Falls Church (Virginie) – Des prières, des repas, des services sociaux et un esprit communautaire, voilà ce qui attire à la mosquée la congrégation.
Beaucoup des 3.000 hommes et femmes qui viennent à la prière du vendredi au Centre islamique de Dar Al-Hijrah de Falls Church, dans la banlieue de Washington, mettent aussi quelques dollars dans un tronc. Ils participent par leurs dons aux frais de déjeuners et de dîners, d’écoles à temps plein et de classes de fin de semaine, d’une banque alimentaire et de services divers tels que l’aide aux sans-abri et aux victimes de violence domestique.
Pendant le Ramadan, les fidèles préparent les repas de l'iftar pour environ 1.000 personnes chaque soir, offerts notamment à tous les membres de la communauté qui ont faim.
Ces dons appuient également les activités interconfessionnelles de Dar Al-Hijrah, telles que sa participation à un iftar interconfessionnel dans une église catholique d’Arlington (Virginie).
Fondé en 1983, le Centre de Dar Al-Hijrah a conclu des accords avec plusieurs de ses voisins qui habitent ou font des affaires le long de leur tronçon de la Route 7. Un supermarché tout proche lui a permis de mettre en place dans son magasin des boîtes de collecte pour recueillir les dons de clients de toutes appartenances.
Deux églises chrétiennes situées à proximité autorisent les fidèles à stationner dans leur aire de stationnement le vendredi et la police de Falls Church affecte des agents pour diriger la circulation aux intersections passantes et assurer la sécurité des piétons qui se rendent à l’office à la mosquée.
Environ 80 % des membres du Centre viennent de pays arabophones du Moyen-Orient et de l'Afrique. Certains sont convertis d'autres confessions.
« Nous sommes une communauté très diversifiée », explique l’imam Johari Abdul-Malik, directeur des services extérieurs du Centre, ancien épiscopalien, natif de Brooklyn, aujourd’hui âgé de 55 ans qui s’est converti à l'islam à 26 ans durant ses études avancées. L’imam Potter, lui, est né dans le Michigan et s'est converti après avoir été élevé dans l’Église de Scientologie.
L’imam Abdul-Malik note que dans la région très densément peuplée du nord de la Virginie, du Maryland et de Washington, les musulmans fréquentent diverses mosquées pour différents motifs.
Les gens vont habituellement à la prière du vendredi dans une mosquée proche de chez eux ou de leur lieu de travail. Certains vont à la mosquée pour profiter de diverses activités telles que des classes de karaté ou des troupes de scouts et d’éclaireuses. D'autres vont à une mosquée qui leur offre une camaraderie au sein d’une ethnie ou d’une idéologie données, dit-il.
À Dar Al-Hijrah, les membres de la congrégation nécessiteux peuvent demander une aide à court ou à long terme pour payer le loyer, se nourrir ou subvenir à des frais médicaux, dit l’assistante sociale Tahani Jabarin, venue aux États-Unis de Jérusalem à l'âge de 14 ans.
L’aide au logement est particulièrement importante pour les chômeurs, dit Mme Jabarin. Son centre fait également équipe avec la Première Église chrétienne voisine, qui a un programme de déjeuners gratuits pour les sans-abri.
Lors d’une panne d’électricité généralisée provoquée récemment par de violents orages, le Centre de Dar Al-Hijrah était l'un des rares endroits de la région où le courant n’avait pas été coupé et il a ouvert ses portes à ses voisins pour leur permettre de profiter de ses locaux climatisés et de manger quelque chose.
Au cours de l'été, dit Mme Jabarin, Dar Al-Hijrah fait équipe avec le ministère de l’Agriculture pour se procurer des aliments à des prix abordables pour la cantine des enfants.
« Pour certains enfants de familles économiquement faibles, le déjeuner de l'école est sans doute leur seul vrai repas de la journée, dit-elle. L’été, pendant les vacances scolaires, nous essayons de leur fournir ce repas. »
Les services du Centre de Dar Al-Hijrah bénéficient aussi d’appui du Secours islamique des États-Unis et de l’Association musulmane américaine de Washington, note Mme Jabarin.
Récemment, un vendredi après les premières prières du matin, l’imam Abdul-Malik s’est rendu au Capitole où il avait été invité par le Congrès à diriger un office de prière. Il a également officié lors des prières du vendredi au Pentagone, quartier général des forces armées américaines.
Quand il s’adresse à un auditoire, explique l’imam Abdul-Malik, y compris lorsqu’il est allé en Afghanistan, son principal message concerne « le pouvoir de la foi sur une terre de liberté ». « Mon outil, dit-il, c’est la parole orale. »

