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Des Américaines musulmanes se mobilisent pour le Jour de la Terre

Par M. Scott Bortot | Rédacteur | 27 avril 2011
Des écoliers musulmans à l'école Mme Ayesha Kazi. (Photo offerte par Ayesha Kazi)

Des écoliers musulmans à l'école Mme Ayesha Kazi ont participé aux activités organisées à l'occasion de la Journée mondiale de la terre.

Washington - Dans les écoles, les mosquées et les associations communautaires à travers les États-Unis, des Américaines musulmanes se joignent à leurs voisins et voisines pour veiller à ce que l'appel à la protection de la planète soit entendu non seulement le 22 avril, Jour de la Terre, mais tous les jours.

Dina Badawy, consultante à Charlotte (Caroline du Nord) dans le domaine du changement social et de la modification des comportements, insiste bien sur le fait que le Jour de la Terre sert de tremplin pour mobiliser l'opinion.

« En tant que membre de la communauté religieuse musulmane, explique-t-elle, à chaque fois que je m'investis dans la justice environnementale le Jour de la Terre, ce n'est pas parce que je crois que c'est le seul jour de l'année où il faut s'impliquer dans la conservation. En fait, c'est le point de départ d'activités et de projets à réaliser tout au long de l'année. »

Dina Badawy, qui participe dans le cadre de groupes confessionnels à des activités de sensibilisation parrainées par l'association Earth Day Network, a ainsi pris contact avec une vingtaine de voisins pour discuter avec eux des moyens de réduire les dommages que subit l'environnement.

« On s'est dit que ce serait une bonne idée d'organiser un atelier de jardinage », dit-elle, faisant valoir l'argument que la consommation de légumes cultivés sur place réduisait la quantité de carburants fossiles utilisés pour leur transport. « Sous quelque angle qu'on examine la question, le jardinage est un apport merveilleux à la justice environnementale », affirme-t-elle.

Pour sa part, la présidente de la section de la Muslim American Society à San Francisco et fondatrice de l'« Équipe musulmane verte » (Muslim Green Team), Bhawana Kamil, encourage les membres de cette association à prendre part aux activités organisées pour marquer le Jour de la Terre.

Formée en 2007, l'Équipe musulmane verte a pour vocation « d'inculquer un mode de vie plus écologique à la communauté musulmane » et d'instruire l'ensemble de la communauté au sujet des enseignements de l'islam relatifs à l'environnement. Comme le Jour de la Terre tombait un vendredi cette année, l'Équipe verte a contacté les mosquées sur l'ensemble du territoire.

« Nous avons demandé aux imams de consacrer leur sermon, ce vendredi-là, au thème de l'islam et de l'environnement », dit Bhawana Kamil. L'Équipe verte n'a pas ménagé ses efforts pour distribuer aussi largement que possible la liste des principaux points à aborder qu'elle avait dressée. Elle a aussi demandé aux mosquées de lui communiquer le bilan des activités qui auront été entreprises.

Six mois après le Jour de la Terre, l'Équipe verte accueille un salon de l'écologie, « EcoFair », qui a pour but d'encourager l'adoption de pratiques respectueuses de l'environnement au sein des collectivités.

« Nous proposons des activités destinées aux enfants et des démonstrations, et nous offrons aussi des petits cadeaux pour que tout le monde reparte mieux informé et armé des moyens de mener une vie plus écologique », ajoute la fondatrice de l'Équipe verte.

Les enseignants musulmans ne sont pas de reste et ils font participer leurs élèves à des activités en rapport avec le Jour de la Terre. Ainsi Ayesha Kazi, institutrice dans une école musulmane de Morton Grove (Illinois), aborde-t-elle la protection de l'environnement en salle de classe.

Pour célébrer le Jour de la Terre, son école a organisé une journée « Zéro déchet ». Au lieu d'utiliser des serviettes en papier, les élèves se sont séché les mains à l'air libre. En classe, ils ont écrit au recto et au verso des feuilles. Pour réduire les déchets à l'heure du repas, ils ont apporté leur nourriture dans un récipient réutilisable ou, s'ils ont acheté leur repas à la cantine, ils ont apporté de chez eux une assiette et des couverts réutilisables.

« On leur dit toujours comment on peut protéger l'environnement, explique Ayesha Kazi, mais on a pensé que ce serait une bonne activité bien concrète. Au lieu de paroles, on voulait des actions. On voulait leur donner une expérience pratique dans le contexte d'un mode de vie écologique. »

C'est un sentiment que partage Azra Kazmi, qui enseigne au College Preparatory School of America à Lombard (Illinois). Cette année, c'est le club d'écologie de l'établissement qui a pris l'initiative en recrutant des volontaires pour une grande journée de nettoyage le samedi 23 avril.

En écho au Jour de la Terre, Azra Kazmi prend en mains la semaine « Santé et sensibilisation » qui fait partie du programme scolaire de l'établissement. C'est l'occasion de présenter aux élèves le documentaire « Une vérité qui dérange », d'inviter les membres du club d'écologie à faire des exposés sur la protection de l'environnement et de faire planter des arbres par les élèves.

« L'idée, souligne Azra Kazmi, c'est de responsabiliser les élèves. Nous demandons ensuite à chaque classe de donner un nom à l'arbre, d'avoir un plan pour qu'il pousse bien et ensuite de l'appliquer. »

Azra Kazmi et Ayesha Kazi sont bien d'accord : éduquer les enfants, c'est faire naître une prise de conscience de l'environnement qui dure toute la vie.

« Si nous plantons ces graines à un jeune âge et que nous les amenons à réfléchir aux mesures de conservation et de protection de l'environnement en général, dit Ayesha Kazi, nous pouvons espérer qu'ils intégreront ces changements à leur mode de vie. C'est progresser lentement, un pas à la fois. Ils peuvent modifier leur style de vie en conséquence et, pour acquérir de bonnes habitudes, il faut commencer à un jeune âge. »

(Les articles du site «IIP Digital» sont diffusés par le Bureau des programmes d'information internationale du département d'Etat. Site Internet : http://iipdigital.usembassy.gov/iipdigital-fr/index.html)