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AIDS 2012 : Mme Clinton montre la voie vers une génération sans sida

Par Charlene Porter | Rédactrice | 24 juillet 2012
Michel Sidibé et Hillary Rodham Clinton au podium (AP Images)

La secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton et le directeur d’ONUSIDA Michel Sidibé, qui l’a présentée à l’auditoire de la conférence comme « une vraie championne du mouvement contre le sida ».

Washington - Les délégués à la 19ème conférence internationale sur le sida ont accueilli avec des acclamations d’enthousiasme et des applaudissements les propos de la secrétaire d’État Hillary Rodham Clinton qui a énoncé l’objectif des États-Unis de parvenir à une génération sans sida dans un proche avenir et leur engagement durable de continuer à financer les programmes mondiaux qui visent à prévenir la propagation du sida, à traiter les personnes infectées et à aider leurs familles.

« Nous ne ferons pas marche arrière, nous ne baisserons pas les bras », a déclaré le 23 juillet Mme Clinton sous les acclamations de l’auditoire. « Nous lutterons pour avoir les ressources nécessaires à la réalisation de cette étape historique. »

Mme Clinton avait d’abord lancé son appel en faveur d’une génération sans sida dans un discours prononcé en novembre 2011 aux Instituts nationaux de la santé des États-Unis (NIH), l’une des plus importantes organisations de recherche dans le monde qui travaille sur les avancées scientifiques qui permettront à une génération sans sida de voir le jour.

Depuis, a dit Mme Clinton, toutes les agences de la santé du gouvernement des États-Unis ont accéléré leurs travaux pour parvenir à cet objectif tant au niveau national qu’international. Le VIH - le virus de l’immunodéficience humaine - ne sera pas entièrement absent dans la génération sans sida mais, a précisé Mme Clinton, il sera si bien maîtrisé par les médicaments et si bien circonscrit par les méthodes de prévention que nul ne développera cette maladie débilitante qui prive ses victimes de leur vitalité et de leur productivité.

« Notre stratégie comporte entre autres les préservatifs, les services de conseil et le dépistage, et met l’accent sur trois interventions particulières : le traitement en tant que méthode de prévention, la circoncision médicale volontaire pour les hommes, et la fin de la transmission du VIH de la mère à l’enfant », a expliqué la secrétaire d’État.

Le traitement en tant que méthode de prévention est une percée scientifique des quelque deux dernières années. Quand une personne infectée par le VIH reçoit le traitement antirétroviral essentiel à son maintien en vie, le niveau du virus dans son sang tombe à un tel point que la possibilité de le transmettre à son partenaire diminue considérablement.

Au cours des neuf derniers mois seulement, a noté Mme Clinton, les financements américains ont permis à 600.000 nouvelles personnes de recevoir des traitements antirétroviraux, portant le total des patients qui bénéficient de telles thérapies grâce au soutien des États-Unis à 4,5 millions d’individus. Les États-Unis visent à porter ce chiffre à 6 millions de personnes d’ici à la fin de 2013.

Les États-Unis alloueront aussi des fonds supplémentaires à une autre méthode de prévention qui s’est révélée apte à réduire considérablement la transmission du virus de la femme à l’homme, à savoir la circoncision masculine médicale volontaire.

« L’effet peut être phénoménal » en matière de prévention accrue, a souligné Mme Clinton en indiquant que les États-Unis fournissent des fonds pour soutenir près de 1 million de nouvelles opérations de circoncision dans divers pays.

Le traitement en tant que prévention peut aussi protéger un autre segment de la population vulnérable à l’infection par le VIH : les nouveau-nés de mères séropositives. Réduire la charge virale dans le sang de la mère est une méthode qui a fait ses preuves pour prévenir l’infection du fœtus et permettre à la mère de donner naissance à un enfant en bonne santé.

Dans son discours à la conférence sur le sida, Mme Clinton a annoncé que les États-Unis investiront 80 millions de dollars pour faire en sorte que les femmes enceintes séropositives puissent avoir accès à des traitements.

Les programmes américains ont appuyé les efforts du gouvernement zambien pour fournir plus de traitements aux mères enceintes, a indiqué Mme Clinton.

« De 2009 à 2011, le nombre de nouvelles infections a diminué de plus de la moitié, a dit Mme Clinton, et nous ne faisons que commencer. » Les États-Unis accroîtront leur aide à d’autres programmes de traitement en tant que méthode de prévention en Zambie, un pays où le taux d’infection chez les jeunes adultes est estimé à 13,5 %, soit l’un des plus élevés dans le monde.

« Pour la première fois, nous réaliserons des avancées contre la pandémie là-bas », a noté Mme Clinton.

La secrétaire d’État a également annoncé plusieurs autres initiatives pour répondre au problème mondial du sida : les recherches pour identifier les moyens les plus efficaces d’atteindre certaines populations infectées ; un « fonds du défi » pour motiver l’expansion des services mis en œuvre par les pays ; et le financement de soutien aux groupes de la société civile dont les travaux ciblent les populations vulnérables.

Lors de la session d’ouverture de la conférence sur le sida, Mme Clinton a partagé le podium avec un scientifique américain qui a joué un grand rôle dans les recherches scientifiques sur la maladie, des recherches qui ont permis de mieux la comprendre et de rendre concevable l’avènement d’une génération sans sida. Le docteur Anthony Fauci, directeur de l’Institut national de l’allergie et des maladies infectieuses, est une figure de proue dans la recherche sur le sida aux États-Unis et a acquis une position d’importance mondiale dans le milieu médical.

Le Dr Fauci a participé aux 19 conférences internationales de la société sur le sida qui se sont tenues depuis les années 1980. Il décrit ces premières années où la science venait tout juste d’identifier le virus responsable d’une maladie jusqu’à là inconnue, rapidement débilitante et fatale, comme « les années sombres » de sa carrière. À l’époque, lorsqu’il diagnostiquait un patient infecté par le VIH, il savait que celui-ci n’avait plus que six ou huit mois à vivre. Trente ans de recherches ont fait une différence monumentale dans ce que le Dr Fauci peut dire à un patient âgé de 25 ans et récemment diagnostiqué comme infecté par le VIH.

« Vous leur faites commencer une thérapie qui associe plusieurs antirétroviraux, vous les regardez droit dans les yeux et vous leur dites que s’ils suivent le traitement prescrit ils vivront vraisemblablement encore 50 ans », a déclaré le Dr Fauci sous les applaudissements nourris des délégués à la conférence.

Le Dr Fauci a aussi parlé d’un aspect « effrayant » du scénario : la personne ne sait pas qu’elle infectée, ou ne cherche pas à se faire soigner, ou ne suit pas le schéma thérapeutique comme il faut. Bon nombre de patients correspondent à ce portrait, et ils doivent recevoir une attention accrue pour que la génération sans sida puisse se concrétiser.

Il a appelé la communauté du sida à créer « un continuum de soins » qui identifie les personnes infectées par le VIH par le biais de tests de dépistage, leur fournit des traitements et assure un suivi afin que le virus soit circonscrit et non transmis à d’autres individus.