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Les Africaines accomplissent des progrès dans la vie politique

Par Jane Morse | Rédactrice | 06 août 2009
Ellen Johnson Sirleaf, photographiée ici à l'ONU en 2006.

Mme Ellen Johnson Sirleaf est la première femme africaine élue au poste de présidente au Libéria en 2005.

Washington - Au cours de sa tournée en Afrique entamée le 4 août, la secrétaire d’État, Mme Hillary Clinton, aura un entretien avec l’une des femmes qui ont remarquablement réussi dans la vie politique du continent : la présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson Sirleaf.

Mme Sirleaf est devenue la première femme noire élue à la tête d’un Etat quand les Libériens ont voté pour elle en 2005 en lui accordant près de 19 % de plus de suffrages qu’à son rival. Il s’agit là d’un triomphe qu’elle a connu après avoir été détenue en résidence surveillée et contrainte à l’exil pendant la période troublée de son pays.

En Afrique, les femmes sont de plus en plus présentes dans l’arène politique, mais elles ont encore un long chemin à faire, selon l’Union interparlementaire. Créée en 1889, cette organisation internationale, dont le siège est à Genève (Suisse), s’emploie à encourager un dialogue entre les parlementaires de tous les pays et à consolider la démocratie représentative.

Les statistiques recueillies par l’Union interparlementaire montrent que les femmes occupent seulement 17,5 % des sièges parlementaires en Afrique subsaharienne. Les Africaines devraient occuper 30 % de ces sièges pour avoir une influence réelle, de l’avis de l’Union interparlementaire. Cette organisation souligne toutefois que le défi à relever, maintenant que les élections démocratiques sont devenues une réalité dans la majorité des pays africains, est de faire en sorte que les femmes aient une chance égale de voter et de briguer des postes élus.

Un avenir prometteur pour les Africaines

Parmi tous les pays africains où les femmes ont fait de grands progrès dans la vie politique, le Rwanda constitue un exemple remarquable. On estime que plus de 1 million de personnes ont péri dans ce pays au cours des années 1990 en raison du conflit ethnique. A l’heure actuelle, ce sont les femmes qui jouent un rôle primordial dans les efforts de réconciliation nationale. Selon l’Union interparlementaire, le Rwanda compte actuellement le plus grand pourcentage de sièges occupés par des femmes de n’importe quel Parlement du monde, avec un peu plus de 56 %.

Mme Odette Nyiramilimo, par exemple, a été ministre d’État aux affaires sociales de 2000 à 2003 et sénatrice de 2003 à 2008. Lors d’un récent entretien avec l’Union interparlementaire, elle a expliqué que la forte présence de femmes dans le gouvernement rwandais découlait des lois d’action affirmative promulguées dans son pays.

Les femmes, a-t-elle dit, ont joué un rôle important dans la reconstruction du Rwanda à l’issue du conflit en s’occupant des orphelins et en œuvrant pour la réconciliation entre les collectivités. « Tout le monde pouvait voir qu’elles jouaient des rôles essentiels (…) Par la suite, nous avons tous réalisé que les voix des femmes devaient être écoutées. » Elle a cependant ajouté qu’il y avait encore des obstacles culturels à surmonter. Aussi bien les femmes que les hommes doivent s’habituer à voir des Rwandaises occuper des postes de responsabilité.

La Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC de son sigle anglais), organisation intergouvernementale régionale qui comprend le Kénya, l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Burundi, a renouvelé ses efforts pour promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes avec une campagne en faveur d’une Déclaration de l’Afrique de l’Est sur l’égalité entre les hommes et les femmes. Le but est de parvenir à un document commun ayant force exécutoire qui serait adoptée par ces cinq pays pour mettre fin aux inégalités au niveau des décisions gouvernementales. Un organisme de défense de défense des droits de la femme (Eastern African Sub-Regional Support for the Advancement of Women ou EASSI), dont le siège est à Kampala (Ouganda), est à la tête de cette campagne.

Un document commun ayant force exécutoire est nécessaire si les États membres de l’EAC veulent sérieusement œuvrer pour l’égalité entre les hommes et les femmes, a dit la directrice générale de l’EASSI, Mme Marren Akatsa-Bukachi. « Le Rwanda est notre modèle, alors mettons-nous tous à son niveau », a-t-elle déclaré à l’Agence Inter Press Service (IPS). Les travaux sur le projet de déclaration devraient commencer bientôt ; l’objectif est de parvenir à faire accepter cette déclaration par les gouvernements des cinq Etats membres de l’EAC d’ici à deux ans.

Établir des partenariats

Le fait que le voyage en Afrique de la secrétaire d’État a lieu trois semaines seulement après celui du président Obama au Ghana met en évidence la détermination du gouvernement des Etats-Unis à établir des partenariats avec les gouvernements, les organisations non gouvernementales et les simples particuliers. Le but est « de bâtir des sociétés où chaque personne peut donner toute sa mesure », a déclaré le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, lors d’un point de presse au département d’État le 30 juillet.

Dans son discours au Parlement ghanéen, le 11 juillet, le président Obama avait dit que « le véritable signe de réussite » de la coopération entre les Etats-Unis et l’Afrique était de savoir s’ils étaient des partenaires dans la création des capacités nécessaires pour un changement transformateur.

L’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), qui compte 23 missions dans le continent africain et qui fournit une aide à 47 pays africains, s’emploie notamment à sensibiliser le public à la nécessité d’accorder aux femmes l’égalité aux yeux de la justice et un pouvoir accru dans la société en menant des campagnes d’information et en organisant des conférences, dans le cadre d’un programme lancé en 2005 et dont le budget atteint 55 millions de dollars.

Wangari Maathai, lors du concert du Prix Nobel à Oslo (Norvège) en 2004.

Mme Wangari Maathai, lauréate du Prix Nobel de la paix en 2004, a été élue au parlement kényan en 2002 avec une majorité écrasante.

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