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Propos de responsables américains sur l'aide humanitaire des États-Unis en Libye

27 avril 2011
Un homme blessé se fait soigner à l'hôpital Hikma à Misrata (Libye) le 24 avril 2011. (AP Images)

Un homme blessé se fait soigner à l'hôpital Hikma à Misrata (Libye) le 24 avril 2011. Selon M. Bartolini, il est certain que les tirs d'artillerie se poursuivent.

Le département d'État
Bureau du porte-parole
Le 25 avril 2011

Point de presse officiel

Propos du sous-secrétaire d'État adjoint chargé de la population, des réfugiés et de la migration, Reuben Brigety, et du directeur du Bureau d'aide à l'étranger en cas de catastrophe, Mark Bartolini, sur les initiatives des États-Unis en matière d'aide humanitaire à la Libye.

Mme Fulton, animatrice : Bonjour tout le monde. Merci de vous joindre à nous aujourd'hui pour cette conférence de presse particulière. Nous avons en notre compagnie M. Mark Bartolini, directeur du Bureau d'aide à l'étranger en cas de catastrophe, et M. Reuben Brigety, sous-secrétaire d'État adjoint au Bureau de la population, des réfugiés et de la migration. Je vais céder la place à nos conférenciers pour leur préambule puis nous répondrons à quelques questions. Pour préciser, ce point de presse est officiel ; nous pouvons donc commencer.

M. Bartolini : Nous continuons donc - le gouvernement des États-Unis continue donc à fournir de l'aide au peuple libyen. À ce jour, nous lui avons alloué 47 millions de dollars au titre de l'aide humanitaire. On observe une évolution quelque peu favorable sur le terrain depuis deux ou trois jours, mais les conditions font qu'il est toujours difficile d'avoir accès à de nombreux secteurs en raison de l'insécurité.

À Misrata, comme vous l'avez entendu dire, certaines forces se sont repliées ; cependant, la ville fait encore l'objet de tirs d'artillerie intenses. Et vous avez vu les reportages médiatiques selon lesquels 32 personnes auraient été tuées samedi et huit autres dimanche. Nous ne sommes pas en mesure de vérifier ces chiffres, mais nous savons que les tirs d'artillerie se poursuivent.

En général, les conditions à l'est, autour de Bengazi, demeurent stables. Il n'y a pas de grands besoins humanitaires dans la région ; nous avons entrepris toutefois de prépositionner des quantités importantes d'aide et collaborons depuis près d'un mois avec plusieurs partenaires, tant au niveau des agences internationales qu'avec des organisations non gouvernementales (ONG), pour renforcer les capacités des organismes caritatifs qui n'ont jamais eu encore à mener des opérations en Libye.

Nous sommes un peu préoccupés au sujet de la région ouest du pays, et nous avons, ici aussi, une visibilité limitée dans certaines zones en raison des questions sécuritaires. Mais certains de nos partenaires parviennent périodiquement à entrer dans ces régions et à y acheminer de l'aide. Et c'est aussi le cas de Misrata, comme vous le savez d'après les médias. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) sont en train de rapatrier les ressortissants étrangers. Nous estimons qu'il y a encore environ 2.000 personnes au port, entre 1.500 et 2.000, et l'OIM continue - s'apprête à organiser un autre voyage pour les faire sortir, pour les évacuer.

Nous savons qu'il y a quelques besoins médicaux à Misrata, notamment le fait que les médecins qui opèrent dans les salles chirurgicales sont vraiment épuisés, alors nous avons établi un roulement de médecins avec le concours de certains de nos partenaires qui envoient leur personnel. Et il y a les besoins au niveau des soins de santé en cours. Nous continuons cependant à faire parvenir des fournitures médicales sur le terrain. L'un des problèmes auxquels nous nous heurtons est le fait que nous avons dû déplacer l'équipement médical et les vivres à l'intérieur de Misrata en raison des attaques menées par les forces pro-gouvernementales et il y a eu quelques problèmes logistiques à cet égard. C'est pourquoi nous fournissons un appui logistique, aussi par le biais de nos partenaires, pour tenter de faciliter ces changements de lieux.

Je voudrais mentionner aussi que nous sommes heureux d'annoncer que la première livraison au titre de notre programme des « Vivres pour la paix », est arrivée à Alexandrie aujourd'hui. Et cette aide sera déployée, par le biais des routes d'approvisionnement du Programme alimentaire mondiale (PAM), dans certaines régions de Libye et ses alentours.

Et maintenant je cède la parole à Reuben.

M. Brigety : Merci beaucoup. Mesdames et Messieurs, bonjour. Je vais parler pendant seulement une minute de la nature des déplacements de personnes entraînés par le conflit en Libye.

Depuis le début de ce conflit, il y a eu un nombre considérable et à vrai dire anormal de personnes traversant les frontières entre la Libye et les six pays limitrophes. À la date du 24 avril, on compte environ 550.000 personnes qui ont fui la Libye. Le caractère de cette population est un peu inhabituel par rapport à une crise humanitaire typique du fait que la plupart ne sont pas citoyens libyens. Vous avez donc des ressortissants étrangers qui quittent un pays qui n'est pas le leur, pour se rendre dans un autre qui ne l'est pas non plus.

Face à ce flux considérable, la communauté internationale a lancé une initiative de grande envergure, avec le concours de l'Organisation internationale pour les migrations et du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en l'occurrence un pont aérien humanitaire, si l'on veut, pour évacuer les dizaines de milliers de ces personnes vers leurs pays d'origine. Ce processus se poursuit encore. C'est l'un des plus grands ponts aériens humanitaires de toute l'histoire. Actuellement, une moyenne de 5.000 personnes quittent la Libye chaque jour, traversant les six frontières mais se rendant pour la plupart en Tunisie et en Égypte.

Le gouvernement des États-Unis s'est engagé à fournir quelque 47 millions de dollars en aide à la Libye, attribués à ce jour de la manière suivante : 13 millions à l'Organisation internationale des migrations pour appuyer son initiative d'évacuation aérienne ; 10 millions à différentes opérations du Programme alimentaire mondiale ; 7 millions au HCR en faveur surtout des réfugiés dans les camps, notamment ceux en Tunisie et en Égypte où se trouvent les travailleurs migrants étrangers ; 7 autres millions au CICR ; et 10 autres millions en faveur des ONG selon les besoins.

(...)

Question : Puis-je poser une question qui se rapporte à une autre déjà posée ? Envisagez-vous une situation où l'aide humanitaire serait distribuée avec le concours d'une escorte armée, d'une sorte quelconque, pour la protéger, qu'il s'agisse de contractuels ou de militaires américains ?

M. Bartolini : Pour autant que je le sache, et je précise, pour autant que je le sache, ce n'est pas le cas - il n'y a pas d'escortes militaires pour le moment.

M. Brigety : Si je me permets d'ajouter, le bureau chargé de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies a réitéré à maintes reprises qu'il n'avait pas besoin actuellement d'appui, d'appui militaire, pour acheminer l'aide humanitaire à l'intérieur de la Libye. Ses responsables continuent d'appeler au respect des lignes directrices d'Oslo, qui préconisent d'avoir recours à une aide militaire en dernier ressort seulement. Et comme Mark l'a déclaré, rien n'indique actuellement qu'il serait nécessaire de distribuer l'aide humanitaire sous escorte armée.

Question : Bien que Mouammar Kadhafi ait dit qu'il attaquerait même si - même les livraisons humanitaires, et il a - je veux dire, il a déjà fait cette déclaration très clairement - cela ne vous inquiète pas ?

M. Brigety : Bien sûr que cela nous inquiète. Et nous continuons à appeler non seulement à l'accès humanitaire dans toute la Libye mais aussi au respect de la neutralité des travailleurs humanitaires. Mais pour le moment, je le répète, le bureau de l'ONU a demandé - et évidemment, je vous encourage à lui poser la question directement - que l'opération humanitaire demeure de nature civile, pour un grand nombre de raisons, dont l'une des non moindres est d'éviter que l'aide ne soit associée avec un côté du conflit ou avec l'autre.

Question : Vous avez dit que votre objectif était d'éviter l'agglomération de réfugiés aux frontières égyptiennes et tunisiennes, mais nous avons vu dans les médias que ces grands groupements existent et s'accroissent de jour en jour. C'est pourquoi je me demande si vous déployez quelque effort pour faire face à ces situations aux frontières et quelles sont vos interactions avec les gouvernements égyptien et tunisien au sujet de ces camps ou du manque de camps ?

M. Brigety : Bien sûr. Permettez-moi de dire deux choses. Tout d'abord, pour revenir sur le point de votre question, Il y a à ce jour exactement 117.000 personnes qui ont été évacuées par avion. Quant à votre question, permettez-moi d'être un peu plus précis sur le langage utilisé, si je puis.

Question : Certainement.

M. Brigety : Nous faisons donc la distinction entre migrants et réfugiés. Les réfugiés sont des personnes qui fuient leur pays d'origine en raison d'une crainte bien fondée de persécution. Et il y a certains réfugiés - c'est-à-dire, deux catégories, les gens qui étaient déjà réfugiés en Libye après avoir fui l'Érythrée, le Soudan ou ailleurs, et qui maintenant ont fui aussi la Libye. Et puis il y a aujourd'hui le nombre croissant de Libyens qui fuient leur pays, pour la plupart quittant la région qui s'étend au sud des montagnes occidentales, comme Mark l'a mentionné auparavant.

Donc on s'occupe de ces personnes qui se trouvent dans des camps de transit établis surtout en Tunisie. Le gouvernement tunisien, je dois dire, a fait preuve d'une hospitalité extraordinaire à l'égard du grand nombre de personnes qui ont traversé la frontière et sont groupées sur de vastes secteurs. Je dois aussi faire remarquer que la logistique du terrain, la topographie, est importante. Alors que les camps de transit en Tunisie ne sont qu'à quelques kilomètres de la frontière avec la Libye, qui (inaudible) à quelques kilomètres de plus de l'aéroport de Djerba d'où les réfugiés sont évacués. En Égypte, la situation est différente. Le point de passage frontalier de Salum est à quelque 250 kilomètres de la ville la plus proche où on trouve un hôtel. Alors vous voyez que ces camps sont très, très reculés.

Nous travaillons de pair avec le gouvernement égyptien pour assurer que ces gens aient accès à des abris suffisants, mais honnêtement, il faudra quelque temps avant que ces abris ne soient construits et que l'on puisse s'occuper adéquatement de ces personnes. Mais nous continuerons à œuvrer de concert avec les deux gouvernements, tant pour assurer l'évacuation aussi rapide que possible des réfugiés que pour s'assurer qu'ils aient accès à des services de base, tels que des soins de santé, des abris et autres, et à de l'eau dans ces camps de transit.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)