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Mme Clinton condamne la violence contre les femmes, qualifiées d'artisanes de paix

Par Charlene Porter | Rédactrice | 21 décembre 2011
Trois femmes en tenue traditionnelle avec le comité Nobel

Les colauréates du Nobel de la paix Tawakkol Karman (Yémen, au centre), Leymah Gbowee (Libéria, derrière) Ellen Johnson-Sirleaf, présidente libérienne, reçoivent leurs médailles le 10 décembre.

Washington - Alors que les États-Unis lancent un nouveau plan d'action nationale visant à promouvoir la participation des femmes au rétablissement et au maintien de la paix dans le monde, la secrétaire d'État a condamné les actes de violence perpétrés récemment contre des femmes en Égypte.

« La dégradation systématique des femmes en Égypte déshonore la révolution, elle est une honte pour l'État et pour l'uniforme de ses forces armées, et n'est pas digne d'un peuple honorable », a déclaré Mme Clinton dans un discours prononcé à l'université de Georgetown le 19 décembre. La violence entre dans le cadre « de la tendance profondément troublante » à interdire aux Égyptiennes de participer à la mise en place du nouveau système politique et social revendiqué par les manifestants en début d'année.

En janvier 2011, les Égyptiens ont commencé à descendre dans les rues. L'appel des millions d'entre eux au changement social, politique et économique a contraint le président de longue date, Hosni Moubarak, à quitter le pouvoir. Les responsables militaires ont alors pris le pouvoir pour calmer la situation, annonçant qu'ils mettaient en place un gouvernement temporaire et promettant de tenir des élections. En novembre, l'Égypte a entamé un processus électoral en trois étapes qui doit s'achever au début de janvier quand les derniers tours de scrutin auront eu lieu.

Faisant allusion à la fois à l'Égypte et à tous les autres pays qui œuvrent en faveur d'un avenir meilleur, Mme Clinton a dit que la nouvelle initiative du gouvernement des États-Unis visant à promouvoir la place des femmes dans la société se fondait sur le constat que les pays sont plus pacifiques et plus prospères quand les femmes se voient accorder la pleine égalité des droits et des chances de réussir.

« Qu'il s'agisse de mettre fin à un conflit, d'effectuer une transition, ou de reconstruire un pays, le monde ne peut pas se permettre de continuer à faire fi de la moitié de sa population », a souligné Mme Clinton.

La secrétaire d'État a prononcé son allocution quelques heures seulement après que la Maison-Blanche eut annoncé le lancement du Plan d'action des États-Unis en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité. Mme Clinton et la Maison-Blanche ont mis l'accent sur le fait que le plan représentait un changement généralisé de la manière dont les États-Unis intégreraient l'appui aux femmes dans leurs initiatives diplomatiques, militaires et d'aide au développement dans les zones de conflit.

« Il ne s'agit pas seulement d'un dossier de conditions féminines », a dit Mme Clinton à son auditoire de Georgetown. « Ce thème ne peut pas être relégué en marge des affaires internationales. Il va au cœur de notre sécurité nationale et de la sécurité des peuples du monde entier. »

Le prix Nobel de la paix 2011 a été décerné à des femmes qui ont joué un rôle essentiel dans la résolution des conflits dans leurs pays respectifs et cela devrait accroître la prise de conscience à cet égard, a relevé la secrétaire d'État. Les colauréates sont la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, sa compatriote, Leymah Gbowee, et la Yéménite Tawakkol Karman, qui ont été choisies en raison de « leur lutte non violente pour la sécurité et les droits des femmes et leur pleine participation au rétablissement de la paix », selon le Comité du prix Nobel.

Une fiche analytique de la Maison-Blanche a énoncé les engagements spécifiques pris eu égard aux différents objectifs du plan d'action ainsi que les mesures qui seront mises en œuvre pour les réaliser. La participation des femmes aux négociations de paix est l'un de ces objectifs importants. La puissance diplomatique des États-Unis sera mise à profit pour parvenir à l'un de ces objectifs, en l'occurrence, la participation des femmes aux négociations de paix. Mme Clinton a noté que les récentes négociations pour mettre fin à certains conflits ont montré que les femmes ont des perspectives différentes et des expériences sexospécifiques qui contribuent au rétablissement de la paix.

« Au cours des négociations de 2006 pour la paix au Darfour, les délégués masculins s'étaient retrouvés dans l'impasse quant au contrôle d'une certaine rivière, et c'est alors que les femmes, ayant l'habitude d'y chercher de l'eau et d'y laver le linge, ont fait remarquer qu'elle était asséchée », a expliqué Mme Clinton.

Le Plan d'action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité veut aussi consolider les travaux des agences du gouvernement des États-Unis visant à prévenir la violence contre les femmes et les enfants et à les protéger contre l'exploitation. Il affirme aussi que les femmes peuvent contribuer à la prévention des conflits et à la création de sociétés stables sur lesquels se fonde une paix durable.

De plus, au lendemain des conflits et des catastrophes naturelles, les besoins des femmes sont souvent négligés, bien qu'on ait tort de sous-estimer leur capacité de contribuer au redressement, a relevé Mme Clinton. « En période de crises, les femmes sont souvent parmi les membres les plus vulnérables de la société mais rarement reçoivent-elles leur part proportionnelle de l'aide ou ont-elles la chance de participer à l'établissement des priorités postconflit (de leur pays). Mais avec les moyens et l'appui nécessaires, les femmes peuvent être à la tête des efforts de redressement et aider leur communauté à se remettre debout. »

Une vaste gamme d'agences du gouvernement américain engagées dans les affaires étrangères participeront au Plan d'action en faveur des femmes, de la paix et de la sécurité, notamment le département d'État et les ministères de la défense, de la justice, des finances et de la sécurité intérieure ainsi que la mission des États-Unis à l'ONU, l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), le Centre fédéral d'épidémiologie (CDC, Centers for Disease Control and Prevention) et le Bureau du représentant des États-Unis pour le commerce extérieur.

Le plan exige aussi que ces administrations renforcent les compétences des femmes afin qu'elles puissent travailler dans le secteur public, dans les forces de sécurité et dans les organisations non gouvernementales et, de là, participer aux processus de prise de décision. Les agences américaines devront aussi aider d'autres pays à mettre au point des lois et des directives qui s'alignent avec les objectifs de la participation des femmes à l'élaboration de la politique nationale.

(Les articles du site «IIP Digital» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)