Washington - Des responsables de dizaines de pays et des représentants de l’industrie des pierres précieuses et de la société civile ont participé à une réunion tenue du 4 au 7 juin au département d’État pour discuter des moyens de mettre fin à l’extraction et à la vente des diamants de conflits.
À la conférence, les États-Unis ont proposé de mettre à jour la définition des diamants de conflits pour inclure les diamants à l’état brut qui servent à financer des conflits armés ou d’autres situations de violence, a indiqué à la presse l’ambassadrice des États-Unis Gillian Milovanovic à la fin de la rencontre. Mme Milovanovic préside le processus de Kimberly au nom des États-Unis durant 2012.
« Le processus de Kimberly doit être mis à jour pour refléter les réalités de l’heure et pour répondre aux nombreuses préoccupations des consommateurs aux États-Unis et ailleurs en ce qui concerne le commerce des diamants », a-t-elle expliqué.
Le processus de Kimberley a été lancé en 2003 comme mécanisme international de certification visant à améliorer la gouvernance et à accroître la transparence en matière de commerce diamantaire. L’objectif du processus est de s’assurer que les diamants à l’état brut ne servent pas à financer des conflits menés contre des gouvernements légitimes. Il a permis de mieux suivre les activités diamantaires au niveau de la production, du commerce et de la vente dans les différents pays et a servi de forum pour mettre l’accent sur le développement socio-économique lié aux diamants, notamment dans les communautés où l’extraction des diamants se fait à petite échelle, selon le département d’État.
« Le monde sait aujourd’hui que la menace comprend les leaders rebelles mais qu’elle ne se limite plus à eux », a noté à la réunion Jose Fernandez, le secrétaire d’État adjoint aux affaires économiques et commerciales qui a ajouté que le processus de Kimberly doit continuer à évoluer pour tenir compte des défis auxquels le secteur des diamants doit faire face.
Les participants à la conférence se sont penchés sur plusieurs dossiers, notamment la mise en vigueur de normes commerciales pour les producteurs, les vendeurs et les acheteurs de diamants. Des groupes de travail ont fait plusieurs suggestions, y compris : mettre fin au travail des enfants dans les mines de diamants ; minimiser les risques à la santé, le bien-être et la sécurité des mineurs ; et repérer les moyens qui permettront à l’industrie du diamant de contribuer à la viabilité économique, sociale et environnementale des pays producteurs de diamants.
Ils ont souligné que les gouvernements devaient mettre en place des réglementations relatives au secteur diamantaire, qui exigeraient entre autres des licences pour les mines de diamants afin de garantir l’intégrité de la chaîne d’approvisionnement en diamants à l’état brut, et ont noté la nécessité de faire appliquer ces réglementations.
Les participants ont été invités à repérer les zones où les rebelles extraient des diamants et à partager ces renseignements les uns avec les autres.
« ‘Comment pouvez-vous prendre cette ressource qui a été déformée en un symbole d’oppression, de violence et d’inégalité [et la transformer] en une source d’espoir et de prospérité pour tous ?’ », a demandé Eli Izhakoff, président du Conseil mondial du diamant, en citant la ministre sud-africaine des ressources minérales Susan Shabangu. « ‘Il n’est possible d’y arriver qu’en faisant en sorte que les citoyens des pays producteurs bénéficient d’une part équitable des revenus générés par leurs ressources en diamants’. »
Le processus de Kimberly collabore avec plusieurs organisations internationales, y compris la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le Conseil international des mines et métaux, et le Programme des Nations Unis pour le développement.
Les États-Unis seront l’hôte de la réunion décisionnelle annuelle du processus de Kimberly à la fin de novembre.
Le processus de Kimberly fut créé à la suite de la conférence qui réunit en 2000 les représentants de pays producteurs de diamants en Afrique australe à Kimberly (Afrique du Sud). Actuellement, 76 pays en sont membres.
L’Afrique du Sud occupera le siège de la présidence du processus de Kimberley en janvier 2013.
Veuillez consulter le site du processus de Kimberley pour plus de renseignements.
