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AIDS 2012 : Direction et responsabilisation au cœur de la lutte contre le sida

31 juillet 2012
Annie Lennox, habillé d’un T-shirt Séropositif, pose avec 3 hommes. (images AP)

Annie Lennox, le sénateur John Kerry, le directeur de l’ONUSIDA Michel Sidibé et Elton John se sont réunis lors de la 19ième conférence internationale sur le sida.

Washington – Les résultats obtenus par le mouvement international de lutte contre la pandémie du sida ont largement dépassé ce que l’on aurait pu imaginer en 2002. Huit millions de personnes dans le monde bénéficient d’un traitement qui les maintient en vie car il contrôle l’infection au VIH et empêche le développement du sida. Des millions de personnes supplémentaires ont besoin d’un tel traitement au moment où les gouvernements mettent en place des stratégies visant à stabiliser et à accroître le nombre des malades traités.

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme et le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) sont les deux grandes sources de financement des médicaments, traitements, soins et de l’accompagnement qui contribuent à la survie des personnes infectées par le VIH. Mais environ 7 millions de personnes supplémentaires dans le monde sont admissibles au traitement et n’en bénéficient pas encore. La question à laquelle sont désormais confrontés les responsables internationaux de la planification sanitaire est de savoir s’il est possible d’étendre le traitement et de le maintenir.

« Nous pouvons assurer une couverture universelle, nous pouvons la rendre pérenne », a affirmé le directeur du Fonds mondial, M. Gabriel Jaramillo, au cours d’une réunion tenue le 26 juillet sur les besoins et coûts à venir.

Ce groupe de discussion s’est réuni à l’occasion de la 19ème conférence internationale sur le sida, tenue à Washington du 22 au 27 juillet.

Un indicateur-clé susceptible de prédire l’état du financement de la lutte contre le sida dans les années à venir a été publié avant le début de la conférence. Le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) a publié le 18 juin des conclusions montrant que les pays à faible et moyen revenu avaient consacré 8,6 milliards de dollars à la lutte contre la pandémie en 2011, dépassant pour la première fois les montants octroyés par les bailleurs de fonds internationaux et gouvernementaux.

Participant à la même réunion que M. Jaramillo, l’ambassadeur itinérant des États-Unis pour la lutte mondiale contre le sida, le Docteur Eric Goosby, a déclaré que les investissements financiers des pays affectés seraient cruciaux pour les réussites futures.

« Pour mener une intervention durable contre le VIH, la tuberculose et le paludisme, il faut que les pays donateurs et bénéficiaires maintiennent leur engagement politique et financier dans cette initiative », a dit M. Goosby.

L’ambassadeur a ajouté que les pays fortement touchés devaient élaborer des stratégies précises de lutte contre la pandémie apportant la preuve de leur responsabilité et de leur capacité face à la crise. Continuer à rendre des comptes sur les déboursements des fonds du sida et veiller à une collaboration entre initiatives locales et internationales sera également important, a dit M. Goosby.

Grâce à des initiatives coordonnées et à une vision commune de l’avenir, a indiqué M. Goosby, les efforts des institutions internationales et des gouvernements locaux peuvent réduire les coûts de l’ensemble des prestations de soins tout en venant au secours d’un plus grand nombre.

« En cette période de restrictions financières mondiales, il est encore plus important d’œuvrer pour une réponse unifiée afin de sauver le plus grand nombre de vies possible », a dit M. Goosby.

L’Éthiopie a fait un « travail remarquable », a affirmé M. Jaramillo, car de concert avec les bailleurs de fonds internationaux, elle a conçu une stratégie locale d’amélioration des soins de santé. S’appuyant sur l’aide fournie par le PEPFAR et le Fonds mondial, l’Éthiopie a fortement accru le traitement des personnes infectées par le VIH/sida et mis sur pied un système de santé qui touche désormais 92 % de la population du pays.

« La mortalité liée au VIH a désormais reculé de 50 % en Éthiopie, a indiqué M. Jaramillo. Les décès liés au paludisme ont baissé de 40 % et ceux liés à la tuberculose de 32 %. »

L’ambassadeur Goosby a déclaré que les États-Unis se réjouissaient des récentes réformes réalisées par le Fonds mondial pour une distribution des ressources plus efficace et plus performante.

Environ 23.000 délégués venus de plus de 190 pays ont assisté à la conférence sur le sida qui s’est tenue pendant une semaine à Washington. Ils ont participé à des dizaines d’ateliers, de conférences et de discussions sur leur mission : contenir la pandémie du sida et réduire la souffrance des personnes vivant avec le VIH/sida, de leur famille et de leur communauté.

Cette conférence a permis au gouvernement Obama d’obtenir un certain soutien, son objectif étant de produire une génération sans sida dans les années à venir en traitant les malades et en empêchant la maladie de se propager.