Narrateur
En février 2012, le département d'État a effectué une mission commerciale dans le secteur de l'énergie au Mozambique, en Tanzanie, au Nigéria et au Ghana. La délégation du gouvernement des États-Unis incluait aussi des cadres du secteur privé, qui ont rencontré de hauts fonctionnaires et des chefs d'entreprise des pays hôtes pour discuter des investissements dans la production d'électricité et la fourniture de combustibles. Cette tournée était coparrainée par le Corporate Council for Africa, organisation privée qui rassemble des partenaires commerciaux potentiels et qui cherche à attirer l'attention des investisseurs américains sur l'Afrique.
Selon de hauts responsables du département d'État, les États-Unis sont prêts à élargir considérablement leurs activités commerciales en Afrique. Le moment est particulièrement bien choisi pour que les entreprises américaines investissent dans le développement de l'Afrique à l'échelle du continent.
La secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a insisté sur ce point pendant la première conférence du département d'État dans la série « Global Business Conference », qui s'est tenue à Washington les 21 et 22 février. Cet événement a rassemblé des représentants des milieux d'affaires de plus d'une centaine de pays qui ont réfléchi ensemble aux moyens par lesquels le gouvernement des États-Unis peut les aider à réaliser de bons investissements à l'étranger.
La secrétaire d'État Clinton
J'ai fait de la « diplomatie de l'emploi » une mission prioritaire au département d'État, avec un objectif clair : tout comme nos entreprises sont prêtes à damer le pion à leurs rivales, qu'il s'agisse de capacité de travail, d'innovation ou de concurrence, nous comptons bien nous aussi être les champions de la prospérité et de la croissance les plus efficaces dans le monde de la diplomatie. À cette fin, nous améliorons la formation de nos diplomates dans le domaine de l'économie, des finances et des marchés, et nous collaborons plus étroitement avec nos collègues dans l'ensemble du gouvernement afin de tirer parti des compétences et des ressources les meilleures qui soient.
Narrateur
Le Fonds monétaire International mise sur un taux de croissance économique en Afrique de près de 6 % en 2012. Les États-Unis continuent de jouer un rôle actif dans les activités visant à intégrer les populations africaines à l'économie mondiale, dans le cadre non seulement des programmes d'aide à l'étranger mais aussi des initiatives telles que la Société du compte du millénaire et l'AGOA, la loi sur les possibilités et la croissance économiques en Afrique, qui cherche à donner aux Africains les moyens de bâtir des économies prospères et durables. Le secrétaire d'État adjoint chargé des affaires africaines, Johnnie Carson, conduisait la délégation. Il dit que les entreprises américaines voient de nouvelles occasions se présenter.
Le secrétaire d'État adjoint Carson
Nous sommes déterminés au département d'État à faire tout notre possible pour favoriser la croissance des économies africaines. Les entreprises américaines sont de plus en plus conscientes des possibilités qui existent en Afrique. Nous pensons que tous ces pays ont une capacité de croissance énorme, un potentiel énorme, et que les investisseurs américains peuvent aller dans tous ces endroits et agir en partenariat avec la population locale et les milieux d'affaires pour développer les économies, les rendre plus fortes, leur faire tenir une place plus importante dans la sphère économique mondiale et accroître leur capacité en matière d'échanges transnationaux, d'alimentation en électricité et de débouchés économiques pour leurs citoyens, dans leur pays.
Narrateur
Depuis 2006, les investissements directs étrangers des États-Unis ont pratiquement doublé. À l'appui de cette tendance, le gouvernement des États-Unis encourage la croissance économique en Afrique par le biais d'investissements publics-privés et de projets de développement.
James Wilson
Nous avons visité quatre pays -- le Mozambique, la Tanzanie, le Nigéria et le Ghana. Nous avons rencontré principalement des fonctionnaires pour mieux comprendre le cadre juridique et réglementaire des investissements et de la production d'électricité.
Narrateur
James Wilson est coordonnateur principal chargé de la promotion des échanges et de la politique commerciale dans le Bureau des affaires africaines du département d'État.
James Wilson
Le secrétaire d'État adjoint Johnnie Carson rêvait d'organiser une mission commerciale qui ferait venir des entreprises américaines capables de développer des installations de production, de distribution et de transmission d'électricité en Afrique parce que les besoins du continent sont si grands dans ce domaine. À l'échelle du continent, moins de 20 % des Africains ont un accès fiable à une source d'électricité d'un prix relativement abordable. À la base, le secrétaire d'État adjoint voulait amener des entreprises américaines à jouer le rôle qu'elles peuvent pour élargir l'infrastructure énergétique en Afrique.
Narrateur
La mission commerciale du mois de février a encouragé les entreprises à se familiariser avec l'évolution du climat des affaires en Afrique et avec les possibilités qui n'existaient pas il y a cinq ans seulement. La délégation de la mission commerciale incluait des représentants d'Anadarko Petroleum, Caterpillar, Chevron, Energy International, General Electric, Pike Enterprises, Strategic Urban Development Alliance LLC, Symbion Power et Zanbato Group. Y participaient également des représentants de l'U.S. Export-Import Bank, de l'Agence des États-Unis pour les échanges et le développement et du Bureau des ressources énergétiques du département d'État.
Nils Tcheyan
On observe une construction massive d'infrastructures en Afrique -- énergie, routes, ports, chemins de fer -- et les travaux vont se faire au cours des 10 à 15 ans qui viennent. Il est très important que les entreprises américaines soient sur le terrain maintenant.
Narrateur
Nils Tcheyan est directeur des affaires gouvernementales et de la politique envers l'Afrique à la société General Electric. Il a pris part à la mission commerciale, et nous lui avons demandé pourquoi l'Afrique avait une telle importance pour les investisseurs internationaux.
Nils Tcheyan
J'ai passé beaucoup de temps en Afrique, et je connaissais les pays que nous avons visités. Ce qui m'a pourtant surpris, c'est la vaste gamme d'activités économiques et d'investissements qui existe. Dans une tournée comme celle-là, où on se déplace avec d'autres entreprises qui regardent ces pays et la région, on ressent la portée des possibilités et les contributions que peut faire chacun des partenaires. Nous considérons que des entreprises comme GE peuvent apporter des avantages véritables à l'Afrique, et beaucoup de pays africains, les gouvernements et le secteur privé sont très désireux de voir les États-Unis élargir considérablement leur présence.
Narrateur
La mission commerciale portait spécifiquement sur les investissements dans les installations de production d’électricité et dans la fourniture de combustibles pour pouvoir répondre aux besoins des Africains en matière d’alimentation électrique fiable et d’un prix abordable. Le manque de fiabilité dans ce domaine constitue une entrave considérable au développement de l’Afrique. Cela revient pratiquement à une taxe parce que, pour compenser, les entreprises doivent investir dans des blocs électrogènes qui leur coûtent cher. Qui plus est, l’infrastructure énergétique africaine a des exigences très diverses. Écoutons Jim Wilson, du département d’État.
Jim Wilson
Parmi ce qui a impressionné les membres de la mission commerciale, c’était l’ampleur des domaines dans lesquels le secteur privé pourrait se rendre utile. Je crois qu’on est arrivé en se disant qu’on construirait de grandes centrales connectées au réseau. Mais on s’est vite rendu compte que, si les grands projets s’avèrent effectivement nécessaires, les petits projets hors réseau s’imposent aussi, en particulier en milieu rural.
Narrateur
L’établissement d’une infrastructure énergétique moderne en Afrique est peut-être la question la plus importante pour la région. Si les entreprises africaines pouvaient être alimentées en électricité comme le sont les entreprises aux États-Unis, elles pourraient faire des produits bon marché pour les marchés locaux et d’exportation. Pour que cela se passe, le cadre réglementaire doit être réformé, et les institutions doivent être renforcées. Nils Tcheyan, de la société General Electric, cite plusieurs mesures que peuvent prendre les gouvernements africains.
Nils Tcheyan
L’une consiste à continuer d’appliquer de bonnes politiques macroéconomiques, ce qui est très important pour la stabilité du climat des affaires. Une deuxième chose à faire, c’est d’améliorer la passation des marchés – tenir compte du cycle de vie des biens, autrement dit se placer non pas seulement dans la perspective de la dépense en capital pour faire venir l’équipement dans le pays maintenant, mais aussi dans celle des coûts d’entretien et de la performance de l’équipement, qui peut rester en place pendant parfois 10 ou 20 ans, ce qui est le cas des générateurs thermiques de grande taille, des générateurs alimentés au gaz et des turbines. Et troisièmement, je crois que tout ce qu’on peut faire pour améliorer le climat des affaires – le cadre juridique applicable aux producteurs d’électricité indépendants, le cadre juridique du règlement des litiges, la transparence du climat des affaires, l’amélioration des services bancaires et financiers – tout cela aidera certainement à maintenir et à développer le flux des investissements américains.
Robert Perry
Dans les quatre pays que nous avons visités, on voit le gouvernement mettre en place le cadre juridique et réglementaire, et du coup le secteur privé américain tire parti des possibilités qui existent parce qu’il comprend le potentiel de croissance.
Narrateur
Robert Perry est vice-président chargé des programmes internationaux au Corporate Council on Africa, organisme privé qui cherche à attirer l’attention des investisseurs américains sur l’Afrique et qui a coparrainé la mission commerciale. Parmi les facteurs qui dans le passé ont fait obstacle au développement de l’infrastructure énergétique par le secteur privé en Afrique figurent l’incertitude du cadre juridique et le manque de financement à long terme. Ayant continué à progresser dans la voie du renforcement des institutions, chaque pays sélectionné pour la mission commerciale offre des possibilités importantes en matière d’investissement dans la production d’électricité. Nous avons demandé à M. Perry de nous parler de la valeur de la mission commerciale pour ce qui est de s’attaquer à la question du risque encouru par les investisseurs.
Robert Perry
Beaucoup d’entreprises américaines ont l’impression que le risque est élevé en Afrique. Parfois, même celles qui ont eu de bons résultats ailleurs, quand elles répondent à un appel d’offres, parce qu’elles n’ont pas d’expérience en Afrique et que leur capacité n’est donc pas comprise, ces entreprises-là ne connaissent pas le succès escompté dans ce processus. Mais je crois qu’avec cette mission commerciale elles ont vu les possibilités ; elles ont appris ce qui se prépare du point de vue du cadre réglementaire ; quant aux gouvernements d’accueil, le fait de voir les entreprises représentées dans la délégation conduite par les États-Unis a conféré à celles-ci un certain respect et une certaine capacité qu’elles n’auraient peut-être pas pu acquérir par leurs seuls moyens. La mission elle-même a aidé à jeter un pont pour faire venir des investisseurs ainsi qu’à ouvrir une porte, à faire découvrir le processus de privatisation des gouvernements africains.
Narrateur
L’accroissement des investissements étrangers dans le secteur énergétique de l’Afrique aura des effets d’une portée considérable. Cela permettrait de créer un nombre important d’emplois dans les pays. D’autres secteurs de l’économie y gagneraient aussi, par exemple l’éducation et les soins de santé. Robert Perry dit que les études commerciales en Afrique constituent une composante essentielle d’une croissance économique sûre et durable.
Robert Perry
Les gouvernements commencent à comprendre la nécessité de changer leur système éducatif afin de produire les ingénieurs qualifiés, les cadres, etc., que les investisseurs veulent voir. Et les entreprises, en particulier les entreprises américaines, mais il n’y a pas qu’elles, sont tout-à-fait prêtes à investir dans la formation des gens dont elles ont besoin. Je crois que le défi pour les gouvernements, c’est de créer les universités qui auront une filière commerciale et qui feront comprendre comment le secteur privé contribue au développement. Comme ça, les agents publics qui négocieront avec les entreprises privées comprendront le rôle des investissements privés, ils comprendront l’importance de la réglementation et ils seront à l’aise pour négocier : le gouvernement sera traité équitablement, et il y aura aussi des incitations pour le secteur privé. Quand un agent public hésite sur le comportement à adopter, il lui est plus facile de dire « peut-être » ou « non » que « oui, allons-y ! ». Alors l’investisseur finit par se décourager, et la croissance ne se produit pas.
Narrateur
Le département d’État avait fixé une règle aux investisseurs privés qui voulaient participer à la mission commerciale : les délégués devaient représenter des entreprises en mesure d’investir rapidement pour contribuer à résoudre le problème de l’approvisionnement en électricité fiable et d’un coût abordable en Afrique. Selon Nils Tcheyan, chez General Electric, la mission commerciale a fourni de bonnes pistes pour le développement rapide et efficient de la production d’électricité en Afrique.
Nils Tcheyan
Je crois qu’elle nous a donné une bien meilleure idée, dans certains pays, de ce que fait le gouvernement pour développer des ressources clés. Donc une des observations, assurément, c’est la capacité d’avoir des relations bien établies et de pouvoir parler avec les gouvernements aussi bien qu’avec les entreprises privées de la manière dont les uns et les autres envisagent la mise en valeur de leurs ressources. Deuxièmement, je crois que nous avons été en mesure de présenter tout ce que GE pouvait apporter, de penser à grande échelle, de réfléchir à la manière dont nous pouvons investir localement, dans les ressources humaines et dans le développement. Et troisièmement, je crois, dans une tournée comme celle-là avec les autres sociétés représentées, c’est le fait de pouvoir parler des différentes façons de collaborer au développement d’investissements précis.
Narrateur
Les améliorations apportées au climat des affaires en Afrique amènent les investisseurs américains à regarder les possibilités régionales sous un jour nouveau. Le gouvernement des États-Unis continue d’accompagner le développement d’entreprises africaines par le biais de programmes tels que l’AGOA, la loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique. Comme l’a dit le président Obama dans son discours au Ghana en 2009, il est aussi dans l’intérêt de l’Amérique de voir l’Afrique se doter d’économies prospères et durables. Robert Perry, du Corporate Council on Africa, estime que cette mission commerciale est un excellent exemple de la coopération entre le secteur public et le privé.
Robert Perry
Ce partenariat a porté ses fruits. Le fait que la délégation était conduite par le département d’État a ouvert des portes qui seraient certainement restées fermées à des P.M.E., et peut-être même que des grandes sociétés auraient eu du mal à avoir le type d’accès auquel nous avons eu droit dans divers pays. C’est une occasion extraordinaire. Après tout, beaucoup d’Africains ont une image positive des États-Unis dans l’ensemble, et aussi des entreprises américaines, du point de vue de la qualité des produits et des services qu’elles offrent. L’accueil est donc positif. Et nos entreprises ont la réputation de former leurs employés si bien que, quand on arrive, les gens s’attendent à un partenariat plus ou moins égal. L’entreprise investit, mais les gens tirent parti eux aussi de l’investissement. On recrute dans la population locale, qui participe ainsi à la croissance de l’entreprise.
Narrateur
Ce podcast est une production du Bureau des programmes d’information internationale du département d’État. L’existence de liens vers d’autres sites Internet et les opinions exprimées ne constituent pas une validation de ces sites ni de ces opinions.