Washington – La fascination exercée par la technologie sur Najat Al-Qubati, jeune Yéménite de 16 ans, est partie du clic d'une souris.
Toute jeune, elle s’émerveillait de la puissance de Google et autres moteurs de recherche et de leur capacité de retrouver instantanément des millions d'éléments d'information, et sa curiosité n’a fait que croître en voyant sa sœur suivre des cours de technologies de l'information.
Quand Najat a commencé à utiliser Facebook, elle a compris le potentiel des réseaux sociaux et leur capacité de relier des milliers de personnes à l'information et entre eux.
Tout cela a contribué à sa passion pour les technologies nouvelles et à sa conviction qu’elles peuvent servir à améliorer les conditions de vie dans son pays natal, le Yémen.
« Comment peut-on, en appuyant simplement sur un bouton, trouver absolument tout ce qu’on veut ? », s'exclame-t-elle, en parlant de la puissance de l'Internet et pour expliquer son intérêt pour la technologie. « C'est quand même étonnant, et je voulais savoir ce qui se passait derrière tout ça, dit-elle, au lieu de me contenter d’être une consommatrice. »
Najat Al-Qubati a eu l’occasion de parler de l’intérêt qu’elle porte à la technologie le 11 juillet à Washington, où elle était l’une de 25 adolescentes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord participant au programme d’éducation technologique dénommé « TechGirls » d’une durée de trois semaines, qu’organise le département d’État. Dans le cadre de ce programme, les 25 jeunes ont suivi des cours intensifs de technologie à l’Université américaine, ont rencontré des chefs d’entreprise et des dirigeants gouvernementaux et ont pris un bain de culture américaine à l’occasion d’excursions dans la capitale et de rencontres avec de jeunes Américains.
Bien que Najat Al-Qubati ait participé à de nombreuses fêtes de la science et qu’elle suive des classes d'informatique depuis plusieurs années, elle a été attirée vers le programme TechGirls par la possibilité d'utiliser ce qu'elle avait appris pour créer et manipuler des choses comme les applications de téléphonie mobile, des langages informatiques et la modélisation 3D.
« Au Yémen, nous n'avons pas autant de possibilités, surtout en tant que femmes, de travailler dans la technologie, et donc j'ai fait ma demande pour TechGirls parce que je voulais vraiment une introduction à la technologie appliquée », dit-elle.
Les réseaux sociaux sont populaires au Yémen, et l’aptitude d’Internet à inspirer le changement social n’échappe pas à Najat Al-Qubati. Elle espère mettre à profit les connaissances en matière de leadership et les compétences technologiques qu’elle a acquises grâce au programme TechGirls pour instaurer des changements dans sa propre communauté et, un jour, œuvrer en faveur de réformes nationales. À son avis, il est essentiel que ceux qui veulent le changement s’investissent dans leur cause et s’emploient activement à atteindre leur but, plutôt que de s’en remettre à des forces extérieures pour le faire pour eux.
« Ce que je veux, c’est améliorer la situation au Yémen, dit-elle. Et je sais que ça ne peut pas se faire d’un coup de baguette magique. Je dois y aller tout doucement, une étape après l’autre, pour devenir quelqu'un dans mon pays, pour pouvoir apporter des changements. Parce que, bon, si vous voulez que les choses changent, il ne faut pas croire que ce sont les autres qui vont le faire pour vous. »
Pour le moment, Najat Al-Qubati acquiert de nouvelles connaissances technologiques et élargit ses horizons grâce au programme TechGirls. Son séjour aux États-Unis lui a permis non seulement de nouer de nombreuses amitiés avec des jeunes filles de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, mais aussi de découvrir les Américains et leur mode de vie. Elle a été particulièrement impressionnée par l'ouverture d'esprit et l'accessibilité des Américains qu'elle a rencontrés à Washington.
« Les Américains sont en général très sympathiques. Et ça me plaît beaucoup qu’ils ne soient pas critiques », dit-elle.
« Dans mon pays, quand les gens voient une femme sans hijab, vous savez, ils la regardent plutôt. Mais ici, ils me voient avec mon foulard, ils ne remarquent rien ! Ils me parlent aimablement, ils sont très gentils. Peu importe qui vous êtes pour eux ; ce qui compte, ce n’est plus votre apparence, c'est, on va dire, la façon dont vous parlez, votre personnalité », explique-t-elle.
