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Le festival des traditions populaires met en valeur la diversité de l’Amérique

Par Kathryn McConnell | Rédactrice | 16 juillet 2012
Coiffé d’une casquette décorée d’une abeille en peluche, Sean McKenzie à côté de l’une de ses ruches (Département d’État).

Sean McKenzie parle de sa passion pour les abeilles à l’occasion du Smithsonian Folklife Festival de 2012. Il est photographié à côté de l’une de ses ruches.

Washington – La diversité de l’agriculture et de la culture des États-Unis a été mise en valeur à l’occasion du Smithsonian Folklife Festival (festival des traditions populaires) qui vient de se dérouler pendant dix jours à Washington.

Le stand consacré au rôle des abeilles dans la vie agricole a soulevé un grand intérêt dans le public. Coiffé d’une casquette décorée d’une abeille en peluche, Sean McKenzie a décrit sa passion pour l’apiculture et ses efforts pour expliquer l’utilité de ces insectes volants.

« Les abeilles sont des insectes méconnus », nous dit-il. « Si les gens savent qu’elles produisent du miel, ils ont également peur de se faire piquer ! Mais en fait, leur principale mission est la pollinisation des récoltes. » M. McKenzie possède douze ruches. Il est fait partie des bénévoles du Ministère de l’agriculture des États-Unis (USDA) et de l’Université du District de Colombie, où il explique la vie des abeilles aux étudiants. Il nous a montré la reine de l’une de ses ruches, dont il espère récolter vingt litres de miel en 2012.

Lancé en 1967, le festival des traditions populaires se déroule chaque été. C’est aujourd’hui un modèle international de ce que l’on peut faire pour présenter les traditions culturelles dans toute leur vitalité. Le festival 2012 est axé sur trois thèmes : l’impact combiné des universités techniques et du Ministère de l’agriculture des États-Unis sur les communautés locales ; la créativité des réponses communautaires à la crise du HIV/sida ; et la contribution artistique d’une communauté principalement afro-américaine de Washington.

En juillet 1862, en pleine guerre de Sécession, le Congrès des États-Unis a adopté une loi qui allait transformer le système d’éducation publique aux États-Unis. Signée par le président Lincoln, la loi dite « Morrill Act » a créé aux États-Unis un vaste réseau d’universités techniques publiques construites sur des terrains attribués par le gouvernement. Objectif : permettre aux classes populaires d’obtenir une formation pratique de niveau universitaire dans les domaines de l’agriculture, de la mécanique et d’autres disciplines appliquées. Aujourd’hui, ces 217 écoles réparties à travers le pays forment plus de 3,5 millions d’étudiants de premier cycle et 1,1 million d’étudiants de deuxième cycle. C’est également en 1862 que Lincoln a signé la loi créant le Ministère de l’agriculture des États-Unis.

Le stand d’exposition de l’Université d’État du Missouri était installé à coté des ruches de M. McKenzie. Au centre, la représentation d’une grande part de pizza était entourée de modèles des éléments permettant de confectionner ce plat : des vaches, qui nous donnent le fromage et la viande utilisée comme garniture, le blé, qui permet de fabriquer la farine utilisée pour la pâte, et des jardins, qui produisent les poivrons utilisés pour la garniture et les tomates permettant de confectionner la sauce. « Au Missouri, nous cultivons la pizza » nous a dit fièrement Stacy Robb, formatrice à l’Université du Missouri.

Pour que les visiteurs puissent tout apprendre sur la vie à la ferme, cette université du Midwest des États-Unis présentait un modèle de vache grandeur nature, que les visiteurs étaient invités à « traire ». Cette opération, qui ne produisait évidemment que de l’eau, était supervisée par Olivia Ermine. Cette étudiante en sciences de l’agriculture avait accepté de donner son temps au festival afin d’encourager les jeunes, notamment les femmes, à faire carrière dans l’agriculture.

À côté du modèle de vache à lait, l’université présentait un grand camion rouge et blanc ressemblant à une ambulance. Depuis 2008, cette clinique vétérinaire mobile permet d’accéder aux soins vétérinaires aux quatre coins de l’État du Missouri. Le coût de ce véhicule est couvert par des donations privées. Une deuxième unité sera mise en service en novembre, nous dit Elizabeth Hiebert, elle-aussi étudiante à l’Université d’État du Missouri.

Un peu plus loin, Nives Torres, de l’Université du Nouveau Mexique, présente aux visiteurs des produits traditionnels du sud-ouest des États-Unis. Des haricots pinto et des haricots rouges, blancs et noirs forment des triangles évoquant les points cardinaux qui guident les peuples autochtones d’Amérique tout au long de leur vie. Des pommes, des oranges et des citrons verts rappellent le climat de cette région. Tout près, Valérie Segrest et le Northwest Indian College de l’État de Washington, au nord-ouest des États-Unis, avaient organisé une installation encourageant à la protection des produits alimentaires originaires du continent, tels que le saumon et les baies sauvages.

Toujours plus à l’ouest, Hiapo Cashman, natif d’Hawaii, avait choisi de présenter un petit jardin de taro, ou chou de Chine. Les tubercules de cette plante sont broyés pour produire une farine que les polynésiens appellent poi. La feuille est utilisée pour envelopper des aliments mis sur le gril. Hiapo nous a confié que le peuple d’Hawaii considère le taro comme un « grand frère ».

« Et si nous prenons bien soin de nos anciens, ils prendront soin de nous », précise-t-il.

À propos des abeilles

On décompte environ 20.000 espèces d’abeilles dans le monde. Chaque colonie se compose d’une reine, d’ouvrières et d’un bourdon. Les ouvrières et la reine sont de sexe féminin. Seule la reine assure la reproduction. Les ouvrières entretiennent la ruche, récoltent le pollen et le nectar pour nourrir la colonie, et élèvent les larves. Le rôle unique du bourdon est de fertiliser la reine.

Hiapo Cashman, à côté d’un jardin de plantes à larges feuilles (Département d’État).

Hiapo Cashman explique la valeur nutritive du tubercule de taro, fréquemment utilisé dans la cuisine traditionnelle d’Hawaii.