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Publications

Équipe belge: le solaire ne coûte pas forcément cher

20 juin 2012
Une maison luisant dans la nuit (Stefano Paltera/U.S. Dept. of Energy)

Et la lumière fut: La maison solaire de l’équipe belge illumine le ciel de Washington. En participant au Décathlon solaire 2011, la Belgique a prouvé qu’il était possible de concilier rendement énergétique et esthétique.

Cet article fait partie de la revue électronique eJournal USA intitulée « Grandir vert ».

Des étudiants de l'université belge de Gand n’ont rien laissé au hasard avant de concevoir leur maison solaire. En septembre 2009, ils ont fait le voyage jusqu'à Washington pour voir en quoi consistait exactement le Décathlon solaire, « histoire d'y apprendre quelques trucs et astuces », précise l'un d'eux.

Organisé par le Département de l’énergie, le Décathlon solaire 2011 a réuni des équipes d’étudiants du monde entier. L’objectif de ce concours était de concevoir, construire et faire fonctionner la maison alimentée par énergie solaire qui soit la plus esthétique et offre le meilleur rapport coût-efficacité et le meilleur rendement énergétique.

Les maisons exposées sur le Mail national de Washington étaient superbement conçues et équipées de systèmes élégants faisant appel aux dernières technologies, qui rendent possible un mode de vie moderne sans la moindre émission de dioxyde de carbone. Séduisantes, certes, commente Michael Arens, étudiant de 24 ans à l'université de Gand, mais étaient-elles conçues pour un marché de masse ?

« On s'est tous posé la question, raconte-t-il : c'est vrai qu'il n'y a rien à redire question rendement énergétique, mais qui peut se permettre une telle dépense ? Alors, ça sert à quoi ? Du coup, on s'est fixé pour objectif de prouver qu'on pouvait construire une maison économe en énergie et à la portée de toutes sortes de bourses -- du moment que les gens sont d'accord pour modifier un peu leur façon de vivre. »

Après d'intenses séances de réflexion qui ont débouché sur la création de quatre prototypes possibles, ils ont fini par faire porter leur choix sur l'E-Cube, la maison solaire en préfabriqué à construire soi-même qui répond aux besoins vitaux fondamentaux tout en ménageant le portefeuille : pas de matériaux ni de revêtements coûteux. D'après les estimations des étudiants, dont l'équipe représentera la Belgique à Washington, l'E-Cube devrait coûter 268.000 dollars, appareils électroménagers et autres y compris, soit environ moitié moins que les maisons qui ont remporté les années précédentes le prestigieux concours.

Michael Arens et ses trois camarades ont retenu certaines caractéristiques de chacun de leurs quatre prototypes et les ont fusionnées en un seul projet, ce qui a été plus facile à dire qu'à faire. Aujourd'hui au nombre de sept, les membres de l'équipe de la Belgique ont appris à leurs dépens que les codes belges de la construction ne sont pas exactement compatibles avec les plans non conformistes et que la bureaucratie, en mettant des bâtons dans les roues, ralentit la progression des projets.

Mais au bout du compte, ils sont ravis du résultat.

Comme son nom l'indique, leur maison à deux niveaux a la forme d'un cube. L'E-Cube (« Energy Cube ») mesure 8 mètres sur 8 et propose une superficie habitable de 93 m2 très précisément, surface maximale autorisée par le règlement du concours. Simple, fonctionnelle et proposant deux chambres à coucher, cette maison donne en fait l'impression d'être plus spacieuse qu'elle ne l'est en raison de la hauteur du plafond de la salle de séjour et de son plan ouvert.

Sa forme compacte fait que la surface exposée aux éléments se trouve réduite. Conjuguée à l'absence de suppléments facultatifs (peinture et décorations, par exemple), cette sobriété explique le coût raisonnable de ce logement. L’association de matériaux qui évoquent la chaleur (le bois) avec d'autres qui traduisent une certaine froideur (l'acier) confère à l'E-cube une qualité esthétique unique et séduisante.

« On ne cherchait pas à faire un logement beau à couper le souffle ou qui ressemble à une maison classique, explique Michael Arens. Notre objectif, c'était de prouver qu'on peut vivre dans une maison écologiquement viable, économe en énergie et d'un coût abordable -- même s'il faut vivre un peu différemment. Je suis vraiment satisfait du modèle qu'on a fini par construire. Et en fin de compte, c'est sa simplicité qui fait son charme. »

Pour de plus amples renseignements sur l'E-Cube, consulter le site Internet consacré à ce projet.