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Pourquoi l’économie mondiale se doit d’investir dans les femmes

01 février 2012

L’article d’opinion ci-après, rédigé par l’ambassadrice itinérante des États-Unis pour la condition des femmes dans le monde, Melanne Verveer, et par Kim Azzarelli, présidente de la Women in the World Foundation (fondation Femmes dans le monde), a paru le 30 janvier dans la revue Newsweek. Sa reproduction par les ambassades des États-Unis n'est assortie d'aucune restriction.

Pourquoi l’économie mondiale a besoin que les entreprises investissent dans les femmes,

par Melanne Verveer et Kim Azzarelli

L’économie mondiale a besoin des autres 51 % de la population.

Les entreprises commencent à prendre conscience d’un fait connu depuis longtemps des experts du développement : investir dans les femmes rapporte des dividendes. Les femmes ont plus tendance que les hommes à mettre leurs revenus au profit de leurs communautés, ce qui entraîne la baisse des taux d’analphabétisme et de mortalité et l'accroissement du produit intérieur rut (PIB).

Aujourd’hui, une révolution est en train de se produire dans les milieux d’affaires, une révolution qui va au-delà de la philanthropie pour faire jouer aux femmes un rôle de partenaire à part entière à tous les niveaux des entreprises. Cette tendance a été un thème important au Forum économique de Davos, tenu la semaine dernière, qui a consacré une session plénière, intitulée en anglais « Women as the Way Forward », à l’impact potentiel des femmes sur l’économie mondiale. Le 1er février, quelques-unes des entreprises les plus puissantes des États-Unis (Accenture, Coca-Cola, Ernst and Young, et Goldman Sachs, entre autres) se sont jointes à une campagne mondiale visant à inclure les femmes à l’économie formelle générale. Baptisée Third Billion Campaign, cette initiative a été lancée par La Pietra Coalition, une alliance forgée entre des entreprises, des gouvernements et des organisations non gouvernementales dans le but d’aider 1 milliard de femmes à devenir membres de l’économie mondiale d’ici à 2025. Le nom donné à la campagne « Troisième milliard » découle de la notion qu’au cours de la prochaine décennie, l’impact des femmes sera au moins aussi significatif que celui des populations de la Chine et de l’Inde qui compte chacune plus d’un milliard de personnes.

Incorporer les femmes aux entreprises crée ce que Michael Porter et Mark Kramer de la Harvard Business School appellent « une valeur partagée » qui bénéficie tant aux commerces qu’aux collectivités. Les entreprises qui fabriquent des produits de consommation en ont vite compris les avantages – des avantages réalisés, par exemple, en contournant les magasins de détail et en embauchant des femmes pour établir des réseaux de distribution directe et vendre en personne des marchandises aussi diverses que des produits de beautés ou des boissons. Plus récemment, certaines compagnies se sont rendu compte que cette méthode est particulièrement efficace lorsqu’il s’agit d’apprendre au consommateur comment utiliser le produit qu’on lui vend, que ce soit une machine à ultrasons portable, une lampe à énergie écologique ou une cuisinière. Les femmes peuvent aussi être les meilleures innovatrices quant aux produits qu’elles utilisent et vendent, pouvant transformer leurs communautés avec quelque chose d’aussi simple que le moyen optimal d’utiliser la seule lampe électrique dans un foyer.

Les résultats sont évidents. Avon, par exemple, offre à plus de 6 millions de femmes dans plus de 100 pays la possibilité de lancer leur propre entreprise ; ces chefs d’entreprise sont la principale équipe de vente d’Avon et la source de plus de 10 milliards de dollars en revenus. Pareillement, Unilever a investi dans 45.000 chefs d’entreprises indiens défavorisés, pour la plupart des femmes dans plus de 100.000 villages, en leur fournissant des prêts de micro-finance et de la formation – une stratégie qui représente 5 % du total des revenus de cette société en Inde. Récemment, Walmart s’est engagé à acquérir des produits d’une valeur de plus de 20 milliards de dollars auprès d’entreprises appartenant à des femmes, et ce aux États-Unis seulement, tandis que Coca-Cola a annoncé son programme 5 By 20, destiné à soutenir 5 millions de femmes à la tête d’entreprises d’ici à 2020 dans le monde entier. Les avantages qu’apportent les femmes à des postes de cadres de haut rang ont aussi été démontrés : une récente étude effectuée par Catalyst a établi un lien très fort entre la diversité des sexes aux plus hauts échelons d’une entreprise et sa performance économique.

« Il ne fait aucun doute, a dit la secrétaire d’État Hillary Clinton, que le nombre accru de femmes dans l’économie (…) a contribué à une croissance significative partout (dans le monde). Et les économies qui effectuent cette transition plus efficacement et plus rapidement que les autres dépassent celles-ci ces dernières. »

(Melanne Verveer est ambassadrice itinérante des États-Unis pour la condition des femmes dans le monde. Kim Azzarelli est présidente de la Women in the World Foundation (Fondation Femmes dans le monde) et lauréate du prix Ruth G. Schapiro 2012 de l’Association du Barreau de l’État de New York.)

(Diffusé par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)