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Publications

Californie : une nouvelle approche face aux changements climatiques

30 septembre 2011
Arnold Schwarzenegger (AP Images)

Le gouverneur de la Californie, M. Arnold Schwarzenegger s'adresse aux participants d'une conférence sur le changement climatique à San Francisco en 2006.

Cet article fait partie du numéro de l'eJournal USA intitulé « Les actions climatiques locales ».

Terry Tamminen

Terry Tamminen est président de la société de conseil Seventh Generation Advisors (SGA), qui aide les gouvernements du monde entier à déployer des politiques d'énergie propre et de lutte contre les changements climatiques. Ancien secrétaire général de l'Agence pour la protection de l'environnement de l'État de Californie sous l'administration du gouverneur Arnold Schwarzenegger, M. Tamminen fut le principal architecte de la loi californienne de solutions au réchauffement climatique (loi de 2006 dite AB32). Cette loi a mis en place un programme holistique de réduction des émissions de gaz à effet de serre de toutes origines en Californie. Elle impose une réduction des émissions californiennes à leur niveau de 1990 d'ici 2020. Elle fixe également des plafonds obligatoires aux émissions dès 2012.

Adoptée en 2006, la loi californienne de solutions au réchauffement climatique vise à la réalisation de progrès importants en Californie et dans le monde. Alors gouverneur de la huitième économie mondiale, Arnold Schwarzenegger savait que la stratégie de lutte contre le réchauffement climatique adoptée par la Californie aurait un impact sur l'ensemble des États-Unis comme dans le reste du monde.

Lorsque nous avons soumis le projet de loi aux législateurs californiens, nous avons été confrontés à l'opposition habituelle des industriels, qui craignaient que de nouvelles obligations n'entraînent une hausse des coûts des entreprises. Nous avons toutefois pu leur démontrer que les mesures de lutte contre le changement climatique, notamment l'efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables et des carburants alternatifs, et la mise en place d'un système de négoce des crédits carbone, permettraient de relancer l'économie et de créer des milliers d'emplois. Pour de plus amples informations sur la législation climatique de la Californie et les créations d'emplois, voir : « Cisco : California's Climate Legislation Is Good for Business » [Cisco : la législation de la Californie sur le climat est bonne pour les affaires].

La Californie, source d'inspiration

D'autres États fédérés ont suivi l'exemple de la Californie depuis l'adoption de la loi AB32 il y a cinq ans. La politique californienne de lutte contre le changement climatique a incité une majorité des États des États-Unis à prendre des mesures de même nature. De nombreux États ont développé des plans d'action climatique prévoyant des objectifs précis de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Certains ont également adopté des normes de production renouvelable, afin d'imposer au secteur de l'électricité de générer une partie de sa production au moyen de sources d'énergie propres. D'autres textes législatifs ont été adoptés dans les domaines des transports, de l'efficacité énergétique et des autres problématiques touchant au climat.

Pris dans leur ensemble, ces efforts ont eu un impact significatif sur les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. Ils aident également le pays à atteindre l'objectif d'émissions annoncé par le président Obama en 2010 lors du sommet de Copenhague sur le climat, à savoir une réduction des émissions de 17 % d'ici 2020 par rapport au niveau de 2005. De fait, les émissions américaines diminuent depuis 2007, principalement en raison de la récession économique. Le ministère de l'énergie des États-Unis (DOE) estime de son côté que les émissions du pays devraient augmenter beaucoup plus lentement à l'avenir que cela n'était le cas au cours des décennies précédentes, grâce aux investissements actuels consacrés aux technologies propres et renouvelables et aux carburants alternatifs.

La Californie, acteur international

La dynamique californienne a également servi d'exemple à l'étranger. En septembre 2009, la Californie et plus de trente autres États des États-Unis ont organisé à Los Angeles le premier Sommet des gouverneurs sur le changement climatique mondial. Cet événement a rassemblé 1.200 participants venus du monde entier. Le sommet a examiné les actions entreprises au niveau local comme au niveau des États. Il a également examiné comment ces activités contribuent à un développement économique respectueux de l'environnement et durable, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Lors d'un sommet organisé l'année suivante, le gouverneur Schwarzenegger s'est associé à d'autres dirigeants pour annoncer la création du R20 (Régions pour l'action climatique). L'objectif du R20 est de développer et mettre en œuvre des projets faiblement carbonés et respectueux du climat dans le cadre d'une coopération entre les administrations locales des différents pays du monde. Le R20 estime que le développement d'une économie verte permettrait de réduire les émissions d'oxyde de carbone de 75 % d'ici 2020 et de limiter le réchauffement planétaire à 2°, objectif dont les chercheurs considèrent qu'il contribuerait à prévenir un changement climatique catastrophique.

Une dynamique durable

Comme on pouvait s'y attendre, certains ont cherché à enrayer la dynamique amorcée par la loi californienne sur les changements climatiques. C'est ainsi qu'une proposition soutenue par les compagnies pétrolières a été soumise aux électeurs dans le cadre d'un référendum organisé en novembre 2010. Ce texte, dit Proposition 23, cherchait à différer la mise en œuvre de la loi AB32 jusqu'à ce que le taux de chômage de la Californie tombe en-dessous d'un certain seuil. Les électeurs californiens ont rejeté cette initiative avec une marge de 24 %, démontrant ainsi les valeurs auxquelles ils sont attachés : une économie verte, l'emploi et un environnement sain.

La loi AB32 est un texte révolutionnaire, parce qu'elle établit par voie législative une feuille de route pour une action intégrée face aux changements climatiques. Ayant participé à la rédaction de la loi, et après avoir constaté la façon dont elle a servi de modèle aux États-Unis comme dans le reste du monde, je crois plus que jamais que les actions entreprises au niveau local comme au niveau des États fédérés auront un impact très important sur la réduction des émissions.

La Californie joue son rôle en tentant de maîtriser le problème des changements climatiques, dont la dimension est véritablement mondiale.

Kristina Haddad et Sasha Abelson (SGA) ont contribué à la préparation de cet article.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)

Deux hommes observent des panneaux photovoltaïques. (AP Images)

La centrale d'énergie solaire Vaca-Dixon de la société Pacific Gas and Electric, aux environs de Vacaville (Californie).