DCSIMG
Skip Global Navigation to Main Content
Articles

Le rapport sur le sida conclut que les infections se ralentissent

Par Charlene Porter | Rédactrice | 23 juillet 2012
Un travailleur de la santé en blouse blanche manipule des médicaments pendant qu’une femme attend de l’autre côté de la vitre. (AP Images)

Une clinique kényane fournit une thérapie antirétrovirale à cette mère de trois enfants, séropositive depuis 2006.

Washington – Le Programme conjoint des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) rapporte qu’en 2011 34,2 millions de personnes dans le monde vivaient avec le VIH et que la baisse des taux d’infection avait ralenti la propagation de la maladie.

L’ONUSIDA a publié ses dernières conclusions sur l’envergure et la portée de l’épidémie le 18 juin, quelques jours avant le début de la plus grande réunion internationale sur la maladie qui se tient à Washington du 22 au 27 juillet. La 19ème conférence internationale sur le sida doit accueillir quelque 25.000 personnes travaillant sur ou vivant avec le sida et représentant pratiquement tous les pays du monde.

Pour la première fois, l’ONUSIDA rapporte que le montant total des dépenses nationales consacrées à la lutte contre le VIH/sida a dépassé les fonds que les donateurs internationaux ont fournis pour aider les pays les plus touchés. Selon le rapport Ensemble nous vaincrons le sida, quatre-vingt-un pays ont accru leurs investissements intérieurs dans la lutte contre le VIH/sida de plus de 50 % sur la période de cinq ans se terminant en 2011.

Le Directeur exécutif de l’ONUSIDA, M. Michel Sidibé, a déclaré que l’on entrait dans une nouvelle ère dans le traitement et la prévention de la maladie. « Nous vivons à l’ère de la responsabilité mutuelle, de la responsabilisation mutuelle, et de la solidarité internationale », a-t-il dit lors d’un point de presse au siège de l’UNISIDA à Genève.

Une tendance positive notée en 2010 s’est poursuivie en 2011 : dans 56 pays, les taux de nouvelles infections se sont stabilisés ou ont baissé. Le rapport indique que les nouvelles infections étaient tombées de près de 20 % au cours des 10 dernières années, et que l’on avait enregistré 100.000 cas de moins en 2011 qu’en 2010.

« Je suis plus optimiste que je ne l’ai été en 30 ans », a dit M. Eric Goosby, coordonateur pour les États-Unis de la lutte mondiale contre le sida, qui travaille avec des cas de VIH depuis l’identification du virus chez les homosexuels de San Francisco. M. Goosby, qui a aidé à mettre en œuvre l’expansion de plans nationaux de traitement du VIH/sida en Afrique du Sud, au Rwanda, en Chine et en Ukraine, a également participé à la conférence de presse de Genève.

La disponibilité sans cesse accrue de traitements antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH/sida est une des raisons clés de la baisse de nouvelles infections. Les chercheurs ont découvert que le traitement limitait la virulence du virus dans le sang et réduisait en même temps la capacité du patient d’infecter une autre personne lors de contacts intimes.

M. Goosby supervise le Plan présidentiel d’aide d’urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR) qui a été un mécanisme clé pour la fourniture de traitements antirétroviraux à un nombre croissant de personnes depuis son lancement en 2004. Dans la seule année de 2011, plus de 3,9 millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont reçu un traitement avec l’aide des États-Unis, soit près de la moitié de tous ceux recevant un tel traitement dans le monde entier.

M. Goosby a également précisé que la réussite du travail mené avec les gouvernements hôtes au plan de l’identification et du traitement des personnes à risque a été cruciale au ralentissement de la propagation de l’épidémie.

« Cela nous a conduit à nous focaliser sur les interventions ayant un impact important dans le domaine de la prévention, comme la circoncision des hommes », a encore dit M. Goosby qui a aussi cité l’expansion des efforts lancés pour prévenir la transmission du virus de la mère au nouveau-né.

Depuis 2004, les États-Unis ont consacré quelque 45,7 milliards de dollars au PEPFAR qui aide les nations souffrant le plus du VIH/sida, dont bon nombre en Afrique sub-saharienne. Le gouvernement du président Bush avait d’abord proposé un programme quinquennal doté de 15 milliards de dollars de financement. Avec un soutien solide du Congrès, le gouvernement Obama a continué le financement et l’a accru.

Le terrible bilan du VIH/sida ne se limite pas aux personnes infectées : il faut aussi y inclure les familles, les enfants et les collectivités. Les jeunes adultes sont les plus fréquemment touchés et leur maladie les vide de toute capacité.

Le PEPFAR, en collaboration avec les gouvernements de plus de 80 pays, a aidé 13 millions de personnes touchées par le VIH en leur offrant des soins et une prise en charge. Il s’agit des familles et des enfants de personnes séropositives, souvent de jeunes adultes tellement malades qu’ils perdent toute capacité de pourvoir à leurs besoins et à ceux de leurs familles et d’apporter la moindre contribution à leurs communautés. Pendant la seule année de 2011, le PEPFAR a soutenu plus de 4 millions d’orphelins et d’enfants vulnérables.

Selon l’ONUDISA, le financement des États-Unis aux programmes internationaux d’assistance contre le VIH/sida se monte à plus de 6,6 milliards de dollars en 2012, soit environ 48 % du total de l’aide internationale.

M. Sidibé et M. Goosby ont également salué les pays de l’Union africaine qui ont lancé leur « Feuille de route sur la responsabilité partagée et la solidarité mondiale en matière de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme ». Les dirigeants de l’UA ont adopté ce plan le 17 juillet, lors d’un sommet à Addis-Ababa (Éthiopie) : il marque une avancée majeure au plan de la riposte de la région à ces maladies.