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La création du jardin potager de la Maison-Blanche illustre une nouvelle tendance

En 2009, 43 millions de ménages américains feront pousser leurs propres légumes.

Par Carolee Walker | Rédactrice | 13 avril 2009
Mme Obama et des écolières plantent des herbes dans le potager de la Maison-Blanche

Mme Obama et des élèves de l'école primaire Bancroft plantent des herbes aromatiques dans le potager de la Maison-Blanche.

Washington – Planter un jardin potager est une façon peu coûteuse d’apprendre aux enfants qu’ils doivent manger des fruits et des légumes pour avoir une alimentation équilibrée, a déclaré l’épouse du président des États-Unis, Mme Michelle Obama.

Les fruits et les légumes sont les aliments du cerveau, a-t-elle dit en accueillant des élèves de l’école primaire Bancroft de Washington, qui l’ont aidé, le 9 avril, à faire les premiers semis dans le jardin potager de la Maison-Blanche.

Le sous-chef de cuisine de la Maison-Blanche, M. Sam Kass, a divisé les écoliers en plusieurs groupes à cet effet. Les enfants se sont réjouis de l’ordre dans lequel les platebandes étaient organisées. « Regarde ! Je peux lire les écriteaux ! Les épinards sont ici ! », s’est exclamé un petit garçon. L’équipe du Service des parcs nationaux qui s’occupe du jardin de la Maison-Blanche et le personnel de cuisine de la résidence présidentielle, portant toques et tabliers blancs, ont aidé Mme Obama et M. Kass à planter le nouveau jardin.

« Tout le monde est enthousiasmé par ce jardin, a dit M. Kass, et tout le monde veut aider. »

« C’est une très bonne leçon », a souligné le ministre de l’agriculture, M. Tom Vilsack, qui a rejoint Mme Obama à cette occasion. « Un des garçons de mon groupe a dit que planter était difficile et qu’il avait mal au dos ; maintenant ces enfants savent ce que les cultivateurs font chaque jour », a-t-il dit.

« C’est très important pour les jeunes d’avoir à nouveau des liens directs avec la terre et de se rendre compte d’où vient la nourriture », a ajouté le ministre de l’agriculture, qui a grandi dans l’Iowa où il travaillait avec sa famille dans leur jardin.

Le nouveau jardin potager de la Maison-Blanche, qui couvre environ 102 mètres carrés, est visible de la rue et fait face au Sud, a indiqué M. Kass. La terre a été nouvellement enrichie avec de la chaux, du sable vert et de la farine de crabe de la baie du Chesapeake, ainsi qu’avec du terreau la Maison-Blanche (composé de déchets alimentaires et de papiers biodégradables).

Le jardin des quatre saisons comprendra des aromates, des fruits et des légumes ; y seront plantées 25 variétés de semences traditionnelles, c’est-à-dire non hybrides, dans des platebandes surélevées. Certaines de ces semences et des plants issus de graine proviennent du jardin de Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis, et ont été fournies par la fondation Thomas Jefferson. Parmi ces jeunes plants figurent de la laitue brune néerlandaise et de la laitue dite balle de tennis, du chou de Savoie et des épinards, qui auraient tous été les légumes préférés de Jefferson. Un figuier de Marseille sera planté parmi la menthe.

La laitue et les épinards seront les premiers légumes à être récoltés, a précisé M. Kass, qui est surtout enthousiasmé par les myrtilles qu’il espère cueillir en juin.

Bien que le jardin ne soit pas certifié comme étant biologique, M. Kass a indiqué que l’on emploierait uniquement des engrais et des insecticides naturels. Les coccinelles et les mantes religieuses contrôleront la population d’insectes indésirables. Selon le ministère de l’agriculture, avant qu’un produit puisse être certifié comme étant biologique aux États-Unis, il faut qu’un inspecteur dument habilité se rende les lieux d’où il provient et qu’il certifie que les méthodes agricoles sont conformes à la réglementation.

Une ruche d’abeilles sera placée près du jardin potager pour fournir du miel aux cuisiniers de la Maison-Blanche, a ajouté M. Kass, qui s’occupera de ce jardin avec le jardinier en chef de la Maison-Blanche ainsi qu’avec des écoliers.

Jardiner « ne devrait pas être trop compliqué », a indiqué une collaboratrice de Mme Obama, Mme Jocelyn Frye. « C’est quelque chose que beaucoup de familles font dans tout le pays. »

Un nombre croissant de jardins potagers

Selon l’Association nationale du jardinage, 37 % de tous les ménages américains, soit environ 43 millions d’entre eux, comptent cultiver des légumes, des arbres fruitiers, des baies ou des aromates en 2009, ce qui représente une augmentation de 19 % par rapport à l’an dernier (36 millions de ménages).

Un sondage effectué parmi les ménages faisant pousser des légumes montre que 54 % d’entre eux le font pour économiser de l’argent. Selon la grande société semencière Burpee, son ensemble de graines pour les nouveaux jardiniers, qui se vend à 50 dollars, peut produire l’équivalent de 1.250 dollars de légumes.

Le coût des semences et des produits d’amélioration du sol pour planter le nouveau jardin potager de la Maison-Blanche s’est élevé à 200 dollars, a indiqué Mme Obama.

Des créneaux porteurs pour les petits cultivateurs

Le nombre des petites exploitations agricoles est en augmentation aux Etats-Unis, et le ministère de l’agriculture estime que le pays compte 300.000 nouvelles exploitations depuis 2002, dont un grand nombre appartiennent à une population plus jeune.

« Alors que des personnes d’origine diverse s’installent de plus en plus dans certaines régions du Maryland et du pays, celles-ci souhaitent faire pousser les plantes de leurs pays d’origine », a expliqué M. Berran Rogers, qui s’occupe de la vulgarisation agricole pour les petits cultivateurs dans le cadre d’un programme de l’université du Maryland sur la côte Est.

«  De nombreux petits cultivateurs font pousser des plantes inhabituelles pour un créneau particulier, tels les champignons shiitake ou les melons asiatiques », a dit M. Rogers. Ces petits cultivateurs n’ont souvent que des ressources limitées et n’opèrent donc que sur une petite échelle. Des légumes recherchés, comme les variétés anciennes de tomate, peuvent être cultivés sur moins de 2 hectares, a-t-il ajouté.

En plus de ces légumes produits pour un créneau particulier, les petits cultivateurs ont appris que les gens souhaitaient acheter des légumes et des fruits locaux, frais et biologiques, a souligné M. Rogers, qui passe ses étés à récolter des légumes dans l’exploitation de son grand-père sur la côte est de la Virginie.

Le programme de vulgarisation de l’université du Maryland est destiné aux cultivateurs qui ont des ressources limitées ; il leur fournit des conseils en matière de comptabilité et d’analyse financière et les informe des différents programmes offerts par le ministère de l’agriculture.

« De plus en plus de gens veulent travailler la terre, a affirmé M. Rogers. Je pense que cette tendance se renforcera au cours des prochaines années car il s’agit là d’un moyen de réduire le coût de l’alimentation. »

Sam Kass

Un des sous-chefs de la Maison-Blanche, M. Sam Kass s'occupe également de l'entretien du potager présidentiel.

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