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Publications

Des siècles de progrès

La théorie des droits de l'homme débuta avec le philosophe anglais John Locke

20 janvier 2011

(L'article suivant est extrait de la publication du département d'État Les droits de l'homme en bref.)

Traditionnellement, dans tous les groupes humains, des habitants des forêts aux citadins raffinés, existent des notions de justice, d'équité, de dignité et de respect. Mais avant le XVIe siècle la notion que tous les êtres humains possèdent certains droits inaliénables pour se protéger de la société et de ses dirigeants était une conception minoritaire.

Nombre de sociétés prémodernes estimaient que les souverains avaient l'obligation de gouverner avec sagesse et dans le souci du bien commun. Toutefois, on considérait que cette obligation émanait d'un commandement divin ou de la tradition. Elle ne reposait pas sur un concept de droits de l'homme que tout citoyen ordinaire pouvait invoquer pour se défendre face à des dirigeants injustes.

Une théorie réservée à certains

Le premier à avoir élaboré une théorie approfondie des droits de l'homme est le philosophe anglais John Locke (1632-1704).

Locke affirme que les individus s'organisent en sociétés et que les sociétés se donnent des gouvernements afin d'assurer la jouissance des droits « naturels ». Il définit le gouvernement comme un « contrat social » entre gouvernants et gouvernés. Selon lui, les citoyens ne sont contraints de faire acte d'allégeance que si le gouvernement garantit les droits de l'homme. Ces droits peuvent même l'emporter sur les impératifs et les intérêts du gouvernement. Ce dernier ne peut trouver sa légitimité que s'il respecte et protège systématiquement les droits des citoyens.

Toutefois, la théorie de Locke avait ses limites. Malgré l'universalisme de ses écrits, il ne considérait pas les droits de tous les citoyens, mais se concentrait sur la protection des droits des Européens de sexe masculin et propriétaires de biens. Les femmes, de même que les populations indigènes, les domestiques et les employés à gages, n'étaient pas considérées comme détenteurs de droits. Néanmoins, la pensée de Locke et d'autres philosophes de son temps représenta une avancée capitale.

L'extension des droits

Nombre de grandes luttes politiques au cours des deux derniers siècles portaient sur l'élargissement des droits. Cela comprenait l'extension du droit de vote à tous les citoyens, la permission accordée aux travailleurs de se syndiquer pour améliorer leurs salaires et leurs conditions de travail, et l'élimination de la discrimination fondée sur la race ou le sexe.

Dans chacune de ces situations, les groupes privés de droits firent usage de leurs libertés restreintes pour obtenir la reconnaissance légale des droits fondamentaux qui leur étaient encore refusés. Dans chaque cas, l'argument invoqué était que chacun de nous est un être humain au même titre que les autres. Et que nous pouvons donc tous prétendre aux mêmes droits fondamentaux, ainsi qu'à l'attention et au respect de l'État. Le simple fait d'admettre ce genre d'argument a entraîné des changements sociaux et politiques radicaux dans le monde entier.

Sur toute la surface du globe, les régimes qui avaient refusé d'accorder à leurs citoyens les droits de l'homme fondamentaux firent face à une instabilité prolongée. L'une des causes importantes de l'effondrement de l'Union soviétique fut le refus croissant opposé par les citoyens du bloc communiste à des régimes qui leur déniaient systématiquement les droits de l'homme reconnus par la communauté internationale. En Amérique du Sud et en Amérique centrale, des gouvernements militaires répressifs furent renversés pendant les années 1980. En Asie et en Afrique, les progrès de la libéralisation et de la démocratisation ont été moins réguliers mais néanmoins réels. Ainsi, la Corée du Sud et l'Afrique du Sud constituent deux exemples remarquables de l'avancée des droits de l'homme.

La leçon qu'il faut tirer du passé récent est que partout où les peuples ont l'occasion de faire un choix, ils choisissent les droits de l'homme. Et malgré les imperfections de la réalité présente, les gouvernements semblent moins nombreux que jamais à oser refuser ce choix à leur peuple.

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/fr/)