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Une Africaine œuvre en faveur de la création d'entreprises dans son pays

Par Kathryn McConnell | Rédactrice | 23 mai 2012
Une femme se tient devant un petit groupe de personnes assises à leur bureau (photo offerte par Omowale Ogunrinde)

Omowale Ogunrinde parle de l'entrepreneuriat avec des élèves.

Le présent article fait partie d'une série portant sur des créateurs d'entreprise nés en Afrique.

Washington - « Ce dont mon pays, le Nigéria, a besoin, c'est de créer sa propre Silicon Valley en encourageant les jeunes pousses et les petites entreprises à développer l'économie nationale. Mon pays dépend beaucoup trop d'autres pays », a déclaré la directrice générale de la Foundation for Skills Developpement, Omowale Ogunrinde. Établie depuis neuf ans à Lagos, cette fondation est en fait un centre de formation professionnelle.

Selon Mme Ogunrinde, l'une des façons de contribuer à la solution des grands problèmes du Nigéria, tels que la forte croissance démographique et le taux de chômage élevé, consiste à fournir une formation professionnelle dans des domaines comme la restauration, la mode, la menuiserie, l'électronique, la coiffure, le maquillage, les applications informatiques et la réparation des appareils électriques. Près de 4.000 personnes, dont des adultes au chômage, des jeunes et des handicapés, ont suivi des cours dans son centre de formation.

« Partout dans le pays, la pauvreté est criante. Tant qu'on ne peut être sûr que tout habitant est en mesure d'avoir au moins un repas par jour, personne n'est libre, vraiment personne », a-t-elle insisté.

Grâce aux connaissances qu'ils ont acquises dans ce centre, plus de la moitié des élèves ont monté une entreprise et embauché du personnel. C'est ainsi qu'une ancienne élève a créé à Lagos une entreprise d'alimentation Fresh Dew Foods, qui compte maintenant plus de 35 salariés. Une autre a ouvert deux magasins de mode à Port Harcourt. Ceux qui ne se sont pas mis à leur compte ont obtenu un bon emploi et amélioré leur revenu.

« Nous nous sommes rendu compte que les cours pratiques devaient accompagner les cours de gestion des entreprises », a fait remarquer Mme Ogunrinde, qui est titulaire d'une maîtrise de commerce et qui travaillait auparavant dans une banque.

Pour sa part, Mme Candida Brush, professeure spécialisée dans l'entrepreneuriat féminin à l'université Babson College de Wellesley (Massachusetts), a parlé en termes élogieux du centre de formation professionnelle : « Chaque personne qui suit des cours dans votre école contribue au développement économique et à l'amélioration de la situation de votre pays. Vous créez le changement tous les jours, au niveau individuel », a-t-elle déclaré à Mme Ogunrinde.

Récemment, la fondation a lancé un nouveau projet destiné aux femmes qui possèdent une petite ou moyenne entreprise.

Par ailleurs, un autre de ses projets (« Smart Kids ») consiste à donner à des élèves des écoles publiques des livres et des fournitures scolaires excédentaires ou d'occasion appartenant à des particuliers. « Il s'agit là d'une excellente façon d'exposer très tôt de jeunes élèves à l'esprit d'entreprise, ce qui peut les inciter plus tard à tenter de résoudre certains problèmes de société en montant une entreprise », a fait remarquer Mme Brush.