Washington – Depuis sa première prise de contact avec un ordinateur, à l’âge de 3 ans, Meriem Benamer s’intéresse passionnément au fonctionnement des matériels informatiques, ordinateurs, téléphones et programmes de conception. Peu satisfaite de ses cours de science et de conception, elle a passé de longues heures chez elle après les classes pour étudier indépendamment le langage de programmation C++.
Un séjour de trois semaines aux États-Unis en compagnie d’autres adolescentes passionnées de technologie a permis à cette jeune Algérienne de 16 ans d’ajouter le langage Java à son arsenal informatique et a renforcé sa conviction que les femmes sont toutes aussi capables que les hommes de se servir des technologies nouvelles.
« Dans mon pays, quand une fille dit qu’elle étudie l’informatique, elle se fait dire par tout le monde que ce n’est pas pour elle, que c’est pour les garçons et qu’elle ferait mieux d’étudier la médecine, ou autre chose, dit-elle. Je pense, moi, que nous sommes tous pareils, garçons et filles, que la technologie est très importante pour les femmes, et que les femmes sont capables de faire un tas de choses. »
Meriem Benamer a eu l’occasion de parler de l’intérêt qu’elle porte à la technologie le 11 juillet à Washington, où elle était l’une de 25 adolescentes de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord participant au programme d’éducation technologique dénommé « TechGirls » d’une durée de trois semaines, qu’organise le département d’État. Dans le cadre de ce programme, les 25 jeunes ont suivi des cours intensifs de technologie à l’Université américaine, ont rencontré des chefs d’entreprise et des dirigeants gouvernementaux et ont pris un bain de culture américaine à l’occasion d’excursions dans la capitale et de rencontres avec de jeunes Américains.
Selon Meriem Benamer, la société sous-estime souvent l’aptitude des femmes à acquérir des capacités technologiques spécialisées et attend d’elles qu’elles s’orientent vers des professions et des secteurs plus traditionnels, par exemple dans la santé. Mais cette attitude est peu justifiée étant donné que les femmes sont capables d’accomplir simultanément de multiples tâches et qu’elles se servent déjà souvent d’applications technologiques dans divers domaines.
« Elle est mère de famille, et par conséquent elle se sert des technologies chez elle. Elle travaille, et par conséquent elle s’en sert au bureau », dit Meriem Benamer en généralisant sur les femmes dans la société algérienne. « Et je pense donc, poursuit-elle, que nous devons, nous les femmes, nous améliorer dans ce domaine. »
Fille d’un médecin et d’une infirmière, elle connaît le secteur de la santé et elle espère venir en aide à ses semblables par son choix de carrière. Elle songe à travailler dans la santé et dans l’architecture, et elle aimerait se servir des technologies nouvelles pour améliorer les soins et rendre la vie des gens plus confortable.
« J’aimerais aider mes parents à aider autrui, créer par des moyens technologiques quelque chose qui puisse aider, je ne sais pas, les malades par exemple », dit-elle.
Bien qu’elle ne sache pas encore quelle profession elle choisira, elle est certaine que les aptitudes et les connaissances qu’elle a acquises dans le programme TechGirls lui seront utiles. Ses interactions avec les autres participantes lui ont appris davantage de choses, dit-elle, lui ont ouvert l’esprit et l’ont responsabilisée, tout en renforçant ses capacités en matière de leadership.
L’un des aspects les plus positifs de sa participation au programme TechGirls, estime Meriem Benamer, a été la possibilité de rencontrer des Américains, source pour elle de nouvelles idées et d’inspiration. Une fois rentrée en Algérie, elle est déterminée à parler autour d’elle des innovations qu’elle a vues aux États-Unis et de partager ce qu’elle y a appris.
