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Visite de journalistes syriens aux États-Unis

08 janvier 2014
Un homme prenant en photo une ville syrienne, et la fumée couvrant une partie du ciel (AP Images)

Un journaliste-citoyen couvre les événements en Syrie.

Le blog ci-après de Junaid Munir, responsable politique à l'ambassade des États-Unis à Paris, a été publié le 7 janvier sur le site Web du département d'État. L'auteur fait part des réflexions de Zena Adi, une journaliste syrienne qui est venue aux États-Unis dans le cadre du Programme de leadership des visiteurs étrangers (IVLP) du département d'État. Il a obtenu sa permission avant de les publier.

Le programme de leadership pour les visiteurs étrangers (IVLP, International Visitor Leadership Program) est le programme d’échanges professionnels par excellence qu’administre le département d’État des États-Unis. Parrainé par le Bureau des affaires éducatives et culturelles en collaboration avec des organisations non gouvernementales, il organise depuis 1940 des séjours à court terme aux États-Unis pour faire venir des élites étrangères, présentes et futures, dans toutes sortes de domaines, leur donnant ainsi l’occasion de découvrir notre pays et de cultiver des relations durables avec leurs homologues américains.

Le passage ci-dessous a été rédigé par Zena Adi, participante au programme de l’IVLP :

« Du mois d’août au mois de septembre 2013, j’ai passé trois semaines aux États-Unis dans le cadre de l’IVLP avec un petit groupe de journalistes et militants syriens. Nous avons rendu visite à diverses organisations, y compris dans le secteur des médias, et participé à des tables rondes sur le thème de la crise en Syrie. Les États-Unis attachent une grande importance aux droits individuels, en particulier en matière de liberté de l’information et de libre accès à l’information. Comme les États-Unis sont un leader de la révolution numérique et de la dissémination rapide de l’information sous des formes nouvelles, les participants à ce programme de l’IVLP ont été en mesure de développer leurs techniques journalistiques. C’était le cas en particulier pour ce qui concerne les reportages sur des conflits, notamment grâce à des visites à la frontière avec le Mexique ainsi que dans diverses chaînes de télévision, des journaux et des universités.

Avec ces divers publics américains, nous avons discuté de la cause de la révolution syrienne, de la situation humanitaire qui découle de la brutalité du régime et de la situation politique en Syrie, en particulier des événements d’actualité au moment de notre visite, dont la possibilité d’une frappe militaire américaine pour punir le régime d’avoir eu recours à l’arme chimique contre des civils.

Beaucoup d’Américains qui ont pris fait et cause pour la révolution syrienne ont manifesté leur soutien et leur sympathie pour les participants syriens.

L’un de mes collègues journalistes qui participait au programme, le militant syrien et directeur de Radio Watan Obadah Al-Kaddri, qui s’oppose au régime d’Assad, a exprimé son mécontentement devant la dissonance entre les déclarations politiques des États-Unis et les actions du gouvernement américain.

Certains pensaient que les décideurs américains ont essayé de présenter la situation en Syrie au public américain uniquement quand ils voulaient convaincre le Congrès d’adopter une résolution autorisant des frappes militaires contre le régime syrien. Ce n’est qu’à ce moment-là que les médias américains ont présenté la situation telle qu’elle était sur le terrain et mis l’accent, à juste titre, sur la détérioration de la situation humanitaire en Syrie et le degré de la brutalité exercée par le régime syrien contre des civils non armés.

Mais maintenant que la communauté internationale a pris la décision de retirer les armes chimiques du territoire syrien, les médias occidentaux semblent se concentrer sur la coopération du régime syrien avec la mission internationale de destruction de ces armes et la conférence de Genève 2, comme si la criminalité du régime d’Assad se limitait aux armes chimiques. C’est faire semblant d’ignorer le fait que le régime n’a jamais cessé d’utiliser toutes sortes d’armes contre le peuple syrien, par exemple des frappes aériennes, des tirs de mortiers nourris, des chars d’assaut et des missiles Scud, ce qui entraîne une situation de famine et le déplacement de populations. Le régime a tué plus de 110.000 personnes, fait deux millions de réfugiés à l’étranger et déplacé cinq millions de personnes en Syrie même.

À la fin de leur tournée, beaucoup de participants ont dit qu’ils aimeraient prendre part à d’autres programmes qui les feraient venir aux États-Unis et ils ont souligné l’importance qu’il y a d’offrir ce genre d’expérience au plus grand nombre possible de militants syriens qui aspirent à développer leurs compétences journalistiques pour défendre leur cause et la présenter au public américain. »