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Les efforts dans la lutte antipaludique donnent des résultats qu’il importe de préserver

14 juin 2012
Des enfants africains passent la tête hors de leur moustiquaire (Gilbert Awekofua/Photoshare)

Des enfants passent la tête hors de leur moustiquaire dans le nord de l’Ouganda. Les moustiquaires réduisent le nombre des décès et des cas de maladie s’ils sont utilisés correctement et régulièrement toutes les nuits.

Washington – Une équipe d’évaluation indépendante a déterminé que l’Initiative présidentielle contre le paludisme (PMI) avait obtenu de « très bons résultats » au plan de la réduction de la mortalité infantile causée par cette maladie parasitique propagée par les moustiques, mais elle a également rappelé que le programme devait poursuivre ses efforts afin de préserver ces résultats.

Le Centre pour la santé mondiale et le développement (Center for Global Health and Development, CGHD) de l’Université de Boston a présenté son rapport au Congrès des États-Unis le 5 juin.

L’Initiative présidentielle contre le paludisme a été lancée en 2006 et s’inscrit aujourd’hui dans le cadre de l’Initiative du président Obama en matière de santé mondiale. Le programme a comme objectif de réduire les cas de paludisme dans la population la plus fragile – les enfants de moins de 5 ans. En 2010, la maladie a tué quelque 655.000 personnes et les jeunes Africains sont le groupe le plus durement touché.

Mais le nombre de cas de cette maladie est en baisse régulière depuis 2000 et l’Organisation mondiale de la santé a calculé que depuis cette année-là, le nombre des décès a baissé de 33 % en Afrique et de plus de 25 % à l’échelle mondiale.

L’équipe d’évaluation du CGHD a passé sept mois à interviewer des professionnels de la santé dans les pays où la PMI est opérationnelle.

Selon l’équipe, « l’histoire de la lutte contre le paludisme est celle de succès temporaires suivis de reculs. L’Initiative présidentielle contre le paludisme a contribué au succès de cette dernière tentative de contrôle du paludisme ; il s’agit maintenant de trouver une stratégie pour préserver les progrès et s’adapter aux défis biologiques, politiques et financiers existants pour éviter que l’histoire ne se répète ».

La PMI cible 15 pays à haut risque de l’Afrique subsaharienne et y applique à grande échelle des mesures connues pour leur efficacité dans la lutte contre le paludisme : recours aux moustiquaires traitées à l’insecticide pour empêcher les piqures de moustiques, et pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des maisons. À la fin avril 2012, un rapport de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, indique que les programmes de pulvérisation ont protégé 28 millions de personnes en 2011 et que plus de 31 millions de moustiquaires ont été distribuées depuis 2006.

Le rapport précise encore que « s’il existe toujours des défis biologiques, politiques et financiers susceptibles d’étioler considérablement les progrès réalisés à ce jour, la PMI, au cours de ses cinq premières années d’activité, s’est montrée à la hauteur de sa mission de conforter et renforcer la réponse des États-Unis dans la lutte mondiale contre le paludisme ».

Le rapport du CGHD recommande une réévaluation des méthodes de prévention du paludisme, y compris de l’utilisation des insecticides qui, de l’avis des chercheurs, ne couvre qu’une partie de la population à risque et ce à un coût élevé.

Au niveau des pays individuels, la PMI cherche à créer des liens et à coopérer avec les programmes antipaludiques nationaux et le rapport suggère que l’on envisage de transférer certains programmes opérationnels à des agences nationales qui ont acquis les compétences requises.

S’agissant de l’avenir, les chercheurs suggèrent que les difficultés budgétaires qui affectent même les économies les plus fortes risquent d’amener une réduction de l’aide sanitaire aux pays en développement. Compte tenu de cette possibilité, le rapport note qu’il est « absolument impératif » que le programme fonctionne de manière aussi efficace que possible.