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Publications

Construction d'éoliennes : le système D à l'œuvre

20 juin 2012
William Kamkwamba debout sur une éolienne (Tom Rielly)

Une éolienne faite main : au Malawi, William Kamkwamba produit de l’énergie éolienne à partir de morceaux de métal et de plastique recyclés.

Cet article fait partie de la revue électronique eJournal USA intitulée « Grandir vert ».

À l’âge de 15 ans, William Kamkwamba a fouillé de fond en comble la déchetterie de son village isolé de Wimbe, au Malawi.

La famille de William n’avait ni eau courante ni électricité. Ses proches passaient deux heures par jour à aller chercher de l’eau et se servaient de bougies à la paraffine pour s’éclairer. Il avait arrêté ses études au lycée car les frais de scolarité étaient trop élevés pour sa famille. Il continuait à s’instruire en passant ses journées à la bibliothèque. C’est là qu’il a trouvé les livres qui allaient véritablement changer sa vie, en particulier un livre orné d’une photo d’éoliennes en couverture.

« J’avais du mal à lire l’anglais, alors j’ai surtout appris en étudiant les images et les diagrammes », raconte William sur son blog, commencé en 2007, soit cinq ans après la construction de sa première éolienne, constituée de morceaux de métal et de plastique récupérés. Il a utilisé une turbine rouillée de tracteur comme rotor, une bicyclette cassée, des tuyaux en plastique et des morceaux de bois. Il a aussi eu à fabriquer lui-même ses marteaux, tournevis et rondelles.

La première éolienne que William a construite faisait près de cinq mètres de haut et produisait suffisamment d’électricité pour alimenter plusieurs ampoules électriques et un transistor. Il a depuis assemblé deux autres éoliennes pour la résidence de sa famille. Il a également installé un puits, afin que sa famille puisse irriguer son potager et cultiver des légumes toute l’année.

Mais William ne se contente pas d’aider sa famille. Son objectif est d’améliorer la vie de tous les habitants du Malawi. Depuis la construction des éoliennes, il s’est employé à prévenir le paludisme dans sa localité, à fournir de l’eau salubre au moyen d’une pompe alimentée par énergie solaire et à mettre en place un système d’irrigation au goutte à goutte.

William Kamkwamba a repris ses études et obtenu un diplôme de l’African Leadership Academy de Johannesburg (Afrique du Sud). Il a ensuite participé à la rédaction d’un livre, intitulé Le garçon qui dompta le vent. Il a raconté son expérience lors de conférences organisées dans le monde entier, par exemple au Forum économique mondial, TEDGlobal et bien d’autres. De son action est née une organisation non gouvernementale, Moving Windmills, qui appuie des projets de développement économique et d’éducation en milieu rural au Malawi. Cette organisation a participé à la reconstruction de l’école primaire de William, située à Wimbe, qui est maintenant alimentée par énergie éolienne et solaire.

William fait maintenant des études d’ingénieur à Dartmouth College, situé à Hanover, dans le New Hampshire. Il en est à sa deuxième année. Âgé de 24 ans, il a pour ambition de créer une entreprise qui fournira « une alimentation électrique fiable » au Malawi, notamment grâce à des sources d’énergie renouvelables. « Je vais mettre à profit mes connaissances d’ingénieur pour mieux tirer partie de l’énergie éolienne et solaire », explique-t-il. À l’heure actuelle, seuls 2 % des habitants des régions rurales du Malawi ont l’électricité.