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Un programme de formation invite les femmes à se lancer dans la politique

Par Jane Morse | Rédactrice | 17 avril 2012
Trois Asiatiques-amériques assises à une table (Center for American Women and Politics)

Bonnie Liao (à droite) et Tsolmonbayar Badrakh (au centre) participatent à un programme qui encourage les Américaines d'origine asiatique à briguer des postes électifs.

Washington — Les hommes et les femmes sont différents et ce constat vaut particulièrement quand il s’agit de se présenter à des élections, estime une enseignante de l’Université Rutgers (New Jersey).

« Des études nous ont appris que les femmes estiment avoir besoin de se former et d’obtenir toutes les informations nécessaires avant d’entamer une campagne ou de se présenter à une élection, ce qui n’est pas le cas des hommes », explique Jean Sinzdak, directrice du Programme pour les femmes au Centre pour les femmes et la politique américaines, qui fait partie de l’Institut d’études politiques Eagleton de l’Université Rutgers.

Afin d’aider les femmes à se former et à acquérir la confiance nécessaire pour envisager une carrière politique, le centre propose chaque année depuis 1998 un stage intensif de deux jours, politiquement neutre, baptisé « Prêtes pour la course » (« Ready to Run »). Les participantes y suivent une formation : comment se positionner pour être élue, naviguer les structures d’un parti politique, réunir des fonds, élaborer un message, communiquer avec les médias et mobiliser les électeurs.

Bien que de nombreuses femmes se soient imposées sur le devant de la scène politique ­-- Nancy Pelosi, Hillary Rodham Clinton et Sarah Palin pour n’en nommer que quelques-unes -- les femmes ordinaires ont encore aujourd’hui peu de modèles à suivre, poursuit Mme Sinzdak.

« On entend encore très souvent dire qu’une femme est la ‘première femme’ de la ville, ou d’un district à se faire élire. C’est toujours la première, la première, la première », déclare Mme Sinzdak. Les femmes ont en outre tendance à attendre qu’on leur demande de se présenter à des élections mais malheureusement elles sont moins souvent recrutées par des dirigeants de parti ou d’autres élus, ajoute-t-elle.

C’est en particulier le cas des Américaines noires ou d’origine asiatique ou latino-américaine. Pour chacun de ces groupes, le centre a organisé un jour supplémentaire de formation en vue d’encourager davantage de femmes de couleur à faire carrière dans la politique.

Depuis la création du programme, plus de 1.500 femmes ont suivi ces séances de formation, d’après le site Web du Centre. Le quart d’entre elles se sont présentées à des élections et parmi ces candidates, 70 % ont été élues.

Le programme a notamment été très utile pour les femmes du New Jersey, explique Mme Sinzdak. Lorsque ces séances de formation ont commencé, le New Jersey se classait parmi les 10 derniers États du pays par rapport au nombre de femmes siégeant à son Congrès ; aujourd’hui, il fait partie des 10 premiers.

Le programme « Prêtes pour la course » est maintenant proposé dans 16 États, poursuit Jean Sinzdak, et l’objectif est de pérenniser chaque programme au sein d’une institution qui puisse aider à trouver des parrainages financiers et des subventions. L’objectif est d’étendre ces programmes à la totalité des 50 États américains.

« Nous avons besoin d’un plus grand nombre de femmes aux postes de direction, quelles que soient leurs origines », conclut Jean Sinzdak. Des études montrent, ajoute-t-elle, que les femmes contribuent à assurer la transparence, l’ouverture et l’accessibilité des pouvoirs publics.

Pour en savoir plus sur le programme Ready to Run, consultez le site Web du programme.

Pour savoir combien de femmes siègent aux parlements nationaux, consultez le site Web de l’Union interparlementaire.