à notre avis, englobent la liberté d'Internet, et tous les autres aspects de cette politique que mes collègues aborderont. Nous essayons de véritablement nous atteler à tous les problèmes et défis que pose le cyberespace. Et nous savons parfaitement que tout ce nous avons publié aujourd'hui devra être réactualisé au fur et à mesure que de nouveaux défis et débouchés naîtront. Car si l'Internet procure aux populations de nouveaux moyens d'exercer leurs droits politiques, nous avons aussi vu très clairement ces derniers mois qu'il donne aux gouvernements de nouveaux outils de répression des dissidents. Et tandis que l'Internet fait naître de nouveaux champs des possibles sur le plan économique, à toutes les étapes de développement, il met aussi à la disposition des criminels de nouveaux moyens de subtiliser des données personnelles et des biens de propriété intellectuelle. Et si l'Internet facilite une collaboration transfrontalière plus étroite entre gouvernements et peuples, il crée un nouvel espace de conflit lorsque des pays ou d'autres acteurs perturbent délibérément les réseaux ou des terroristes s'en servent pour organiser des attentats.

Nous cherchons donc à optimiser l'énorme capacité que l'Internet a d'accélérer le progrès humain tout en affinant nos réponses et nos outils pour faire face aux menaces et aux conflits inhérents au cyberespace.

Maintenant, parlant de cette stratégie, je voudrais expliquer clairement ce qu'elle n'est pas. Il ne s'agit pas d'une série de prescriptions et c'est là une précision importante. Car, si nous nous efforçons de créer un cyberspace ouvert, interopérable, sûr et fiable, il n'existe pas de solution universelle et unique pour atteindre ce but. Nous devons parvenir à un consensus mondial reposant sur une vision commune de l'avenir du cyberspace et veiller à ce qu'il serve, au lieu d'entraver, les aspirations sociales, économiques et politiques des peuples de la planète. Et cela ne sera possible que grâce à une diplomatie patiente, persistante et créative.

Notre stratégie repose sur sept grandes priorités qui structurent notre future diplomatie : premièrement, engagement économique encourageant l'innovation et le commerce tout en préservant la propriété intellectuelle ; deuxièmement, cybersécurité pour protéger nos réseaux et renforcer la sécurité internationale ; troisièmement, forces de répression pour mieux riposter face à la cybercriminalité, notamment en durcissant les lois et règlements internationaux, si besoin est ; ensuite, la coopération militaire aidant nos alliances à s'investir encore plus dans la confrontation des cybermenaces tout en veillant à une protection continue de nos réseaux militaires ; puis, la gouvernance de l'Internet répartie sur de multiples acteurs afin que les réseaux fonctionnent comme prévu ; ensuite, l'appui au développement des nouveaux partenaires, aidant les pays à développer leurs infrastructures numériques et à mieux résister aux cybermenaces ; et pour finir, et c'est pour nous très important, la liberté d'Internet. Nous souhaitons faire plus ensemble pour le respect de la vie privée de chacun et garantir en ligne les libertés fondamentales que sont la liberté d'expression, de réunion et d'association, qui sont les nôtres quand nous ne sommes pas en ligne. Ensemble, ces sept priorités constituent une nouvelle exigence de la politique étrangère déjà mise en œuvre par le département d'État dans le passé, et qu'il continuera à mener dans l'avenir.

Pour faire avancer cette politique, nous intégrerons désormais un volet cyberspace à l'ensemble de nos programmes, qu'il s'agisse de coopération avec des pays étrangers pour supprimer les cartels criminels, de notre diplomatie économique ou de nos programmes d'aide aux filles et aux femmes dans le monde. Nous avons conçu un programme national de maîtrise des nouvelles technologies en appui à nos objectifs diplomatiques et de développement, et nous souhaitons continuer dans ce sens avec les partenaires que nous voyons aujourd'hui ici devant nous. Nous parrainons dans le monde des initiatives destinées à aider un plus grand nombre de pays à s'impliquer plus avant sur la question d'Internet. Et comme le montre notre intérêt pour la liberté d'Internet, nous appuyons les initiatives des défenseurs des droits de l'homme et de la démocratie, souhaitant qu'ils aient librement accès à l'Internet. Nous finançons des programmes à la pointe de la technologie pour leur donner les outils et le savoir-faire qui les aideront à communiquer efficacement et sans danger et à faire passer leur message, même lorsque les gouvernements essaieront de les réduire au silence ou de leur couper l'accès à la Toile.

Pour coordonner ces initiatives et bien d'autres encore, nous avons créé le nouveau bureau du coordinateur des questions liées au cyberespace. Chris Painter, expert chevronné dans ce domaine, travaille actuellement au département d'État, ayant quitté ses précédentes fonctions à la Maison-Blanche et au NSC (Conseil national de sécurité) où il a contribué à élaborer la stratégie que nous publions aujourd'hui. Le bureau de Chris dirigera l'initiative au département d'État tandis que nous œuvrerons à promouvoir ces vastes objectifs auprès d'autres pays et partenaires.

Grâce à cette stratégie, nous entrons désormais dans une nouvelle phase d'engagement dans le cyberspace et examinons comment les pays adaptent leurs politiques et leurs méthodes. Et nous sommes conscients que nous ne pouvons pas avoir de discussions éparpillées, improvisées, car tandis que de nombreux pays portent de plus en plus leur attention sur la politique de l'Internet et qu'un nombre grandissant de personnes se connecte, les discussions internationales sur les problématiques du cyberespace traitent trop souvent chaque problème séparément. Nos diplomates rencontrent leurs homologues une fois sur la cybercriminalité, à un autre moment sur la liberté liée à Internet, et finalement, lors d'une troisième rencontre, sur la sécurité du réseau.

Comme nous ne traitons pas ces problèmes de façon coordonnée et intégrée au plan international, nous allons désormais nous appuyer sur notre stratégie. Et nous espérons sincèrement que vous allez consulter ce document, dialoguer avec nous sur la question, que vous étudierez et comprendrez nos principes et notre démarche et vous joindrez ensuite à nous pour les concrétiser. Nous voyons le cyberespace se transformer sous nos yeux. Nous devons maintenant façonner cette transformation et nous espérons que cette stratégie nous servira de feuille de route pour l'avenir. Et c'est avec plaisir que dans les mois à venir, je m'attellerai à concrétiser cette stratégie avec vous. Et maintenant, j'ai le plaisir de vous présenter mon collègue, le ministre de la justice, Eric Holder.

(Applaudissements)

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)