Washington - L'année 2011 a été « particulièrement tumultueuse et capitale pour quiconque est associé à la cause des droits de l’homme », estime la secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton.
« Bien des événements qui ont fait la une de l’actualité récemment, depuis les révolutions au Moyen-Orient jusqu’aux réformes en Birmanie, ont eu les droits de l’homme pour point de départ, hommes et femmes ayant revendiqué leurs droits universels sans la moindre ambiguïté », a-t-elle déclaré le 24 mai à l'occasion de la publication des Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l'homme (2011).
Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, par exemple, le peuple a exigé le respect des droits universels, la dignité, davantage de possibilités économiques et une plus grande participation politique. « Ces manifestations ont eu des répercussions qui ont été ressenties dans le monde entier », note une fiche documentaire du département d'État consacrée à ces rapports. En Birmanie, le gouvernement a pris des mesures importantes dans la voie de la réforme politique et il a libéré plus de 200 de ses prisonniers politiques.
Michael Posner, secrétaire d'État adjoint pour la démocratie, les droits de l'homme et le travail, a relevé certains événements encourageants qui se sont produits en 2011, dont la tenue d'élections libres en Zambie et en Tunisie ainsi que les efforts déployés par le gouvernement colombien en vue d'améliorer la justice dans les affaires de droits de l'homme.
En Tunisie, note le département d'État dans sa fiche documentaire, le peuple a participé à des élections transparentes et crédibles en vue de la formation d'une assemblée constituante. Cette dernière a élu un ancien prisonnier politique au poste de premier ministre par intérim.
M. Posner a toutefois relevé des « tendances inquiétantes » dans un grand nombre de pays en 2011, parmi lesquelles figurent la tenue d'élections entachées d'irrégularités, des restrictions à la liberté physique et d'Internet, la censure des médias et les tentatives visant à limiter les activités des groupes de la société civile. « Ces restrictions contrecarrent les efforts des citoyens qui veulent changer leur société pacifiquement de l'intérieur », a-t-il déploré.
À cette liste de tendances inquiétantes, il faut ajouter la montée de l'antisémitisme et la poursuite des persécutions contre les minorités religieuses, dont les ahmadis, les baha'is et les bouddhistes tibétains. Dans beaucoup de pays, on a constaté la progression des abus, de la discrimination et de la violence à l'encontre de membres de minorités raciales et ethniques, de personnes handicapées et de membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT), indique le département d'État dans sa fiche documentaire.
Au XXIe siècle, a insisté Mme Clinton, « les droits de l’homme ne se résument pas aux libertés civiles et politiques ; ils s’appliquent aussi à la question fondamentale de savoir si les gens, partout au monde, ont la possibilité d’exploiter au maximum le potentiel que Dieu leur a donné ».
À cette fin, a-t-elle enchaîné, les États-Unis appuient « à travers le monde les efforts visant à donner aux individus une voix dans leur société, un rôle dans l’économie » et ils les soutiennent « alors qu’ils déterminent leur avenir et les contributions qu’ils peuvent faire à celui de leur pays ». « Nous pensons que c’est ainsi, ensemble, que nous pouvons faire des droits de l’homme une réalité », a affirmé la secrétaire d'État.
Cette dernière a fait observer que les rapports publiés cette année, et qui passent en revue la situation en matière de droits de l'homme dans quelque 200 pays, sont plus accessibles au grand public que par le passé et plus faciles aussi à consulter.
« Cette année, les rapports sont plus faciles à consulter en ligne, les tendances par région plus faciles à suivre, les progrès par catégorie de personnes plus faciles à mesurer, et il est aussi plus facile de distinguer les gouvernements qui respectent leurs engagements de ceux qui ne le font pas », s'est félicitée Mme Clinton.
Et d'ajouter : « Cet ensemble de rapports, que le gouvernement des États-Unis publie depuis près de quarante ans, envoie un message clair aux gouvernements du monde entier : nous surveillons ce que vous faites et nous vous tenons responsables de vos actions. Et il envoie un message clair aux citoyens et aux militants où qu’ils se trouvent : vous n’êtes pas seuls. Nous sommes à vos côtés. »
M. Posner a précisé que plus d'un million de personnes avaient consulté en ligne les rapports de l'année dernière. Pour qu'ils soient accessibles à encore davantage de personnes, le département d'État a décidé cette année qu'ils seraient moins longs, plus concis et plus faciles à manipuler pour faire des recherches. Autre nouveauté : tous les rapports par pays contiennent maintenant un résumé.
« Le public peut partager ces rapports dans les médias sociaux et avoir ainsi des conversations sur les droits de l'homme », a commenté M. Posner.
Les Rapports sur les pratiques des pays en matière de droits de l'homme (2011) sont accessibles (en anglais) sur le site du département d'État. Quand ils seront traduits, ils seront affichés ici. Cette page sera mise à jour périodiquement.
