Washington - Le 13 juin, devant un parterre de jeunes Africains qui cherchent à réussir dans toutes sortes de carrières, la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a présenté le pari que font les États-Unis.
« Nous parions que vous utiliserez vos talents et vos compétences pour faire connaître la prospérité et un avenir meilleur à ceux qui ont besoin de vous », a déclaré Mme Clinton aux participants à un programme de trois semaines sur le développement des capacités de leadership et le mentorat des jeunes adultes. Les participants, qui viennent de pratiquement tous les pays d'Afrique subsaharienne, passeront quelque temps à Washington, à Chicago et dans d'autres villes, où ils auront l'occasion de rencontrer des Américains faisant divers métiers, de les accompagner sur leur lieu de travail et de développer des idées utiles pour faire progresser leurs pays respectifs.
Mme Clinton a imploré les jeunes Africains de se faire les ambassadeurs de leur pays au cours des réunions à venir et lors des contacts qu'ils noueront, autrement dit de faire découvrir aux Américains les tendances positives qui se font jour en Afrique, à savoir : la multiplication des possibilités pour les femmes et les filles, la progression de la démocratisation, l'expansion de l'économie et le dynamisme du secteur des technologies de l'information.
En s'employant à élargir la conception que les Américains se font de leurs pays respectifs, a déclaré la secrétaire d'État à son auditoire, les jeunes Africains ont le pouvoir d'« abattre les murs de l'ignorance et de l'indifférence », de mobiliser un engagement plus fort en faveur d'un objectif important, celui « de faire du monde un endroit vraiment meilleur ».
Les jeunes Africains participent au programme pour s’ouvrir à de nouvelles idées qui pourraient les aider à atteindre leurs objectifs de retour dans leur pays, mais c’est sur la base de ce qu’ils ont déjà réalisé chez eux qu’ils ont été sélectionnés par les ambassades des États-Unis en Afrique pour le programme de mentorat. « Vous êtes nos éléments les plus brillants », a déclaré Mme Clinton, avant de citer plusieurs exemples de personnes qui se sont distinguées dans leur collectivité :
• Une jeune Sud-Africaine a lancé une organisation non gouvernementale qui a pour mission de promouvoir l’avancement des femmes et des filles dans sa collectivité en misant sur l’éducation et les chances de réussir.
• Un entrepreneur namibien a créé sa propre gamme de « chili » et de sauces barbecue qui est distribuée maintenant dans toute la Namibie, et il ambitionne de vendre ses produits à l’échelle de tout le continent.
• En Guinée, un journaliste de radio s’est fait un nom en produisant des reportages sur le trafic des stupéfiants et il prépare maintenant des programmes visant à soutenir l’élargissement des entreprises agricoles.
C’est la troisième fois que le gouvernement Obama réunit un groupe de jeunes pour les faire participer à un programme de développement des capacités et de mentorat dans le cadre de l’initiative en faveur des jeunes Africains. Dans le cadre d’un effort à long terme visant à développer une relation positive entre les États-Unis et la jeunesse du continent, son gouvernement tend la main à cette génération dans laquelle il voit les acteurs de la future croissance économique mondiale.
« Nous voulons voir ce groupe de jeunes leaders former un réseau dynamique », a insisté Mme Clinton, notant que 60 % des Africains ont moins de 25 ans.
Qui plus est, a-t-elle ajouté, le Sommet sur l’innovation et le mentorat donne aux États-Unis l’occasion d’apprendre, par l’intermédiaire des 60 participants, ce que le gouvernement américain pourrait faire pour améliorer les relations entre eux et l’Afrique.
« Ce n’est pas une diffusion unidirectionnelle », a dit la secrétaire d’État en souriant.
Après un séjour de quelques jours à Washington, les participants se sépareront en groupes pour aller chacun dans une des villes suivantes : Seattle (État de Washington) ; Charlotte (Caroline du Nord) ; Philadelphie (Pennsylvanie) ; Pittsburgh (Pennsylvanie) ; Miami (Floride) ; Huntsville (Alabama) ; Denver (Colorado) ; Chicago (Illinois) et Cincinnati (Ohio). Dans ces villes, les partenaires du Sommet veilleront à ce que les jeunes Africains fassent l’expérience des lieux de travail aux États-Unis et de la culture américaine. Cette formation vise à rehausser la collaboration entre les États-Unis et l’Afrique pour promouvoir l’innovation commerciale, les investissements et la responsabilité sociale en Afrique.
Les États-Unis font le pari que les 60 jeunes leaders venus d’Afrique subsaharienne pour participer au Sommet sur l’innovation et le mentorat seront capables de créer un avenir meilleur pour tous les habitants du continent.
