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Brochures

PEPFAR : Dix ans de progrès

30 septembre 2013
Couverture de la brochure montrant des fioles et une scientifique manipulant un compte-gouttes

Télécharger la brochure à droite.

À la fin du siècle dernier, l’épidémie du VIH/sida était à son paroxysme et faisait des ravages dans le monde entier. L’Afrique subsaharienne était particulièrement touchée par l’épidémie, qui laissait derrière elle d’innombrables orphelins et décimait une génération presque entière. Il fallait agir. Pour combattre l’épidémie, le président des États-Unis, George W. Bush, a lancé le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) en 2003.

L’année 2013 marque une décennie de progrès remarquables sous l’égide du PEPFAR. Déployé dans 80 pays pour aider les populations à se prémunir contre ce virus mortel, il a permis à au moins 1 million de nouveau-nés de mères porteuses du VIH d’éviter une contamination accidentelle à la naissance, et il fournit aujourd’hui des médicaments antirétroviraux à plus de 5 millions de patients qui n’auraient pas les moyens de se les procurer autrement.

Les recherches financées par les Instituts nationaux de la santé des États-Unis (NIH) ont donné les orientations nécessaires aux programmes de traitement et de prévention du PEPFAR. Par exemple, une étude soutenue par NIH à Haïti a révélé que les patients dans des sites aux ressources limitées étaient capables de respecter scrupuleusement des traitements antirétroviraux compliqués, et une étude multipays a démontré que les patients étaient d’autant moins susceptibles de contaminer leurs partenaires sexuels qu’ils avaient commencé le traitement antirétroviral dès que leur séropositivité avait été diagnostiquée.

Des scientifiques étrangers qui ont joué un rôle décisif dans ces études cruciales, beaucoup avaient été formés au Fogarty International Center du NIH. En formant des médecins et des scientifiques qui rentrent ensuite dans leurs pays, le Fogarty International Center contribue à renforcer la capacité des pays à améliorer les soins de santé à long terme.

Le renforcement de la capacité sanitaire en Afrique

Lorsque le PEPFAR, à l’origine un programme d’intervention d’urgence, a amorcé le passage à un modèle destiné à s’inscrire dans la durée, ses responsables ont voulu donner aux pays les moyens de maîtriser eux-mêmes leurs programmes de lutte contre le VIH/sida. À cette fin, le PEPFAR a lancé l’initiative MEPI (Medical Education Partnership Initiative) en 2010. Elle a pour vocation d’accroître la qualité, la quantité et la rétention du personnel de santé dans 12 pays d’Afrique subsaharienne. NIH y alloue des financements et contribue à l’administrer par l’entremise du Fogarty International Center.

Le PEPFAR et la MEPI transforment les prestations de soins de santé et les capacités de recherche à de nombreux égards. Grâce à la MEPI, les contenus d’enseignement des facultés de médecine sont renforcés, notamment par le recours au numérique, qui permet l’apprentissage à distance à l’aide de vidéos de démonstration de techniques médicales. Ces établissements modernisent leur connexion Internet, ce qui facilite l’accès aux revues professionnelles récentes et la constitution de bibliothèques virtuelles comprenant des outils d’apprentissage. Ils élaborent des programmes destinés à accroître l’expertise dans des domaines négligés, tels la médecine d’urgence, les interventions chirurgicales, le cancer et les maladies cardiaques. Ils donnent à leurs étudiants la possibilité de s’entraîner à pratiquer diverses procédures sur des mannequins. Ils embauchent davantage d’enseignants, et le nombre d’étudiants qu’ils accueillent affiche une hausse spectaculaire. Notons enfin que les enseignements tirés et les ressources sont partagés parmi tous les membres du réseau MEPI.

L’appropriation locale : le moyen de pérenniser les acquis

La rétention du personnel représente un défi majeur pour de nombreuses institutions africaines, qui pâtissent de la fuite des cerveaux provoquée par la perspective de salaires plus élevés à l’étranger. Une partie des fonds de la MEPI est réservée à l’appui de projets de recherche, dans l’intention non seulement d’étendre les activités de la formation et d’accumuler des données pertinentes pour le pays en question, mais aussi d’inciter les professeurs de médecine à rester sur place et à contribuer ainsi au maintien de la capacité médicale. La dotation en personnel dans les dispensaires situés en milieu rural, là précisément où vivent la majorité des Africains, constitue une autre difficulté de taille. Pour la pallier, les bénéficiaires de la MEPI s’efforcent de mettre sur pied des moyens de formation et de recruter des étudiants dans la collectivité parce qu’ils seront plus susceptibles d’y rester quand ils auront fini leurs études.

Comme les subventions de la MEPI sont versées directement aux institutions africaines, c’est aux responsables africains qu’il incombe de décider de la manière d’attribuer les financements en fonction des besoins de leur pays, ce qui accroît le sentiment d’appropriation. Les institutions bénéficiaires travaillent en étroite collaboration avec les ministères concernés pour veiller à ce que leurs objectifs soient conformes aux priorités du pays et s’assurer du soutien du gouvernement.

Grâce au PEPFAR et à la MEPI, l’avenir semble bien plus radieux qu’il ne l’était il y a dix ans. Aujourd’hui, on peut vraiment envisager l’avènement d’une génération affranchie du sida.

Le texte ci-dessus est une adaptation de la tribune du docteur Roger I. Glass publiée à l’occasion du 10e anniversaire du PEPFAR.