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Les enjeux de l’élection de 2012 : cela vaut-il la peine de voter ?

13 septembre 2012
Des gens devant une rangée d’ordinateurs (Images AP)

Des membres de l’équipe de la campagne de réélection 2012 du président Obama, dont le siège est à Chicago.

Nous avons invité des démocrates et des républicains d’âge universitaire à discuter de la scène politique américaine et de la présidentielle de 2012.

Trois étudiants ont participé à notre chat organisé sur Facebook en juin 2012 : Logan Brog, responsable de la communication des démocrates du collège Dartmouth ; Benjamin Howard, bénévole de la campagne Obama à l’université de New York City ; et Aditi Ghai, vice-présidente des républicains du collège Harvard. Le directeur de la rédaction Andrzej Zwaniecki était le modérateur de la discussion.

Cet article fait partie de la revue électronique eJournal USA intitulée « Les jeunes votent ! Les élections américaines de 2012 ».

Question – Quel est le principe le plus important qui distingue votre parti de celui de vos adversaires politiques ?

Logan – Pour moi, le parti démocrate incarne la diversité américaine. Les démocrates préfèrent le progrès au conservatisme, considèrent que chacun a droit aux mêmes chances de réussite au regard de la loi, et sont favorables à un robuste filet social de sécurité pour protéger les plus désavantagés. Les démocrates cherchent en outre une solution au changement climatique mondial et prônent une politique étrangère certes pragmatique, mais fondée sur des principes moraux.

Aditi – J’adopte la conception humaniste de l’individu qu’avance le parti républicain, la conviction que chaque individu a la possibilité de façonner son propre avenir, de réussir selon son propre mérite, et de le faire sans interférence ni intervention indues du gouvernement. Cette idée rejoint le sentiment de « chance » qu’évoquait Logan. Je crois que ce concept est juste beaucoup plus large dans le programme républicain.

Benjamin - Les démocrates sont également convaincus de l’importance des chances offertes aux individus. C’est pourquoi nous soutenons l’éducation, l’assurance médicale ainsi que la réglementation financière et environnementale, qui donne aux gens des possibilités de réussir, même s’ils ne font pas partie des plus privilégiés. Les gens ont en effet souvent du mal à se prévaloir de leurs droits s’ils n’ont pas les moyens de le faire. C’est pourquoi nous, les démocrates, souhaitons niveler le terrain pour tous.

Aditi – Je ne pense pas que les démocrates aient le monopole de la défense des dossiers que vous venez de mentionner. Les républicains y sont également profondément attachés. C’est juste une question d’étendue et de priorité. On ne peut ignorer la réalité, à savoir que les ressources dont nous disposons sont limitées. Or allouer une somme excessive de ressources à un domaine particulier limite nécessairement les fonds disponibles pour les autres dossiers. Que vous vouliez définir ce phénomène entre deux grands dossiers, par exemple l’éducation et la santé, ou entre deux générations, les dégâts entraînés par une allocation excessive de ressources sont évidents.

Question – Votre génération atteint l’âge adulte à une période difficile de l’économie américaine. Pensez-vous que les élections de 2012 puissent y changer quelque chose ?

Aditi - Les scrutins eux-mêmes ne peuvent rien changer, mais les élus et les politiques qu’ils mettent en œuvre le peuvent. En clair, la réponse est oui. Je ne suis pas ignorante, et je ne crois pas non plus que l’actuel ralentissement économique soit le seul fait de notre président en exercice. Je suis cependant convaincue que la politique qu’il a mise en œuvre a exacerbé le fléchissement économique. Si l’on inversait ces mesures, je crois que beaucoup de choses s’amélioreraient.

Benjamin – Les démocrates, y compris le président, ont pris des mesures pour renforcer les chances de relance de l’économie, l’amélioration de la situation de l’emploi, et la survie du filet de sécurité sociale. Si le gouvernement ne contrôle pas entièrement les rouages de l’économie, voter pour le bon parti peut avoir une énorme influence.

Aditi – Les élections ont également beaucoup à voir avec le moral de la nation. Elles peuvent entraîner un changement psychologique et, conséquemment, déclencher de réelles transformations de notre économie et de notre bien-être social. Le président Obama n’a pas réussi à réconcilier son ordre du jour avec la réalité actuelle, ni à amener le changement promis. Il a donc eu une influence négative sur le moral de notre pays. Il est temps de voter pour quelqu’un qui peut remonter le moral des troupes, relancer l’économie et redorer le blason de notre pays sur la scène internationale.

Logan – L’élection présidentielle de 2012 sera conséquente. Les républicains menacent d’annuler la réforme de l’assurance maladie promulguée par le président Obama, laquelle prévoit de fournir une assurance médicale à des millions d’Américains qui en sont dépourvus. De nouvelles réglementations financières, qui protègent de nombreux Américains qui travaillent dur, sont également menacées. En outre, étant donné que de nombreux républicains « ne croient pas » au changement climatique, ils ne feront rien pour régler les grands problèmes environnementaux s’ils sont élus. Enfin, les démocrates sont favorables à un financement accru de projets d’infrastructures qui faciliteront le fonctionnement des milieux d’affaires.

Question – Pourquoi de jeunes Américains devraient-ils rejoindre les rangs des républicains ou des démocrates, plutôt que de voter pour les candidats qui représentent le mieux leurs vues ?

Aditi – Ils n’ont pas à le faire. Je pense que l’affiliation à un parti ne se justifie que lorsque le programme de celui-ci correspond à vos idées. Autrement, franchement, c’est stupide de devenir membre d’un parti et d’adopter ses vues. C’est contraire à l’esprit individualiste mentionné plus tôt. Je suis républicaine parce que je suis favorable à l’entreprise individuelle et à un gouvernement limité. Je ne soutiens pas ces idées parce que je suis républicaine.

Logan – Il y a trois raisons principales à envisager avant d’adhérer à un parti. Premièrement, dans de nombreux États, il faut être démocrate pour voter lors des primaires de ce parti, et il faut être républicain pour voter lors de la primaire républicaine. Deuxièmement, l’affiliation à un parti permet à l’individu d’influencer le programme de ce parti. Elle facilite en outre le travail de campagne et permet de se faire entendre. Enfin, de nombreuses personnes qui ont adopté un grand principe démocrate en acceptent généralement d’autres.

Benjamin – Je vais me contenter de rappeler que devenir membre d’un parti et influencer sa politique est un grand moyen de s’exprimer politiquement.

Question – Quelques idées pour conclure ?

Benjamin – S’engager politiquement et essayer d’influencer la conduite du gouvernement est un élément important de la fonction de citoyen. Pendant longtemps, le parti démocrate a lutté pour les droits des jeunes et a été le parti où ces derniers avaient le plus de chances d’accéder à des fonctions importantes et d’influencer les politiques qui façonnent leur vie.

Aditi – On dit que si vous n’êtes pas démocrate dès 20 ans vous manquez de cœur, et que si vous n’êtes pas républicain à 40 ans vous manquez de jugeote. Mais, tout particulièrement à notre époque, les promesses rassurantes et exagérées du parti démocrate ne suffiront pas à régler les problèmes de notre dette nationale de près de 16 mille milliards de dollars et de notre taux de chômage de 8,2 %. Je ne suis pas en désaccord avec les dossiers que Logan ou Ben ont évoqués. Je ne vois tout simplement pas comment ils peuvent s’engager sur tous ces dossiers en même temps, à moins que leur « engagement » ne soit que purement rhétorique, et non soutenu par des actions concrètes.

Logan – Le parti démocrate repose fondamentalement sur la responsabilité – prendre soin de son voisin, de son pays, de son environnent et de notre monde. Le progrès exige un engagement universel envers notre bien-être commun, et ce sont bien les idées politiques du parti démocrate qui nous permettront d’avancer vers cet objectif.

Une foule de jeunes arborant des posters de Mitt Romney

Des partisans du candidat républicain à la présidentielle, Mitt Romney, rassemblés à Boston en mai 2012.