Washington – À l’occasion de sa visite à Dakar, première étape d’un déplacement de dix jours sur le continent africain, la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton a félicité le Sénégal pour son rôle de champion de la démocratie et force de paix, prospérité et progrès en Afrique de l’Ouest.
« Les États-Unis sont très impressionnés par la ténacité du peuple sénégalais et son engagement démocratique et en sont admiratifs ; nous voulons être un bon partenaire et un ami sincère, alors que vous continuez à construire cette nation afin d’en faire un modèle non seulement pour le peuple sénégalais, mais pour le monde entier », a déclaré Mme Clinton le 1er août dans son discours prononcé à l’université Cheikh Anta Diop.
S’adressant à un auditoire composé d’étudiants, de jeunes et de responsables des pouvoirs publics et de la société civile, la secrétaire d’État a rappelé que les États-Unis souhaitent maintenir un partenariat durable avec le Sénégal. Elle a précisé que la relation entretenue par les deux nations est conforme à la vision du président Obama pour l’avenir de l’engagement États-Unis-Afrique, telle que reprise dans une nouvelle directive de politique annoncée en juin.
« La stratégie holistique du gouvernement Obama en Afrique subsaharienne repose sur quatre piliers : tout d’abord, promouvoir l’initiative et le développement ; deuxièmement, stimuler la croissance économique, les échanges et l’investissement ; troisièmement, faire progresser la paix et la sécurité ; et quatrièmement, renforcer les institutions démocratiques », a déclaré Mme Clinton.
La secrétaire d’État a indiqué que les États-Unis et le Sénégal ont pour objectif initial de contribuer au développement en s’appuyant sur les progrès déjà réalisés dans le cadre d’initiatives telles que la Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (African Growth and Opportunity Act, AGOA), le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (President’s Emergency Plan for AIDS Relief, PEPFAR) et la Société du compte du millénaire (Millenium Challenge Corporation, MCC) [institution fédérale américaine de développement bilatéral]. L’investissement des États-Unis au Sénégal repose sur un accord de la MCC de 540 millions de dollars, qui aide le pays à améliorer son réseau routier, construire des ponts et irriguer environ 36.000 hectares de terres agricoles. L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) investit 19 millions de dollars dans la construction d’écoles et la formation d’enseignants, 17 millions de dollars dans le renforcement de l’approvisionnement en produits alimentaires et 55 millions de dollars dans l’amélioration de la santé publique au Sénégal.
La secrétaire d’État a rappelé que les États-Unis encouragent les pays à s’approprier les sujets ciblés par ces initiatives et s’engagent à travailler avec le Sénégal dans un esprit commun d’écoute, d’analyse et de résultat.
Avec une augmentation de 20 pourcent des échanges entre les deux pays en 2011, les États-Unis et le Sénégal ont établi une fondation solide vers la réalisation du deuxième objectif du président Obama, à savoir stimuler la croissance économique, les échanges et l’investissement. Mme Clinton a indiqué que les États-Unis agissent afin de renforcer à nouveau les échanges et l’investissement au Sénégal en 2012, mais que l’amélioration des chiffres et des statistiques ne suffira pas pour assoir le progrès.
« La croissance doit se traduire par une prospérité largement partagée », a indiqué Mme Clinton. « L’objectif doit être une croissance pérenne et à laquelle tous participent à long terme.» La secrétaire d’État a précisé qu’une étape importante pour atteindre cet objectif serait de développer l’intégration entre voisins en Afrique, en éliminant les barrières douanières et les obstacles non tarifaires aux échanges régionaux.
Le troisième pilier du plan du président Obama, à savoir un engagement partagé à l’égard de la sécurité et de la résolution des problèmes régionaux, est un autre domaine dans lequel les États-Unis et le Sénégal coopèrent étroitement. Mme Clinton a indiqué que les deux pays se sont associés pour lutter contre le terrorisme, combattre le narcotrafic et contribuer à la paix et la sécurité, à travers la région comme dans le monde entier.
Enfin, Mme Clinton a rappelé que l’objectif visant à soutenir la démocratie et les droits de l’homme « est au cœur du modèle américain de partenariat » avec le Sénégal et les autres nations africaines.
« À tous égards, les démocraties font de meilleurs voisins et de meilleurs partenaires », a déclaré la secrétaire d’État. « Elles permettent aux gens de consacrer leurs énergies à des engagements politiques, économiques et civiques productifs, ce qui réduit l’attrait de l’extrémisme. »
Mme Clinton a précisé que les sociétés ouvertes « offrent davantage de possibilités d’échanges économiques, éducatifs, culturels et de rapprochement des peuples, qui sont le fondement de la paix ».
Elle a indiqué que le Sénégal est un « exemple convaincant pour l’Afrique et le reste du monde » d’une démocratie réussie et l’un des rares pays d’Afrique de l’Ouest à n’avoir jamais subi de coup d’État militaire. Mme Clinton a félicité le pays pour sa transition politique paisible après les élections les plus récentes. Des femmes ont été élues à 65 des 150 sièges de la nouvelle Assemblée Nationale, ce qui place le Sénégal parmi les pays ayant le plus fort pourcentage de femmes dans un corps législatif élu au suffrage direct.
La secrétaire d’État a indiqué que la démocratie se propage à travers le continent, là où les pays œuvrent à la liberté des médias, l’équité de l’administration de la justice, l’efficacité des corps législatifs et l’essor de la société civile. Mais bien que ces évolutions soient encourageantes, a-t-elle précisé, la démocratie reste menacée, les droits de l’homme violés et l’État de droit attaqué dans trop de pays, dans la région comme à travers le continent. Mme Clinton a appelé les pays leaders d’Afrique de l’Ouest, tels que le Sénégal, à soutenir les partenaires régionaux dans leurs efforts de libéralisation politique et économique.
« Nous souhaitons aider davantage de gens, dans de plus nombreux pays, à tirer parti de tout le potentiel que Dieu leur a donné, » a-t-elle déclaré. « Nous souhaitons que cela soit notre mission commune – tel est l’effort que nous sommes appelés à accomplir au XXIe siècle. »
Mme Clinton a prononcé son discours après avoir rencontré M. Macky Sall, président de la république du Sénégal. Ils ont discuté de nombreux sujets, en particulier ceux touchant à l’économie et à la sécurité régionale.
Le Sénégal est la première étape de ce voyage de la secrétaire d’État, qui se rendra également au Soudan du Sud, en Ouganda, au Kenya, au Malawi et en Afrique du Sud. La secrétaire d’État a commencé son voyage le 31 juillet. Elle quittera l’Afrique pour Washington le 10 août.

