En 2009, la présidence a changé de main à la Maison-Blanche, dans un contexte de crise profonde. Néanmoins, la nouvelle équipe a démarré sur un ton résolument optimiste, proclamant au monde sa confiance en la « bonne gouvernance » en tant que fondement de la démocratie, de la justice sociale et du développement économique.
C'est ainsi qu'à son passage au Ghana, le président Obama a déclaré : « Je ne doute pas que l'Afrique détient la promesse d'une base plus large de prospérité grâce à une meilleure gouvernance. »
Le principe de la bonne gouvernance occupe une place croissante dans la politique des États-Unis en matière d'aide au développement. Le dernier-né des organismes américains d'aide au développement, la Société du compte du millénaire (MCC), exige que les pays bénéficiaires remplissent un certain nombre de critères en matière de bonne gouvernance. Dans le présent numéro d'eJournal USA, de hauts responsables de cet organisme expliquent cette nouvelle ligne d'action et la manière dont elle diffère de la précédente. En outre, des articles donnent un aperçu de l'application de cette ligne d'action.
Les dirigeants de nombreux pays reconnaissent de plus en plus qu'il existe une relation de cause à effet entre la stabilité, l'honnêteté et la constance d'un gouvernement et la prospérité du pays. Dans les pages suivantes, des dirigeants africains indiquent ce qu'ils pensent de la bonne gouvernance, et un autre responsable africain explique comment l'amélioration de la politique commerciale peut offrir de nouvelles possibilités dans le domaine économique. Un économiste péruvien éminent montre que la meilleure gouvernance peut se traduire par l'accession à la propriété des démunis, ce qui leur permet d'échapper à la pauvreté. Des milliards de personnes à travers le monde peuvent connaître une prospérité accrue au moyen des mêmes méthodes, dit-il. Par ailleurs, un représentant du milieu des affaires décrit les conditions qui doivent exister en matière de bonne gouvernance si l'on veut que de grandes sociétés investissent dans les pays en développement.
En guise d'entrée en matière, nous donnons une définition de la bonne gouvernance en tant que méthode « participative, axée sur le consensus, responsable, transparente, adaptée aux besoins, efficace, équitable, intégrative et conforme à la règle de droit. Elle garantit que la corruption est réduite au minimum, que l'on tient compte de l'opinion des minorités et que l'on écoute, lors de la prise de décisions, les voix des personnes dont la situation est la plus vulnérable dans la société. » Cette définition est extraite d'une publication des Nations unies parue il y a deux ans et elle est souvent citée.
En nous documentant sur ce thème, nous avons également appris que la bonne gouvernance assurait l'ordre et la sécurité sans entraver les individus alors qu'ils cherchaient de nouvelles possibilités et qu'ils exprimaient leurs idées. La bonne gouvernance se fonde sur la conviction selon laquelle les personnes qui réussissent et qui prospèrent deviendront à leur tour des agents de prospérité, notamment en créant des emplois et en servant d'exemples.
La bonne gouvernance est comme un joyau qui brille en pleine lumière, sans nulle nécessité de dissimulation ou de subterfuge. Elle dispense la justice également, sans tenir compte de la richesse, du statut social ou des relations des personnes en cause. Elle n'est ni capricieuse ni arbitraire, mais constante et prévisible. Elle s'applique de la même manière à tous les habitants quelles que soient leur classe sociale, la couleur de leur peau et leur religion.
La rédaction
