En 2011, notre planète a franchi la barre des 7 milliards d'habitants. Elle pourrait en abriter 9 milliards au milieu du XXIe siècle. Maintenant que les enfants sont plus nombreux à atteindre l’âge adulte et que l’espérance de vie de la population s’accroît, les ressources mondiales tendent à s’épuiser. Nous sommes mis au défi d’apprendre de nouveaux modes de vie pour donner aux générations à venir la possibilité de jouir des mêmes avantages que nous.
Le « développement durable » pourrait bien être l’élément essentiel qui permettra de satisfaire les besoins actuels sans compliquer aux générations à venir la tâche de satisfaire les leurs. Tout le monde devrait pouvoir vivre pleinement sa vie - et connaître santé, richesse et sagesse - sans nuire à l’environnement ou empêcher ses semblables de vivre bien, que ce soit maintenant ou à l’avenir.
La force par l’action
Plus de la moitié de la population mondiale a moins de vingt-cinq ans, et environ 85 % des jeunes vivent dans les pays en développement. Toutefois, ce n’est pas uniquement leur nombre qui fait leur force.
Des millions de jeunes indiquent clairement qu’ils ne veulent pas hériter d’un monde menacé par les changements climatiques, la pauvreté et la maladie ni le transmettre à leurs descendants. Énergiques, créatifs et persistants, ils cherchent à mieux concilier la croissance économique et la protection de l’environnement.
Et pour garantir un avenir durable, ils trouvent de multiples façons de militer pour des changements.
Prenez l'exemple d'Adeline Tiffanie Suwana, une jeune Indonésienne âgée de quinze ans. À l’âge de dix ans, elle a créé sa propre association écologique qu’elle a dénommée Sahabat Alam (Amis de la nature). Cinq ans plus tard, son association compte près de 2.000 membres répartis à travers l’Indonésie. Son travail remarquable lui a valu une renommée et des honneurs au niveau international. Il porte notamment sur la gestion d’un site Internet primé et la production d’une émission de télévision (voir « Sahabat Alam: protéger la Terre »). Outre leur action visant à informer les jeunes, les membres de Sahabat Alam mettent en pratique ce qu’ils préconisent en nettoyant des plages, en créant des récifs de coraux et en plantant des palétuviers.
Un avenir plus vert, cela se prépare
L’éducation est aussi un autre moyen qui aide les jeunes à trouver des solutions durables. Pour réussir en tant que créateurs d’entreprise et innovateurs dans une société durable, les jeunes d’aujourd’hui doivent acquérir des connaissances et des compétences dans des domaines tels que les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques. Grâce à ces outils, ce qui était naguère inconcevable devient maintenant possible.
On peut citer à titre d’exemple les travaux d’une équipe de quatre étudiants de l’université américaine de Sharjah, aux Émirats arabes unis, qui ont trouvé le moyen de transformer le bruit en énergie. Ces étudiants ont décidé d’exploiter une source d’énergie que très peu de gens avaient envisagée jusqu’ici. Leurs résultats sont étonnants (voir « Le bruit, source d’électricité »).
Une innovation extraordinaire n’a pas besoin d’être extraordinairement compliquée. Un étudiant d’une zone rurale de l’Inde a ainsi créé un dispositif qui peut produire de la lumière à l’aide d’un moteur de tracteur (voir « L’innovation au secours de l’éclairage en Inde »). Un adolescent du Malawi a, lui, construit un moulin à vent à partir de pièces détachées récupérées dans une déchetterie (voir « Construction d'éoliennes : le système D à l'œuvre »).
Aider les gens, protéger la planète
Les jeunes montrent aussi qu’il est possible d’aider son prochain et de protéger en même temps notre planète. Un groupe d’adolescents américains ont mis sur pied un programme qui fait d'une pierre deux coups : il fournit une source de chaleur à des familles démunies et recycle des huiles de cuisson usagées (voir « Se chauffer à l'huile de friture »). Au Mexique, de jeunes entrepreneurs ont créé une entreprise de covoiturage parce qu’ils souhaitaient améliorer la qualité de vie dans leur pays (voir « Le covoiturage : moins de circulation et moins de pollution »).
Les jeunes comprennent aussi que le développement durable n'est pas un luxe : c'est une nécessité. Les solutions n'ont pas besoin de coûter les yeux de la tête. Par exemple, un créateur d’entreprise au Kenya a mis au point un four solaire qui permet à des villageois de faire la cuisine sans avoir à aller chercher du bois ou à produire de la fumée et du gaz carbonique, et ce pour 5 dollars seulement (voir « Cuisine solaire : une solution économique et écologique »).
Des étudiants belges ont démontré que la pérennité pouvait allier un prix bon marché et l'élégance. Leur maison solaire, baptisée l’e-Cube, a été primée. Elle prouve qu'on peut faire rimer esthétique et rendement énergétique, avec une empreinte écologique nulle (voir « Équipe belge : le solaire ne coûte pas forcément cher »).
Préparer dès aujourd’hui des lendemains meilleurs
Il est essentiel que les jeunes s'impliquent dans le développement durable pour que puisse se matérialiser le rêve d'un avenir plus vert, riche en possibilités et en ressources pour tous. Les problèmes écologiques, économiques et sociaux auxquels nous nous heurtons à l’heure actuelle exigent non seulement une coopération internationale, mais aussi des initiatives individuelles, et les jeunes sont en mesure de favoriser ces deux formes d’action. Les jeunes d’aujourd’hui seront les dirigeants de demain. Comme nombre d’entre eux l’ont déjà montré, il n’est jamais trop tôt pour prendre les commandes.

