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AIDS 2012 : Employer les méthodes qui marchent pour vaincre le VIH/sida

Par Charlene Porter | Rédactrice | 25 juillet 2012
Vue de haut de manifestants tenant des pancartes avec « Mettre fin à la lutte contre la drogue » et « Le VIH n’est pas un crime » (AP Images)

Des manifestants protestent le 24 juillet à Washington contre la politique sur le sida de certains pays. Les militants ont toujours réclamé que les gouvernements prennent action contre la maladie depuis sa découverte il y a 30 ans.

Washington – « Ensemble nous vaincrons le sida » est le thème de la 19ème conférence internationale sur le sida qui réunit à Washington plus de 23.000 délégués du 22 au 27 juillet. Mais alors que les professionnels et les activistes plongeaient dans les débats des premiers jours de la rencontre, un autre slogan a émergé : « Faire ce qui marche ».

« Le traitement comme moyen de prévention marche si vous l’appliquez sur le terrain », a dit le Dr Anthony Fauci dans sa présentation du 23 juillet, en décrivant les recherches menées en Afrique montrant que le taux des nouvelles infections par le VIH diminue lorsqu’un grand nombre de séropositifs reçoivent des thérapies antirétrovirales pour réduire le niveau du virus dans leur sang.

« Le risque de devenir infecté par le VIH diminue de 38 % dans les zones où la couverture par les thérapies antirétrovirales est élevée », a précisé le Dr Fauci. En sa qualité de directeur de l’Institut national de l’allergie et des maladies infectieuses (NIAID), le Dr Fauci est à l’avant-garde de la recherche sur le sida depuis 30 ans et une figure de proue dans les efforts visant à réaliser l’objectif des États-Unis de parvenir à une génération sans sida.

La recherche a aussi montré que la circoncision masculine peut être très efficace dans la réduction de la transmission du VIH de la femme à l’homme, a noté le Dr Fauci. Une étude a documenté « une baisse de 42 % de l’acquisition de l’infection parmi les hommes musulmans suite à la circoncision volontaire », a ajouté le Dr Fauci en citant d’autres études effectuées en Afrique.

La chercheuse scientifique principale Dr Nelly Mugo, de l’hôpital national Kenyatta à Nairobi, a effectué certaines des études menées sur le continent africain sur l’usage du traitement en tant que méthode de prévention. Les résultats, dit-elle, offrent aux médecins la possibilité de lutter contre cette maladie avec de nouveaux moyens.

« Nous avons enfin des outils supplémentaires », a dit la Dr Mugo, s’adressant à une réunion de délégués le 24 juillet. « Nous n’étions jamais arrivés là encore. Quelle priorité accorderons-nous à chacun de ces outils ? »

C’est un défi qu’a lancé la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton aux délégués réunis à la conférence dans son discours du 23 juillet. Les praticiens du sida et les administrateurs du secteur de la santé doivent choisir parmi les moyens à leur disposition ceux qui sont efficaces pour ralentir la pandémie et abandonner ceux qui ne donnent pas de résultats, a-t-elle souligné.

Mais savoir où se trouvent les personnes infectées ou à risque est la première étape à franchir pour déterminer quels seront les outils qui se révéleront utiles. Le coordonnateur pour les États-Unis de la lutte mondiale contre le sida, le Dr Eric Goosby, a noté que les différentes caractéristiques de la transmission du VIH dans les divers pays ont mené à plusieurs pandémies et non pas à une seule. Chaque ville peut découvrir que la plupart des nouvelles infections se produisent dans différents groupes démographiques, a dit le Dr Goosby lors d’une table ronde - qu’il s’agisse de transmission entre des partenaires hétérosexuels, des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes, des travailleurs du sexe ou des toxicomanes par voie intraveineuse.

Il faut en premier lieu déterminer qui sont ces individus nouvellement infectés et où ils se trouvent, a souligné le Dr Goosby. « Vous devez ensuite positionner votre intervention en matière de prévention de façon à ce qu’ils soient aux premiers rangs dans ce groupe de la population. C’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire ».

Il est également important mais tout aussi difficile de donner une certaine souplesse à la stratégie contre le sida, tant au niveau national que régional, pour pouvoir réexaminer à intervalles réguliers où et comment la transmission du virus est en train de se produire ou de se transformer, a-t-il noté. Les gouvernements doivent maintenir la volonté politique nécessaire pour lutter contre la pandémie et leur capacité d’adapter leurs ressources et leur réponse aux changements dans les schémas d’infection.

Le secrétaire adjoint au département de la Santé et des Services humains, Howard Koh, a déclaré que mettre l’accent sur ce qui marche a toujours été un aspect important de la Stratégie nationale pour sauver des vies, le plan contre le VIH/sida mis en œuvre par le gouvernement Obama en 2010. Lors d’une table ronde tenue le 24 juillet avec la Dr Mugo, M. Koh, qui est aussi médecin, a dit qu’une stratégie nationale globale, mise au point avec la participation des divers groupes touchés par la pandémie, était essentielle tant à l’efficience qu’à l’efficacité des efforts visant à réaliser des progrès contre la pandémie.

Le Dr Koh a dit que la capacité de mettre au point de nouvelles méthodes pour résoudre les divers problèmes associés à la maladie jouait aussi un rôle important. Il a décrit un projet qui vise à encourager un plus grand nombre de gens à se soumettre à des tests de dépistage à Washington, ville qui accueille la conférence et où le taux d’infection par le VIH est l’un des plus élevés aux États-Unis.

« Le département de la Santé du District de Colombie offre des services de dépistage au Bureau des véhicules automobiles, a-t-il indiqué. Les clients qui attendent pour faire renouveler leur permis de conduire ou pour d’autres formalités peuvent se soumettre à un test gratuit de dépistage du VIH. »

Le Dr Koh a expliqué que la stratégie du gouvernement Obama contre le VIH/sida a permis d’accroître de 13 % le taux de dépistage aux États-Unis pendant la seule année 2011, élargi l’accès aux soins pour les patients du sida et éliminé les listes d’attente pour recevoir des thérapies antirétrovirales partout ailleurs dans le pays.

Bien que les nombreuses réunions et tables rondes tenues en présence des milliers de délégués à la conférence mettent l’accent sur la nécessité d’offrir des traitements à un plus grand nombre de patients, de lever plus de fonds et de construire de meilleures installations médicales, les vétérans de cette longue bataille rappellent l’étendue des progrès accomplis.

« C’est à Barcelone, il y a exactement 10 ans, que j’ai énoncé l’objectif d’avoir 3 millions de personnes bénéficiant de traitements en 2025 », s’est souvenu Bernhard Schwartländer, qui est actuellement directeur du département Évidence, stratégie et résultats à ONUSIDA, le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida. « Nous sommes aujourd’hui à 8 millions. Le mouvement mondial contre le sida a accompli des résultats extraordinaires au cours des 30 dernières années, et il n’y a aucune raison de croire qu’il ne continuera pas à promouvoir le changement, l’innovation, la santé et les droits de l’homme pour tous. »