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La recherche américaine développe un vaccin prometteur contre le paludisme

Par Charlene Porter | Rédactrice | 13 août 2013
Gros-plan sur des visages d’enfants, souriant, brandissant des brochures jaunes (Lisa Kramer/PMI)

Des enfants au Ghana brandissent des brochures lors d’une distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide, qui protègent des piqûres de moustiques pendant le sommeil.

Washington — Des chercheurs en médecine du gouvernement des États-Unis disent avoir obtenu un certain succès lors des premiers essais sur des humains d’un vaccin contre le paludisme. Dans le cadre d’une étude clinique impliquant moins de 60 patients, le vaccin a franchi plusieurs étapes importantes : il s’est montré inoffensif pour les humains ; a déclenché une réponse immunitaire ; et a développé, chez les adultes, une protection contre le paludisme.

Sanaria Inc., une entreprise de biotechnologie basée au Maryland, a mis au point le vaccin dans le cadre d’une mission visant à résoudre l’énigme scientifique que représente le paludisme. L'Institut national de l’allergie et des maladies infectieuses (NIAID), avec la collaboration de chercheurs du Walter Reed Army Institute of Research et du Naval Medical Research Center, a évalué le produit Sanaria aux Instituts nationaux de la santé (NIH) près de Washington.

Cinquante-sept adultes sains ont consenti à participer à ce que l’on appelle un essai clinique de phase 1. Parmi les volontaires, 40 ont reçu le vaccin, tandis que 17 autres en ont été exceptés. L’un des objectifs clés d’un essai lors de cette première phase est de s’assurer que le vaccin n’a pas d’effet délétère ; c’est pourquoi, après avoir vacciné les patients par voie intraveineuse, les chercheurs ont attendu une semaine afin d’observer d’éventuels effets indésirables, ou tout signe de paludisme causés par le vaccin.

Le vaccin est appelé PfSPZ, inspiré du Plasmodium falciparum, le plus dangereux des parasites causant le paludisme. Le PfSPZ est fait à partir de sporozoïtes vivants mais affaiblis, qui consistent de cellules du paludisme infectieux. Les patients volontaires du NIAID n’ont montré aucun signe de la maladie elle-même lors de cette première semaine, et ont développé divers niveaux d’anticorps contre le paludisme, selon la dose de PfSPZ qu’ils avaient reçue.

Trois semaines après que les volontaires eurent reçu leur dernière vaccination, les chercheurs ont libéré des moustiques porteurs du paludisme qui ont piqué les participants. L’inoculation délibérée du paludisme humain sous contrôle médical est un procédé commun lors des essais de vaccins contre le paludisme, selon le communiqué de presse décrivant cette étude publié par le NIAID le 8 août.

Douze des participants ayant reçu des doses plus fortes du vaccin n’ont pas développé de paludisme. Trois des patients à forte dose en ont été atteint, mais cela doit être comparé à l’infection de 16 des 17 participants ayant reçu une dose faible.

Douze autres participants n’ont reçu aucun vaccin, et 11 de ces volontaires ont été touchés par la maladie.

« À travers cette étude, nous avons démontré qu’en principe, des sporozoïtes peuvent être transformés en un vaccin contre le paludisme conférant de hauts niveaux de protection, dans le respect des meilleures pratiques de fabrication requises pour l’autorisation d’un vaccin », a déclaré le docteur Robert A. Seder, qui a dirigé l’étude au Centre de recherche sur les vaccins du NIAID.

Les volontaires ont tous résidé au Centre clinique des NIH pendant que les chercheurs scrutaient l’éventuelle apparition de symptômes. Ils y sont restés durant la période de diagnostic et de traitement par des médicaments antipaludiques. Tous se sont révélés exempts d’infection à la fin de l’étude.

Le Dr Seder a estimé que l’étude constituait un « premier pas prometteur vers la réalisation d’un haut niveau de protection contre le paludisme ». Il a ajouté que de futures études s’efforceraient de trouver les meilleurs dosages, calendriers et méthodes d’inoculation du PfSPZ. Lors de l’essai de phase 1, les patients ont reçu le vaccin par voie intraveineuse, ce qui n’est pas la méthode la plus répandue pour un vaccin. Un vaccin qui nécessite une injection dans une veine est plus complexe à administrer, en particulier dans certaines des zones rurales et sous-développées où le paludisme sévit le plus cruellement.

« L’impact mondial du paludisme est exceptionnel et inacceptable », a dit le Dr Anthony S. Fauci, directeur du NIAID. « Les chercheurs et les cliniciens ont réalisé d’importants progrès dans la compréhension, le traitement et la prévention du paludisme ; cependant, la perspective d’un vaccin nous avait toujours échappé. Cette avancée importante est très encourageante. »

En 2010, environ 219 millions de cas de paludisme ont été signalés dans le monde, avec quelque 660.000 décès associés à cette maladie d’après les estimations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a publié des statistiques sur la prévalence du paludisme plus tôt cette année. La majorité des décès dus au paludisme survient chez des enfants africains âgés de moins de cinq ans.

L’essai de vaccin effectué par le NIAID n’est que l’une des nombreuses activités soutenues par le gouvernement des États-Unis pour alléger l’impact de cette maladie. L’Initiative du président contre le paludisme (PMI) œuvre dans dix-neuf pays-cibles d’Afrique subsaharienne et de la sous-région du Bassin du Grand Mékong en Asie. Au cours des sept dernières années, la PMI a agi de concert avec des gouvernements nationaux, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, la Banque mondiale et d’autres bailleurs de fonds pour réduire la prévalence de cette maladie qui contribue au cycle de la pauvreté d’une génération à une autre, comme l’ont démontré des études. Le Rapport 2012 sur le paludisme dans le monde de l’OMS a relevé des signes de succès dans la campagne anti-paludisme, le nombre annuel estimé de décès dans le monde ayant chuté de plus d’un tiers depuis 2000.