Washington – La Secrétaire d’État Hillary Clinton a déclaré que les États-Unis « n’abandonneront pas » les nouvelles démocraties nées des révolutions dans le monde arabe, et que la communauté internationale a un intérêt important à les voir réussir.
Dans son allocution du 26 septembre, au cours de l’audience du Conseil de sécurité des Nations unies sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient, Mme Clinton a dit que les États-Unis rejetaient « le faux choix entre la démocratie et la stabilité » et accueillaient les changements politiques qui se produisent dans la région.
« Les démocraties s’avèrent être des partenaires des plus solides et des plus capables, même si elles engendrent souvent un travail considérable et parfois même une vraie bataille. » Mais la mise en place de démocraties émergeantes dans des pays comme la Tunisie, l’Égypte, le Yémen ou la Lybie « doit être la cause de grandes réjouissances et d’espoir », a-t-elle déclaré.
Même si les citoyens des démocraties émergeantes ont le plus à perdre et portent une plus grande responsabilité pour assurer la réussite de leurs révolutions, la communauté internationale doit également se mettre en avant et agir en « championne » dans leur lutte et pas seulement comme « amie des bons jours », a dit Mme Clinton.
« De nombreuses mains, travaillant sur plusieurs fronts, seront nécessaires pour répondre à la promesse faite de ces transitions », a-t-elle ajouté.
Les défenseurs des changements démocratiques doivent tirer des leçons du passé et comprendre que « la formation, les subventions et les équipements ont des limites » car « il faut une volonté politique pour pouvoir effectuer des choix et des changements difficiles qui bâtiront des institutions solides et la sécurité à long terme », a-t-elle déclaré.
La communauté internationale doit se rassembler pour soutenir les espoirs communs de sécurité, de dignité, d’auto-détermination et « de liberté de pouvoir vivre sa vie selon ses propres convictions », a-t-elle dit.
La Secrétaire d’État a déclaré que les manifestations récentes contre des Américains et des Occidentaux en lien à un film anti-islamique « ont mis en évidence des failles profondes au sein des nouvelles démocraties et une volatilité que les extrémistes ont rapidement eu fait de susciter et d’exploiter. »
Mais Mme Clinton a noté que des milliers de Libyens sont descendus dans les rues, le 21 septembre, pour condamner les attaques du 11 septembre dernier dont ont été victimes l’ambassadeur américain Chris Stevens et trois autres citoyens américains à Benghazi.
Ces manifestants « ont clairement fait comprendre que ceux qui incitaient à la violence et à la division ne parlaient pas au nom de la nouvelle Libye, et que les bandes armées qui couperaient les ponts entre la Libye et le monde n’étaient pas les bienvenus », a-t-elle souligné.
Au sujet de la Syrie, Mme Clinton a dit que la campagne brutale de Bachar Al-Assad « a déclenché une crise humanitaire sans précédent » et que les États-Unis ont déjà débloqué plus de 100 millions de dollars pour venir en aide au peuple syrien.
La violence doit cesser et « une transition politique sans Assad doit être mise en place », a-t-elle dit.
Alors que les atrocités continuent de s’intensifier en Syrie, le Conseil de sécurité des Nations unies « reste paralysé » sur la question, a dit Mme Clinton, exhortant « que l’on essaye une fois encore de trouver une voie vers l’avant afin que le Conseil de sécurité puisse mettre « un terme aux violences. »
Concernant le conflit entre Israël et les Palestiniens, Mme Clinton a estimé que l’avenir « doit appartenir à ceux qui embrassent le dur labeur de la paix, et non à ceux qui prospèrent grâce aux conflits ou au rejet du droit d’Israël à exister. »
Les États-Unis « sont prêts à travailler en faveur d’un accord juste » qui permettra de voir « un État juif sûr en Israël » et « une Palestine indépendante, sûre et prospère » répondant pleinement aux attentes des Palestiniens, a déclaré Mme Clinton.
