Washington - Le gouvernement Obama a dit que la plupart des sanctions imposées par les États-Unis contre la Libye avaient été levées, notamment le gel sur plus de 30 milliards de dollars mis en place en mars dernier afin d'empêcher le régime de l'ancien dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, de s'en servir pour réprimer dans la violence le peuple libyen.
Le secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Jay Carney, a annoncé que la décision de lever le gel sur les avoirs libyens avait été prise après une consultation rigoureuse avec le nouveau gouvernement de transition de la Libye. En gardant les avoirs libyens hors de portée de Kadhafi, les sanctions « ont conservé les richesses de la Libye en faveur de ceux à qui elles reviennent de droit, à savoir le peuple libyen », a déclaré M. Carney dans un communiqué publié le 16 décembre.
« Les États-Unis sont fiers du rôle qu'ils ont joué aux côtés du peuple libyen en vue de mettre fin au régime Kadhafi. Nous espérons poursuivre ce partenariat étroit avec le nouveau gouvernement de la Libye pendant cette période de transition et au-delà, et nous pensons que ces avoirs seront des ressources importantes pour le peuple libyen », a indiqué M. Carney.
Les avoirs aux États-Unis de la famille Kadhafi et des membres de l'ancien régime demeurent gelés. Cependant, presque tous les fonds du gouvernement et de la banque centrale de la Libye aux États-Unis ne font plus l'objet de gel. M. Carney a noté que la décision adoptée le 16 décembre par le Conseil de sécurité des Nations unies de retirer la Banque centrale libyenne et la Libyan Foreign Bank de sa liste de sanctions permettra au gouvernement libyen d'avoir accès à tous ses fonds de par le monde.
Par conséquent, l'accès à ces avoirs permettra au gouvernement libyen de « gérer la transition et la reconstruction du pays de manière responsable », a-t-il ajouté, et les États-Unis l'aident à accomplir « les démarches techniques qui permettront que ces fonds soient disponibles dans les meilleurs délais. »
Les Libyens ont mérité le droit de déterminer leur avenir
Le ministre de la défense, Leon Panetta, s'est rendu le 17 décembre à Tripoli où il a dit aux Libyens qu'il était venu saluer leur courage et leur détermination de se dresser contre le régime Kadhafi, qui a dirigé le pays pendant 42 ans, et finalement de prévaloir contre lui.
« Ils se sont serré les coudes et se sont dressés avec courage contre un régime répressif, ils se sont battus et beaucoup d'entre eux sont morts en voulant tracer un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants », a déclaré M. Panetta lors d'une conférence de presse en compagnie du premier ministre, Abdoul Raheem al-Keeb.
« La Libye est aujourd'hui entre les mains des citoyens libyens. Ils traceront la voie de leur avenir. Ils détermineront l'aide dont ils auront besoin des États-Unis et de la communauté internationale », a précisé M. Panetta.
Et d'ajouter aux Libyens : « (...) Le sang que vous avez versé vous donne le droit de déterminer votre avenir et de trouver des solutions aux problèmes de sécurité auxquels vous allez vous heurter. » Il a reconnu que les Libyens auraient, en particulier, du mal à unifier les différentes forces révolutionnaires et à centraliser les stocks d'armes tout en bâtissant des institutions civiles libres et des forces de sécurité professionnelles.
« La transition sera longue et ardue, mais je suis persuadé que vous réussirez à réaliser le rêve d'un gouvernement du peuple, par le peuple et pour tout le peuple, et à concrétiser un avenir plus sûr et plus prospère », a-t-il affirmé.
M. Panetta a également souligné qu'il était fier que les États-Unis aient pu travailler avec l'OTAN pour aider à protéger et à appuyer les Libyens pendant la révolution et que « cette alliance contre la tyrannie et en faveur de la liberté avait été très unique ».
La Libye et les États-Unis partagent maintenant un passé commun de révolution et de lutte pour les droits de l'homme et pour une justice égale pour tous sous la loi, a dit M. Panetta : « Nous sommes et serons votre ami et votre partenaire. »
