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« Les amis du peuple syrien » appellent à des pressions accrues contre Assad

08 juin 2012
Des manifestants autour d’un message écrit avec des flammes sur la chaussée (AP Images)

Des Syriens participant le 17 mai à une manifestation à Damas sont rassemblés autour du tracé en flammes de lettres arabes signifiant « Nous persévérerons ».

Washington - Les représentants de quelque 60 pays, réunis le 6 juin à Washington, ont réaffirmé leur attachement à une fin immédiate de la violence en Syrie et appelé à l’accroissement de la pression internationale contre le régime de Bachar al-Assad.

Le Groupe de travail international sur les sanctions, établi par les Amis du peuple syrien, a rendu publics les résultats de sa seconde réunion dans un communiqué diffusé le même jour par le ministère des finances des États-Unis, le lieu de la réunion qui s’est tenue sous la coprésidence du Qatar, de la Turquie et des États-Unis. Le ministère des finances Timothy Geithner a prononcé le discours liminaire.

« Le Groupe a réaffirmé son attachement à une fin immédiate de la violence contre le peuple syrien et a appelé tous les membres de la communauté internationale à faire preuve de solidarité avec le peuple syrien en mettant en vigueur des mesures visant à accroître les pressions sur le régime Assad afin qu’il s’acquitte de ses obligations conformément au Plan en six points de l’envoyé spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue arabe, Koffi Annan, et des résolutions 2042 et 2043 du Conseil de sécurité de l’ONU», lit-on dans le communiqué.

Le Groupe a également réaffirmé son appui aux sanctions énoncées dans son communiqué du 17 avril à Paris et celui de la réunion des Amis du peuple syrien le 24 février à Tunis (Tunisie).

La brutalité continuelle du régime Assad est la plus grande menace contre le peuple syrien et son bien-être, a noté le groupe, soulignant le fait que les sanctions ne visent pas la population civile de Syrie. Elles visent en revanche à accroître les pressions sur les individus et les institutions responsables de la répression brutale menée par le régime syrien ainsi qu’à priver ce dernier des ressources dont il se sert pour l’exercer.

Les membres du groupe international ont exprimé leur « profonde insatisfaction » avec le non-respect par le régime Assad des engagements qu’il a pris à l’égard du Plan Annan et leur « grave inquiétude » quant à la menace croissante à la stabilité régionale. Ils sont convenus en grande partie de la nécessité d’adopter des mesures supplémentaires dans l’avenir à la lumière de la violence qui perdure et du refus continu de répondre aux aspirations démocratiques du peuple syrien.

À cet égard, le Groupe a fait savoir qu’il appuie l’adoption d’une résolution sous le chapitre VII du Conseil de sécurité de l’ONU à laquelle avait appelé la Ligue arabe le 2 juin, et qui comporterait des sanctions contre le régime Assad par les États membres de l’ONU, y compris, entre autres, le gel de biens, des interdictions sur les déplacements et un embargo sur les armes.

Le Groupe a pris note des mesures prises par les États participant à ses travaux et a instamment prié ceux-ci d'appliquer pleinement les sanctions et de les faire respecter afin d’exercer un maximum de pression sur le régime Assad. Si ces mesures représentent une entrave considérable aux activités du régime, a-t-il reconnu, « une approche concertée multinationale et continuelle » s'impose néanmoins pour priver encore plus le régime des ressources financières dont il a besoin pour maintenir sa campagne de répression violente.

De surcroît, le Groupe a appelé tous les pays à harmoniser les sanctions nationales et régionales en imposant au minimum le gel des biens des hauts responsables du régime syrien ainsi que le gel des avoirs de la Banque centrale et de la Banque commerciale de Syrie, conjugué à la restriction des transactions avec ces établissements, et ce afin de les isoler du système financier international.

Par ailleurs, le groupe a invité les États à imposer un embargo sur les produits pétroliers syriens et à interdire l’assurance et la réassurance de l’acheminement de ces produits. En outre, il les a priés d’interdire les livraisons d’armes au régime syrien et l’assurance ou la réassurance des livraisons d’armes de pays tiers au régime.

Le groupe leur a demandé également d’émettre des directives aux institutions financières sur leur territoire pour les sensibiliser aux risques associés aux transactions avec la Syrie et d’exiger d’elles de faire preuve de vigilance accrue par rapport à toutes les transactions liées à la Syrie afin d’empêcher le régime Assad d’employer des pratiques financières frauduleuses dans le but de contourner les sanctions internationales.

Il a aussi appelé les leaders du commerce syrien et d’autres qui continuent d’appuyer le régime Assad à lui retirer leur appui au risque de faire face à un isolement international accru.

Déplorant les actions des États qui minent les chances de réussite du plan Annan en fournissant un soutien financier, diplomatique ou matériel au régime Assad, le groupe a invité ces derniers à cesser immédiatement d’offrir tout appui qui contribue à « la répression violente des aspirations démocratiques légitimes du peuple syrien », précise le communiqué.

Une fois la transition démocratique entamée, le groupe a souligné son engagement à réexaminer rapidement les sanctions afin de soutenir la reconstruction de la Syrie future en coordination avec le Groupe de travail sur la reconstruction économique et le développement.

Le groupe a réaffirmé sa détermination à œuvrer en commun pour imposer des restrictions et des sanctions sur le régime syrien et sur ses partisans et à partager les renseignements pertinents aux mesures adoptées pour accroître les pressions sur le régime.

Le Groupe de travail international sur les sanctions tiendra sa prochaine réunion à Doha (Qatar) en juillet. Vous pouvez consulter son communiqué (en anglais) sur le site Internet du ministère des finances.