Washington - Les États-Unis vont continuer d'apporter leur soutien au gouvernement et au peuple de l'Ouganda, de la République centrafricaine, de la république démocratique du Congo et du Soudan du Sud, qui s'opposent à l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), un groupe d'insurgés d'une brutalité notoire qui terrorisent l'Afrique centrale depuis plus de 25 ans.
« Les États-Unis s'emploient à poursuivre une stratégie diversifiée et de grande envergure pour aider les gouvernements et les habitants de cette région à mettre fin à la menace que constitue l'Armée de résistance du Seigneur et à atténuer le coût humain des atrocités commises par la LRA », a déclaré le secrétaire d'État adjoint en second pour les affaires africaines, Karl Wycoff, lors d'un briefing par téléphone le 22 février.
Le contre-amiral Brian Losey de l'U.S. Navy, commandant du Commandement des opérations spéciales-Afrique, a pour sa part accusé la LRA « de traumatiser des enfants, d'avoir tué des milliers de gens et d'avoir causé des déplacements massifs de population dans une région très étendue » depuis qu'elle a commencé à sévir, en 1986. Le département d'État signale que ce groupe est responsable d'assassinats, de viols et d'enlèvements qui ont visé des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents. Selon les Nations unies, 465.000 personnes au moins étaient déplacées ou réfugiées en 2011 à cause de la menace que pose la LRA.
Les États-Unis coopèrent étroitement avec des organisations multilatérales, dont l'Union africaine, l'Union européenne et les Nations Unies, ainsi qu'avec le gouvernement des pays affectés, dans le cadre d'un effort collectif visant à éliminer la LRA.
M. Wycoff a indiqué que les États-Unis fournissaient des séances d'entraînement et de formation, de l'équipement et un appui logistique à l'Ouganda, à la République centrafricaine, à la République démocratique du Congo et au Soudan du Sud pour les aider à combattre les insurgés.
« Avec notre appui, a-t-il commenté, les forces armées de ces quatre pays continuent de faire des progrès pour ce qui est de réduire les effectifs de la LRA et de les empêcher de se regrouper. Nous estimons essentiel que les armées de la région continuent de travailler ensemble pour maintenir la pression sur la LRA et protéger leurs citoyens. »
De son côté, le contre-amiral Losey a estimé important que les pays prennent eux-mêmes en main la lutte contre les insurgés. Le rôle des États-Unis consiste à soutenir leurs efforts, et non à les diriger, a-t-il précisé.
« À long terme, a ajouté le haut responsable, ce sont les Africains qui sont les mieux placés pour faire face aux questions qui concerne la sécurité des Africains. Dans le cas présent, quatre pays ont décidé de collaborer pour venir à bout d'un défi commun en matière de sécurité, et nous sommes ravis de leur apporter notre concours. »
Les forces africaines de sécurité dans la région ont démontré leur volonté de vaincre la LRA et elles ont commencé à mettre en place une action unifiée à cette fin, a noté le contre-amiral.
Mais pour atteindre le but visé, a fait observer M. Wycoff, le volet militaire ne suffit pas. « Les efforts déployés par les forces armées pour capturer les insurgés de la LRA ne sont qu'une composante d'une stratégie plus vaste et ils doivent s'insérer dans le cadre de programmes civils », a-t-il expliqué.
Les États-Unis ne se contentent pas de fournir une assistance humanitaire, a-t-il ajouté. De concert avec les gouvernements africains, ils établissent des partenariats avec la société civile et des organisations non gouvernementales des quatre pays concernés pour mettre en place des systèmes d'alerte rapide et obtenir davantage d'informations sur les déplacements de la LRA. Ils financent ainsi des projets pour aider les communautés isolées dans les régions où sévit la LRA à élaborer des plans de protection, à installer des pylônes de téléphonie mobile et à établir un réseau radio haute fréquence de façon à faciliter le partage d'informations.
M. Wycoff a noté que, sous l'effet de ces efforts conjugués, on avait assisté ces derniers mois à une augmentation du nombre de personnes qui font défection, qui s'échappent des rangs de la LRA ou qui en sont libérées. Accueillant cette évolution avec satisfaction, le haut responsable a ajouté que les Nations unies redoublaient d'efforts pour faciliter leur rapatriement et leur réintégration. Par le biais de la distribution de prospectus et de la diffusion de messages radiophoniques, l'ONU encourage en outre les éléments de la LRA à faire défection et à regagner leurs foyers.
La LRA est accusée d'avoir perpétré 278 attaques et enlevé plus de 300 personnes en 2011. Ces chiffres représentent certes une baisse encourageante par rapport aux années précédentes, mais il ne faut pas en conclure que la capacité d'action des insurgés a diminué, a déclaré M. Wycoff.
« La LRA continue de jeter son ombre sur toute la région à cause de sa brutalité et des craintes qu'elle suscite aux populations locales, a-t-il dit. Nous serons contents le jour où les zones affectées par la LRA n'auront plus besoin de l'aide humanitaire et qu'elles pourront alors se concentrer sur le développement. »
Les États-Unis continueront de collaborer avec leurs partenaires en Afrique centrale aussi longtemps qu'il le faudra pour libérer les populations de la menace que constitue la LRA, a assuré le contre-amiral Losey.
