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Les E.-U. aident des mineurs de diamants à obtenir des droits de propriété

Par Kathryn McConnell | Rédactrice | 09 juillet 2012
Deux hommes observent un collègue utilisant un tamis. (USAID)

Techniques artisanales d’extraction

Washington - Le mari de Berthe Yadjo était sans cesse à la recherche de champs diamantifères. Lorsqu’il trouvait quelques pierres précieuses, il n’avait d’autre choix que de les vendre au premier offrant.

La famille craignait toujours que quelqu’un ne vole les diamants avant qu’il ne trouve un acheteur, ou que le gouvernement ne confisque la mine. La majeure partie du commerce des diamants était illégale, ses produits servant à financer des conflits. Cela est un énorme problème dans les pays africains riches en diamants, comme la République centrafricaine, où vit la famille Yadjo.

« Il est paradoxal que le diamant, cette belle pierre utilisée pour célébrer l’amour et le mariage dans de nombreuses cultures, serve également à financer la guerre et la violence », affirme le narrateur d’une vidéo réalisée par l’USAID et intitulée Diamants, développement et droits de propriété.

L’exploitation minière a d’autres conséquences. Chaque fois qu’une mine était épuisée, la famille Yadjo devait déménager sur d’autres sites. Cette pratique était destructrice de l’environnement.

La vie des Yadjo s’est stabilisée après qu’un projet d’obtention de droits de propriété pour les mineurs fut lancé dans le pays en 2007. Appelé Droits de propriété et développement du diamant artisanal (DPDDA), ce projet est soutenu conjointement par l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) et le département d’État. Son objectif est de réduire les conflits et de renforcer les droits des mineurs artisanaux de prospecter, d’extraire les diamants et de les vendre par des réseaux légaux. Le DPDDA associe des efforts locaux de motivation des mineurs à des appareils liés au Système de positionnement global qui permettent de localiser précisément les champs diamantifères. Les gouvernements sont alors également mieux à même de respecter les normes internationales de certification découlant de l’accord issu du processus de Kimberly.

En 2003, le processus de Kimberly a en effet permis de lancer un projet de certification internationale visant à améliorer la gouvernance et la transparence dans le commerce des diamants. Ce processus était conçu de façon à s’assurer que les diamants bruts n’alimentent pas les conflits orchestrés contre des gouvernements légitimes. Il a entraîné une amélioration de la surveillance du commerce des diamants - tant dans les pays producteurs et de négoce que consommateurs - et constitue, d’après le département d’État, une plateforme permettant de concentrer l’attention sur le développement socio-économique des pays concernés, particulièrement dans les collectivités où l’activité d’extraction minière se fait à petite échelle. Le processus de Kimberly a permis de créer un mécanisme de traçabilité des diamants de leur source aux marchés mondiaux. La même année, le Congrès des États-Unis adoptait une loi dite des « diamants propres » visant à stopper le commerce de ce qu’on appelle les diamants de conflits.

Avant de mourir, le mari de Mme Yadjo avait obtenu, grâce au DPDDA, un certificat de propriété pour sa mine. Sa femme en a hérité.

Elle l’a transformée en étang à poissons qui lui a permis de gagner suffisamment d’argent pour acheter deux autres mines épuisées et de les réhabiliter. Elle et ses enfants ne se soucient désormais plus de ce qu’ils vont mettre dans leur assiette.

Le DPDDA vise également à amenuiser les dégâts environnementaux, transformant d’anciennes mines en zones de production agricole. À ce jour, 600 mines ont été transformées en étangs poissonneux, en jardins potagers et en vergers, a déclaré Tim Fella, un responsable de l’USAID.

De nombreux mineurs affirment qu’ils gagnent désormais plus d’argent en élevant des poissons qu’en extrayant des diamants.

Deux hommes se tendent la main.

Les procédures minières légales débouchent sur des informations justes concernant les possibilités de négoce offertes aux mineurs et aux vendeurs.