par Mary-Katherine Ream
Pendant que nombre d’étudiants américains se reposent pendant les vacances de printemps, Jennifer Beltran travaille. Joueuse étoile de l’équipe de volley-ball de l’université de l’Illinois, elle passe ses vacances à aider à animer un camp de volley-ball pour les élèves d’une école primaire d’un quartier déshérité de Los Angeles.
« Je peux interagir avec eux, causer avec eux, et, avec un peu de chance, je peux être une inspiration pour eux », explique-t-elle.
Si elle est maintenant une étudiante et une athlète accomplie, elle a été élevée dans les quartiers pauvres de Los Angeles et elle connaît les difficultés de grandir dans un milieu sans beaucoup de ressources. Sa mère, Salvadorienne chef de famille monoparentale, avait du mal à joindre les deux bouts pour sa fille et elle.
« Je n’avais personne, pas de figure paternelle dont m’inspirer. Mon père biologique était là de temps en temps lorsque j’étais très jeune, mais ce n’était pas ce que ça aurait dû être », raconte Jennifer.
C’était avant de rencontrer Gustavo Beltran.
La figure paternelle
Gustavo travaillait comme aide à l’école maternelle de Jennifer lorsqu’il a appris qu’elle était fille unique d’une mère seule. Ne voulant pas qu’elle disparaisse dans le système comme de nombreux autres enfants du voisinage le faisaient, il a décidé de jouer le rôle de figure paternelle pour Jennifer. Il a commencé à s’occuper de sa garde après l’école, à l’aider à faire ses devoirs et à participer aux activités sportives.
Il ne lui a pas fallu longtemps pour se rendre compte des capacités athlétiques de Jennifer et de son attirance pour le volley-ball. Sa femme, Virna, et lui ont commencé à consacrer leur temps et leur argent à aider Jennifer à transformer son talent en une chance de réussite.
Jennifer se souvient que Gustavo et sa femme « étaient toujours présents, toujours à corriger toutes mes erreurs, toujours à m’encourager, toujours à me rappeler jusqu’où le volley-ball pouvait m’emmener et ce que je pouvais en tirer »
Les Beltran ont même fait faillite pour soutenir la carrière sportive prometteuse de Jennifer. « Ils ont fait des tas de choses pour moi qu’un parent normal ne ferait pas toujours pour son propre enfant », dit-elle.
Née Jennifer Bonilla, Jennifer a adopté le nom de famille de son mentor pour le remercier de tout ce qu’il avait fait pour elle. « Gustavo est comme un père pour moi », a-t-elle déclaré à ESPN.
Les possibilités
Le soutien psychologique et financier des Beltran a payé. Aujourd’hui, Jennifer est inscrite à l’université de l’Illinois, une des meilleures universités américaines pour athlètes, avec une bourse pour étudiants-athlètes. Grâce aux possibilités offertes par le volley-ball et les Beltran, elle reçoit gratuitement une éducation de qualité. Elle est la première de sa famille à aller à l’université.
« Très souvent, il est difficile pour les enfants de mon quartier de trouver des appuis comme ça et je comprends parfaitement pourquoi. J’ai eu la chance de trouver - (elle se corrige) - qu’une famille me trouve ».
Jennifer crédite Gustavo de l’avoir poussée vers le volley-ball, et ce sport de lui avoir offert des possibilités dont elle ne soupçonnait pas l’existence – notamment une éducation universitaire. Son premier objectif est d’obtenir un diplôme en kinésiologie – l’étude des mouvements humains. Ensuite, elle espère jouer à l’étranger dans l’équipe américaine professionnelle de volley-ball.
Lorsqu’elle ne poursuit pas ces objectifs, Jennifer rentre chez elle pour aider le camp de volley-ball.
« La raison pour laquelle je reviens est simple ; je voudrais que ces gosses aussi aient des possibilités. Je veux être un exemple et leur dire qu’eux aussi ils peuvent y arriver », précise-t-elle.
Son mentor, Gustavo, administre le camp.
Mary-Katherine Ream est rédactrice au Bureau des programmes d’information internationale du département d’État.
