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Les experts de la santé publique notent dix signes d'amélioration au XXIe siècle

Par Charlene Porter | Rédactrice | 27 juin 2011
Une enfant debout dans un bassin posé sur une rive du Kaboul en Afghanistan. (AP Images)

Les populations qui dépendent d'une même source d'eau pour leur hygiène, pour l'hydratation et pour les installations sanitaires souffrent de risques de santé élevés.

Washington - La réduction du taux de mortalité infantile et les progrès au niveau de la prévention et des traitements pour diverses maladies, tels le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, figurent parmi les dix principaux accomplissements réalisés dans le secteur de la santé publique au cours de la première décennie du XXIe siècle, selon le Centre d'épidémiologie des États-Unis (CDC).

La plus importante agence fédérale de santé a publié le 24 juin la liste intitulée « Dix principaux accomplissements de la santé mondiale 2001-2010 » dans le cadre de son Rapport hebdomadaire sur les maladies et la mortalité (MMWR).

Le CDC a effectué un sondage auprès des experts de la santé dans le monde entier, leur demandant quels étaient à leur avis les meilleurs accomplissements dans ce secteur, pour en établir ensuite la liste sur la base de leurs réponses. Le rapport du CDC souligne que les accomplissements n'ont pas été classés par rang d'importance puisqu'ils en revêtent tous le même degré.

Le nombre d'enfants décédés avant l'âge de 5 ans a diminué de deux millions au cours des dernières années, selon le rapport qui fait état de cette réduction du taux de mortalité infantile comme l'un des progrès importants de la décennie écoulée. Et l'amélioration de ce taux annuel va en s'accroissant. Un accès amélioré aux vaccins, aux micronutriments complémentaires et à l'eau potable ont permis de sauver la vie d'enfants qui autrement auraient péri en jeune âge.

Les campagnes élargies d'immunisation ont été le facteur clé dans le déclin abrupt du nombre de décès dus aux maladies infectieuses, précise le MMWR. La vaccination contre la rougeole, la poliomyélite, la diphtérie, le tétanos et la coqueluche a prévenu 2,5 millions de décès par an. Une meilleure connaissance de l'efficacité des vaccins et des mécanismes novateurs de financement ont permis la réalisation de ces progrès, souligne le rapport du CDC.

La proportion de la population mondiale ayant accès à de l'eau salubre est passée de 83 % en 2000 à 87 % en 2008, tandis que l'accès à des systèmes d'assainissement a augmenté aussi, de 58 % à 61 %. La combinaison de ce genre d'initiatives a permis de sauver la vie aux jeunes enfants qui auraient succombé à la diarrhée, laquelle en tue chaque année plus que ne le font ensemble le sida, le paludisme et la rougeole.

Une réduction du nombre des nouveaux cas de VIH/sida et l'accès élargi aux traitements contre cette maladie ont aussi été notés comme l'un des principaux accomplissements sanitaires des dix dernières années. Le nombre des patients qui reçoivent des thérapies antirétrovirales dans les pays à faible et moyen revenus s'élevait à plus de 5 millions de personnes en 2009, un total qui aurait été inconcevable au début de la décennie.

La campagne contre le VIH/sida est étroitement liée à la réduction du taux de prévalence et de mortalité de la tuberculose, celle-ci étant l'une des infections opportunistes qui attaquent le système immunitaire compromis d'une personne atteinte du sida. « Depuis 2000, les taux de dépistage et de traitements réussis se sont accrus de près de 20 %, avec l'incidence et la prévalence en déclin dans toutes les régions du monde », précise le rapport.

La première décennie du XXIe siècle a aussi permis de réaliser des progrès dans la lutte contre des maladies souvent dites « maladies tropicales négligées », du fait non pas qu'elles soient rares mais qu'elles touchent les populations des pays les plus pauvres qui n'ont guère les capacités économiques ou politiques de lancer des initiatives efficaces contre elles. De l'avis des experts sondés, des efforts concertés ont permis de concrétiser des avancées dans la lutte contre trois de ces maladies, à savoir la dracunculose (ver de Guinée), l'onchocercose (cécité des rivières), et la filariose lymphatique qui semblent toutes sur la voie de l'éradication. Moins de 1.800 cas de dracunculose ont été signalés en 2010 ; la distribution des médicaments a permis de contrôler la propagation de cette maladie dans les six pays où elle demeure une menace et devrait éliminer sa transmission d'ici à 2012. En 2000, 120 millions de personnes ont été infectées par la filariose lymphatique, mais les campagnes massives d'administration de médicaments en ont fortement réduit l'incidence bien que 63 pays soient encore à risque.

Le nombre de vies sauvées n'est pas toujours l'aune du succès remporté, notamment dans le cas du tabagisme. Les décès prématurés qui en découlent ont augmenté de quelque 600.000 depuis 2000, mais les initiatives anti-tabac engagées par les gouvernements, notamment les interdictions de fumer, les impôts, la sensibilisation par la publicité et autres se sont multipliées. C'est pourquoi les experts sondés par le CDC font figurer le contrôle du tabagisme parmi les accomplissements sanitaires de la décennie.

La sécurité routière en est un autre, et ce, grâce à l'éducation et à la sensibilisation qui ont mené à des progrès dans ce domaine. Chaque année, 1,3 million de personnes périssent dans des accidents de la route et ce total continue à augmenter dans les pays en développement. Mais le rapport note qu'une sensibilisation accrue aux dangers de la circulation en tant que menace à la santé publique a mené à une réduction importante du taux de mortalité afférente en Europe. À noter que l'Assemblée générale des Nations unies a proclamé les années 2011 à 2020 Décennie d'action pour la sécurité routière.

Par ailleurs, une coopération internationale accrue au niveau de la santé publique a permis de renforcer le dépistage des pandémies pour mieux les combattre, un autre progrès de la dernière décennie, ajoute le CDC. Le Règlement sanitaire international est entré en vigueur en 2007 et a servi à accroître les capacités en matière de surveillance et d'action en cas de nouvelles épidémies de maladies infectieuses.

Par le biais de leur Centre d'épidémiologie et de leur Agence pour le développement international (USAID), les États-Unis ont apporté un appui considérable à toutes ces réalisations du domaine de la santé publique. Le Plan présidentiel d'aide d'urgence à la lutte contre le sida (PEPFAR), lancé en 2003 avec une enveloppe de 15 milliards de dollars, a contribué à fournir des traitements pour le VIH/sida à des millions de personnes dans le monde. En 2010, le gouvernement Obama a mis en œuvre l'Initiative des États-Unis en matière de santé mondiale, un programme doté de 60 milliards de dollars visant à poursuivre la lutte contre les maladies dans les pays en développement. Les États-Unis ont aussi joué un rôle directeur dans l'expansion des programmes d'immunisation qui visent à protéger un nombre toujours croissant d'enfants contre les maladies infectieuses et à persévérer dans la poursuite de l'éradication de la polio.

(Les articles du site «IIP Digital» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)