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M. Johnnie Carson : Les États-Unis appuient la restauration de la démocratie au Mali

Par Phillip Kurata | Rédacteur | 10 juillet 2012
Portrait officiel de Johnnie Carson (State Dept.)

Le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson

Washington - Le plus haut diplomate américain chargé de l’Afrique a dit que les États-Unis œuvrent pour promouvoir le retour à la gouvernance démocratique au Mali.

Cela implique aider le gouvernement intérimaire à établir un calendrier clair pour la tenue d’élections qui puissent avoir lieu en temps opportun afin que son successeur puisse entrer en fonction d’ici à mai 2013, date butoir décidée par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Le Mali continue de faire face aux divers défis que représentent la rébellion, les activités extrémistes et la crise humanitaire.

Le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines Johnnie Carson a indiqué le 29 juin à un groupe parlementaire à Washington que la crise politique déclenchée par le coup d’État du 21 mars au Mali avait affectée la paix et la stabilité de toute la région du Sahel, qui est vitale aux intérêts des États-Unis.

« Le Mali a été un partenaire solide des États-Unis dans les domaines de la démocratie et de la gouvernance, du développement économique, et de la paix et de la sécurité, a dit M. Carson. Promouvoir la restauration d’un gouvernement démocratiquement élu cadre avec le premier pilier de la politique du gouvernement américain à l’égard de l’Afrique, à savoir, bâtir des institutions démocratiques solides. »

M. Carson a souligné que les États-Unis appuient les efforts de médiation de la CEDEAO, qui ont conduit à la formation d’un gouvernement intérimaire. Le président de ce dernier, Dioncounda Traore, qui s’est rendu en France pour suivre un traitement médical après que les émeutiers eurent mis à sac le palais présidentiel en mai, n’est pas encore rentré au Mali, exprimant des craintes quant à la sécurité de sa personne.

« Son absence est symbolique d’un manque de leadership fort au niveau du gouvernement intérimaire. De plus, les responsables du coup d’État ne sont pas rentrés définitivement dans leurs casernes, et constituent une menace supplémentaire au processus de transition et aux efforts déployés pour rétablir la stabilité », a ajouté M. Carson.

Le secrétaire d’État adjoint a dit que les rebelles touaregs et les autres groupes extrémistes dans le nord du Mali avaient profité du chaos politique dans la capitale Bamako pour mener des offensives vers le sud, et avaient réussi à étendre leur emprise sur trois régions du nord du pays.

Un gouvernement légitime est nécessaire à Bamako afin qu’une solution durable puisse être négociée avec les leaders rebelles, a noté M. Carson. Et il a encouragé les voisins du Mali, notamment l’Algérie et la Mauritanie, à tendre la main aux Touaregs modérés et à participer à un processus de paix régional qui tienne compte des « revendications légitimes » des Touaregs.

L’absence d’un gouvernement malien effectif a aussi permis aux groupes terroristes et extrémistes, tels qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), de mener plus facilement des opérations dans le nord du Mali, selon M. Carson.

« L’AQMI a clairement bénéficié de la prolifération d’armes en provenance de la Libye et des déplacements de combattants bien armés et entraînés qui ont quitté ce pays pour se diriger vers d’autres États sahéliens déjà en proie à divers fardeaux, a dit M. Carson. Le coup d’État et les troubles touaregs ont entravé les efforts anti-terroristes dans la région. »

« Pour que le Mali puisse contrer avec efficacité la rébellion touareg et les menaces terroristes dans le nord, et redevenir un exemple de la démocratie dans la région, il aura besoin des efforts soutenus et concertés des États-Unis et de la communauté internationale », a déclaré M. Carson.

Il a ajouté que les États-Unis doivent fournir leur aide de manière « conforme à la loi américaine » et susceptible d’accroître le développement économique et les possibilités pour la jeunesse défavorisée du nord du Mali. Selon la loi des États-Unis, Washington doit suspendre son aide à tout pays dont les dirigeants sont renversés par un coup d’État, à l’exception d’une assistance cruciale et apte à sauver des vies. M. Carson a précisé que l’octroi d’une aide qui réponde à ces critères était examiné au cas par cas pour le Mali.

Le responsable chargé de l’Afrique à l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. Earl Gast, a déclaré devant le même groupe parlementaire qu’au moins un foyer sur cinq au Mali faisait face à une « grande » insécurité alimentaire, dont le niveau était le plus grave dans le nord du pays. M. Gast a souligné que les États-Unis peuvent fournir une aide alimentaire à court terme et appuyer l’organisation des élections, mais que le développement futur du Mali ne peut s’effectuer que sous l’égide du peuple malien. « Il ne saurait être accompli qu’en présence d’un gouvernement participatif dûment élu », a-t-il affirmé.