Washington – Les technologies qui peuvent améliorer l’accès aux combustibles, à l’électricité et à l’eau potable des populations les plus pauvres du monde existent peut-être déjà dans les portefeuilles des brevets accordés aux laboratoires nationaux du ministère de l’énergie des États-Unis. La question maintenant est de trouver des organisations dévouées qui accepteront de transformer ces technologies en produits concrets puis de les commercialiser, ce qui apportera les nouvelles technologies aux habitants des régions les plus reculées du monde.
Dans le cadre de la politique du président Obama pour le développement mondial, énoncée le 8 février, un nouvel accord de licence ouvre plusieurs brevets du ministère de l’énergie à des organisations non gouvernementales et sans but lucratif qui sont admissibles à ce nouveau programme. Celui-ci se calque sur l’offre faite précédemment aux entreprises novatrices qui sont sélectionnées au Concours du meilleur innovateur dans le secteur énergique aux États-Unis (America’s Next Top Energy Innovator Challenge), et qui peuvent alors payer une somme initiale de 2.000 dollars seulement et des redevances allant jusqu’à 2 % des ventes de produits comportant la technologie couverte par un de ces brevets, explique un communiqué diffusé par le ministère américain de l’énergie.
L’objectif est de mettre les nouvelles technologies au service de progrès accélérés pour améliorer la santé, la durabilité énergétique et la croissance économique dans les pays les plus pauvres du monde, notamment en Asie et en Afrique subsaharienne. De nombreuses organisations ont déjà des programmes sur le terrain dans plusieurs de ces pays où elles œuvrent pour éduquer la population, soigner les malades et élever le niveau de vie des habitants en leur fournissant de meilleures technologies pour s’acquitter de tâches quotidiennes, telles que la préparation des repas.
En 2005, le Lawrence Berkeley National Laboratory a lancé un programme pilote pour fournir aux habitants du Darfour un four de cuisson durable à bas prix. Comme quelque 3 milliards d'habitants de la planète, soit la moitié de la population mondiale, de nombreux Darfouriens font cuire leur nourriture sur un feu ouvert. Les tas de bois, de fumier ou d’autres produits de biomasse utilisés comme combustible sont trop inefficaces et polluants dans un pays où le déboisement est répandu et les maladies respiratoires dues à la suie se multiplient.
Avec ces besoins particuliers à l’esprit, les chercheurs ont mis au point des fours de cuisson qui chauffent plus vite avec moins de combustible et produisent moins de suie. (Voir : Preuves de l'importance que les États-Unis attachent aux foyers améliorés.) Grâce aux partenariats forgés au sein de l’entité Technology Innovation for Sustaibnable Societies (Innovations technologiques pour une société durable), 20.000 foyers du genre Berkeley-Darfour ont été distribués au Soudan.
Cette organisation a aussi aidé à acheminer des foyers propres à d’autres pays faisant face aux mêmes problèmes, tels que l’Éthiopie et Haïti. Ce projet pour des foyers propres existe indépendamment de la toute dernière initiative de la Maison-Blanche dans ce domaine et est un exemple important des contributions que peuvent faire les laboratoires quand ils ouvrent leurs propriétés intellectuelles à des organisations sans but lucratif.
Le Lawrence Berkeley National Laboratory abrite aussi l’Institut pour les technologies transformatrices mondiales, nouvellement établi et qui coopère avec des partenaires, notamment l’organisation Technology Innovation for Sustaibnable Societies, pour déployer des technologies plus durables dans la guerre contre la pauvreté.

