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Les États-Unis augmentent leur budget de recherche agricole

Par Kathryn McConnell | Rédactrice | 21 mars 2012
Des individus accroupis dans un champ de haricots (USDA)

À l'Institut de recherche agraire d'Angola, le généticien Timothy Porch (au centre) du ministère américain de l'agriculture discute de variétés de pois résistant aux maladies.

Washington — Les États-Unis ont accru le financement qu’ils accordent aux recherches menées pour mettre au point des céréales adaptées aux aléas climatiques, des légumineuses à rendement élevé et des cultures et du bétail résistant aux maladies, d’après une haut responsable de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID).

« La recherche est au cœur de l’initiative Feed the Future (Initiative alimentaire pour l’avenir) », explique Julie Howard, scientifique en chef de l’USAID et conseillère principale pour la recherche, la vulgarisation et l’éducation agricoles. Mme Howard note que l’USAID consacrera en 2012 120 millions de dollars à la recherche et la formation portant sur les cultures et le bétail, soit trois fois plus qu’en 2008.

Elle ajoute que Feed the Future – la stratégie du gouvernement Obama visant à améliorer l’agriculture, la viabilité alimentaire et la nutrition – met l’accent sur quatre régions ayant des taux de pauvreté et de malnutrition élevées mais capables de transformer leurs systèmes agricoles : le Bangladesh et l’Inde, en Asie du Sud, la région africaine du Sahel, principalement le nord du Ghana et le sud du Mali, les hauts plateaux éthiopiens et la région productrice de maïs de l’est et du sud de l’Afrique.

Les objectifs de recherche agricole des États-Unis correspondent à ceux des instituts internationaux, régionaux et nationaux, explique Mme Howard, et font appel à un nombre croissant de partenariats avec le secteur privé, les universités américaines, la Banque mondiale et les organismes de développement. Des projets de recherche collaborative dotés d’un budget total annuel de 30 millions de dollars visent à mettre au point des variétés améliorées de sorgho et de millet et des nouveaux vaccins pour les animaux, à améliorer la gestion des ressources naturelles servant à l’agriculture et à accroître la production halieutique. La recherche porte également sur la gestion des sols et de l’eau, l’interaction des fermes et des forêts et la résistance des bovins, des moutons et des chèvres à la fièvre de la côte orientale (theilériose).

Le directeur de la recherche de la Tanzanie a salué les projets menés en collaboration avec les États-Unis lors d’une visite effectuée sur place par Mme Howard en 2011. « Il a vu beaucoup de potentiel dans le fait de réunir des chercheurs pour mettre en place des systèmes communs », explique-t-elle.

Dans le cadre d’un partenariat récent, l’USAID a accordé 4,5 millions de dollars à Arcadia Biosciences Inc., pour mettre au point au Bangladesh un riz résistant au sel. On estime que des récoltes d’une valeur de 20 milliards de dollars sont perdues chaque année dans le monde du fait de l’intrusion d’eau salée dans le sol et l’eau, d’après cette société californienne. 

Arcadia obtiendra également des données sur les émissions de gaz à effet de serre provenant des champs de riz du Bangladesh et de l’Indonésie. Les engrais azotés sont la principale source d’émissions agricoles ; la technique d’utilisation efficace de l’azote mise au point par Arcadia donne un rendement élevé avec beaucoup moins d’engrais, explique la société.

Dans le cadre d’un autre partenariat, avec le Centre international pour l’amélioration du maïs et du blé de Mexico, l’USAID finance des recherches visant à mettre au point pour l’Afrique des variétés de maïs résistant à la sécheresse. Avec l’Institut de recherche agricole du Kenya, l’USAID finance des recherches portant sur des variétés de cassave et de banane résistant à des virus. Et avec le ministère de l’agriculture des États-Unis, l’USAID finance les travaux de spécialistes des pathologies végétales de l’université du Minnesota, mettant au point du blé résistant à la rouille de la tige du blé qui s’est propagée de l’Afrique de l’Est à l’Afrique australe, au Moyen-Orient et à l’Asie centrale. Les chercheurs ont identifié cette maladie, baptisée Ug99, en Ouganda en 1999. Si rien n’est fait pour la combattre, l’Ug99 pourrait détruire 80 % de la production mondiale de blé, d’après les chercheurs de l’université.

L’USAID s’associe également avec les Instituts nationaux de la santé et le ministère de l’énergie des États-Unis, qui effectue des recherches sur la photosynthèse.

Depuis les années 1990 environ, la moitié de l’augmentation de la production agricole est due à l’amélioration de variétés végétales, note l’USAID. « La croissance liée aux gains de productivité agricole est par conséquent trois fois plus efficace que celle d’autres secteurs pour rehausser les revenus des pauvres », a écrit l’administrateur de l’USAID, Rajiv Shah dans sa lettre annuelle de 2012 (PDF, 14MB).

Deux hommes debout, dans un champ de maïs (USAID)

Avec l'aide de l'USAID, ces agriculteurs mozambicains ont amélioré leur rendement de maïs.